Affaires: optimisme prudent après les élections

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«Les gens d'affaires n'applaudissent pas l'idée de retourner en déficit, rappelle la présidente-directrice générale de la FCCQ, Françoise Bertrand. Traditionnellement, nous souhaitons des finances publiques saines.»

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Julien Arsenault
La Presse Canadienne
Montréal

L'élection d'un gouvernement libéral majoritaire à Ottawa suscite des réactions mitigées au sein de la communauté d'affaires, qui, pour l'instant, fait tout de même preuve d'un optimisme prudent.

Si elles accueillent favorablement la stabilité d'une majorité aux Communes, certaines associations patronales se questionnent toutefois quant à l'intention du parti de Justin Trudeau de déposer trois budgets à l'encre rouge avant de dégager des excédents en 2019-2020.

Pour la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ), le Conseil du patronat du Québec (CPQ) et la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI), les déficits représentent souvent les taxes et impôts de demain.

«Les gens d'affaires n'applaudissent pas l'idée de retourner en déficit, rappelle la présidente-directrice générale de la FCCQ, Françoise Bertrand, en entrevue. Traditionnellement, nous souhaitons des finances publiques saines.»

Néanmoins, même si elle fera gonfler la dette, la promesse libérale de doubler les investissements en infrastructures sur 10 ans - qui atteindront 125 milliards $ - est généralement bien accueillie par les associations.

Mme Bertrand a rappelé qu'en plus du nouveau pont Champlain, une bonification des investissements fédéraux en infrastructures pourrait donner un coup de pouce au Plan Nord ainsi qu'à la Stratégie maritime.

La prudence devra toutefois être de mise, estime toutefois le CPQ, afin d'éviter que les dépenses gouvernementales ne deviennent «improductives» et que la facture soit refilée aux générations futures.

«La question de ramener le déficit comme une question que l'on peut accepter conduit souvent à une acceptation du déficit structurel, rappelle son président-directeur général, Yves-Thomas Dorval. C'est une menace.»

La FCCQ espère par ailleurs que la promesse libérale du plein rétablissement des crédits d'impôt pour les fonds de travailleurs comme le Fonds de solidarité FTQ ou le Fondaction CSN se concrétisera rapidement.

Cette mesure - qui figurait aussi dans la plateforme néo-démocrate - vise notamment à faciliter l'accès au capital de risque. Elle faisait notamment partie des demandes soumises aux principaux partis par la FCCQ ainsi que la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

Pour sa part, la FCEI - qui milite également en faveur de budgets équilibrés - se réjouit de la promesse d'abaisser de deux points de pourcentage, à neuf pour cent, le taux d'imposition des PME.

Combinée à la présence d'un gouvernement majoritaire, l'engagement visant à diminuer les cotisations à l'assurance-emploi permettra également aux entreprises de souffler davantage, croit sa vice-présidente principale, Martine Hébert.

«Les entreprises recherchent davantage de stabilité et les gouvernements majoritaires procurent cela», a-t-elle observé.

Des mesures qui font sourciller

Certaines promesses, comme l'augmentation de l'impôt des mieux nantis, passent toutefois un peu moins bien à la FCCQ, où l'on dit toutefois comprendre le contexte actuel.

«Nous préférons les taxes à la consommation que l'augmentation de l'impôt, explique Mme Bertrand. Il est toutefois vrai que le pouvoir de la classe moyenne a diminué. On ne peut pas déchirer notre chemise.»

L'annulation de la bonification du compte d'épargne libre d'impôt (CELI) ainsi que du fractionnement du revenu pour les couples avec enfants - au menu de toutes les formations sauf le Parti conservateur - crée de l'incertitude, d'après la FCCQ.

«Les coffres de l'État étaient privés d'importantes sommes, mais ces mesures favorisaient l'épargne, observe Mme Bertrand. On se demande même si le gouvernement va garder les CELI.»

Au CPQ ainsi qu'à la FCEI, des préoccupations demeurent également sur la bonification du Régime de pension du Canada et le Régime des rentes du Québec, ce qui pourrait avoir des répercussions sur le fardeau fiscal du milieu des affaires.

«Nous pensons qu'il y a d'autres moyens d'atteindre des objectifs de sécurité financière que de bonifier les régimes de pensions», a estimé M. Dorval du CPQ.

Avec son penchant favorable pour l'oléoduc Énergie Est, le milieu des affaires attend également avec impatience les gestes posés par le gouvernement Trudeau à l'endroit de ce controversé projet ayant fait partie des débats au cours de la campagne électorale.

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