Québec vole au secour de Bombardier

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Selon Benoit Poirier, de Desjardins Marchés des capitaux, Québec pourrait prendre une participation directe oscillant entre 1 milliard $ et 2 milliards $ dans Bombardier Transport ou offrir des conditions de financement avantageuses aux clients de la gamme d'avions CSeries.

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Julien Arsenault
La Presse Canadienne
Montréal

Tout indique que le gouvernement Couillard volera au secours de Bombardier, une intention qui a été bien accueillie par les actionnaires de la multinationale québécoise, mercredi.

Québec a refusé de commenter les rumeurs entourant l'annonce d'une aide gouvernementale prévue jeudi, en marge du dévoilement des résultats du troisième trimestre du constructeur d'avions et de matériel roulant.

Citant des sources, divers médias, dont «La Presse», n'ont pas précisé si ce coup de pouce financier se ferait directement par le gouvernement provincial ou par l'entremise de son bras financier, Investissement Québec. Il n'est pas précisé non plus si la Caisse de dépôt et placement du Québec - un investisseur institutionnel et un important actionnaire de Bombardier - pourrait jouer un rôle.

Cette spéculation a tout de même stimulé l'action de Bombardier (TSX:BBD.B), qui a pris mercredi 16 cents, soit 11 pour cent, pour clôturer à 1,61 $ à la Bourse de Toronto. Le nombre d'actions qui ont changé de mains a été plus de deux fois plus élevé que d'habitude.

Le Parti québécois et la Coalition avenir Québec ont réagi favorablement à une éventuelle intervention étatique, estimant qu'elle permettrait de préserver 17 750 emplois de qualité dans la province. Les deux formations ont entre autres plaidé pour une participation gouvernementale en capital.

Selon Benoit Poirier, de Desjardins Marchés des capitaux, Québec pourrait prendre une participation directe oscillant entre 1 milliard $ et 2 milliards $ dans Bombardier Transport ou offrir des conditions de financement avantageuses aux clients de la gamme d'avions CSeries.

L'analyste doute toutefois de la possibilité d'un financement par actions étant donné que le titre de la société a perdu 62 pour cent de sa valeur depuis le début de l'année.

Un investissement dans le secteur ferroviaire de Bombardier génèrerait des liquidités et permettrait ainsi à l'entreprise de ne plus vendre une participation minoritaire de cette division, écrit M. Poirier dans une note.

«Une aide à des clients potentiels permettrait d'assurer la viabilité à long terme du programme de la CSeries en plus de potentiellement stimuler de nouvelles commandes», ajoute-t-il.

Les gouvernements du Québec, du Canada et britannique ont effectué d'importantes contributions financières dans le passé afin de soutenir le programme de la CSeries.

Ottawa s'est engagé à hauteur de 350 millions $ US, tandis que Québec a allongé 117 millions $ et le gouvernement britannique, 180 millions de livres sterling (environ 362 millions $ CAN). La province avait également, en 2013, débloqué une enveloppe de 1 milliard $ pour faciliter le financement des acheteurs d'avions CSeries.

Le programme de cet avion commercial pouvant transporter de 110 à 160 passagers a, jusqu'ici, coûté plus de 5,4 milliards $ US. Après deux années de retard, les premières livraisons de l'appareil sont prévues l'an prochain.

Si une aide financière gouvernementale peut aider Bombardier à court terme, elle ne règlera toutefois pas tous les problèmes de l'entreprise, croit David Tyerman, de Cannacord Genuity.

«Ils n'ont pas eu une commande ferme pour la CSeries depuis plus d'un an, a expliqué l'analyste. Je ne peux même pas me souvenir de la dernière commande ferme de la part d'une compagnie aérienne connue.»

Le gouvernement du Québec n'est pas le seul à être préoccupé par les turbulences traversées par Bombardier depuis un certain temps.

Dans le cadre d'une mission économique de cinq jours à Montréal et Toronto, le ministre de l'Entreprise de l'Irlande du Nord, Jonathan Bell, a visité les installations de l'entreprise à Mirabel. Les ailes de l'appareil sont construites à Belfast.

Reconnaissant que Bombardier faisait face à des défis, il a néanmoins réitéré sa confiance à l'endroit de la haute direction de la multinationale.

Par ailleurs, Walter Spracklin, de RBC Marchés des capitaux, estime qu'il n'est désormais plus possible d'ignorer la possibilité que la famille contrôlant Bombardier puisse vendre sa participation en procédant à une vente d'actifs.

«Puisque la famille a procédé à un investissement important à l'extérieur de Bombardier, la thèse selon laquelle elle pourrait liquider sa position dans la société n'est pas si exagérée que l'on pourrait croire», suggère l'analyste dans un rapport.

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