Optimisme prudent des vignerons

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Un accès au marché des épiceries permettrait aux vigenerons québécois d'augmenter considérablement leur pouvoir commercial, explique le vice-président de l'Association des vignerons du Québec, Simon Naud.

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Jonathan Gagnon
La Voix de l'Est

(Granby) Alors que le gouvernement Couillard envisage de mettre fin au monopole de la Société des alcools du Québec dans le secteur de la vente de vins et de spiritueux québécois, des producteurs locaux accueillent la nouvelle avec un enthousiasme pondéré.

Un accès au marché des épiceries permettrait certainement aux vignerons québécois d'augmenter leur pouvoir commercial, explique le vice-président de l'Association des vignerons du Québec, Simon Naud.

«Après 30 ans à produire sous une cloche de verre, où le seul marché auquel on a accès est l'agrotourisme, une bouffée d'air frais comme celle-là, ça fait du bien. [...] On nous offre un nouveau marché, on va apprendre à travailler avec», estime celui qui est également propriétaire du Vignoble de la Bauge, à Brigham.

Simon Naud souligne que plusieurs paramètres restent à être définis - notamment concernant l'espace tablette offert aux producteurs - advenant le cas où la réforme libérale serait appliquée.

Mais chose certaine, il tient à éviter les redevances qui sont actuellement demandées par la SAQ. «Si on doit toujours payer la marge bénéficiaire, on n'est pas plus avancés.»

De son côté, Lucie Larose attend depuis longtemps la fin du monopole de la société d'État dans le secteur des vins. La copropriétaire du Vignoble Domaine de l'Ardennais, à Stanbridge East, a déjà commercialisé certains de ses produits en épicerie, avant de devoir les retirer. Selon Mme Larose, les redevances demandées par la SAQ sont tout simplement invivables. «Si tout le monde savait comment ça se passe avec les SAQ, les gens comprendraient que ce serait plus intéressant (avec les épiceries), pour le producteur et pour le client.»

Selon différents médias, les changements apportés par le gouvernement ne toucheraient pas que les vins, mais aussi d'autres spiritueux. En tant que copropriétaire chez Val Caudalies - vignoble et cidrerie - à Dunham, Julien Vaillancourt ne peut que s'en réjouir. «Pour un produit (le cidre, NDLR) qui va toujours être plus difficile à commercialiser que le vin, on ne se le cachera pas, c'est sûr que c'est encourageant d'avoir accès à un plus large public.»

Concilier les modèles d'affaires

Charles-Henri de Coussergues, du Vignoble de l'Orpailleur, est de ceux qui croient que le modèle d'affaires actuel n'est pas «à jeter» pour autant. En 1996, l'ancien président de l'Association des vignerons du Québec avait été le premier producteur de la province à vendre ses produits dans des succursales de la société d'État. «On a lutté pendant 30 ans pour avoir une place à la SAQ. On a des chiffres qui sont assez bons et qui progressent», soutient M. de Coussergues.

«Ce n'est pas pour tout le monde, on est dans une province où il y a le plus de compétition au monde. Quand tu rentres à la SAQ, tu as le monde devant toi. Je peux comprendre que ça ne plaise pas à certains», poursuit-il.

Charles-Henri de Coussergues est néanmoins d'avis que l'ajout de marchés supplémentaires, sans que d'autres soient sacrifiés, permettrait à tous les vignerons d'obtenir satisfaction.

Sabrer dans les coûts d'exploitation

Le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, étudiera bientôt différentes pistes de réformes, y compris l'ouverture du marché des épiceries aux vins et spiritueux québécois. La réflexion de M. Coiteux fait suite à la publication de données ayant révélé que les coûts d'exploitation de la SAQ sont nettement plus élevés que ceux d'autres sociétés du genre.

De plus, l'initiative répond favorablement à une recommandation de la Commission de révision permanente des programmes, laquelle soutient qu'une plus grande concurrence amènerait la SAQ à réduire ses coûts de gestion.

Plusieurs membres de l'opposition - y compris le député caquiste de Granby François Bonnardel - souhaitent également la fin du monopole de la SAQ.

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