Défier le temps qui passe

Pierre Béliveau croit avoir inventé un concept qui... (photo Alain Dion)

Agrandir

Pierre Béliveau croit avoir inventé un concept qui révolutionnera l'industrie des cercueils. On le voit ici avec son prototype.

photo Alain Dion

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Granby) Révolutionner le monde des cercueils. C'est le défi qu'a décidé de relever Pierre Béliveau, il y a plusieurs décennies. L'inventeur croit avoir trouvé la solution et compte maintenant l'exposer au monde entier.

Du plus loin qu'il se souvienne, Pierre Béliveau a toujours été fasciné par les pyramides égyptiennes et les corps momifiés des pharaons, ayant traversé les millénaires dans leurs sarcophages. En fait, il a en aberration le fait que l'on enterre un cercueil en sachant que le corps qui s'y trouve va se décomposer. «Je devais avoir près de huit ans quand j'ai assisté à l'enterrement de mon grand-père. Dans le fond du trou creusé devant sa pierre tombale, il y avait beaucoup d'eau. Ça m'a fait peur parce que j'ai compris que cette eau allait éventuellement être en contact avec un mort avant de poursuivre son chemin dans le sol. Il fallait trouver un moyen de changer les choses», raconte l'homme de 64 ans.

Pierre Béliveau a donc amorcé une réflexion sur les possibilités offertes aux proches des défunts. «Il y a bien des cercueils en métal, mais ils ne sont pas à toute épreuve (...). Il faut penser à la nappe d'eau [phréatique] quand le corps se dégrade. Et côté environnemental, il faut aussi écarter l'incinération. Brûler un cadavre pollue autant en terme de CO2 [dioxyde de carbone] qu'une auto qui fait le trajet Québec-Vancouver», illustre-t-il.

Essais et erreurs

Multipliant les recherches sur Internet, l'homme a finalement misé sur l'acier inoxydable pour confectionner un cercueil «quasi blindé». Il fallait maintenant résoudre le problème de la putréfaction. Pour ce faire, M. Béliveau a ajouté des raccords étanches à l'extérieur de la «capsule» pour y injecter un gaz, comme l'argon par exemple. Au préalable, les deux parties du cercueil doivent être scellées à l'aide d'un enduit semblable à de l'uréthane. «L'idée, c'est de retirer l'air du cercueil parfaitement étanche pour incorporer un gaz inerte. C'est la clé pour que le corps se conserve», explique-t-il.

Un des autres aspects que M. Béliveau a ajouté est un dispositif permettant de recueillir les fluides corporels qui s'échappent du corps. L'idée consiste à mettre la dépouille sur une plaque trouée en acier inoxydable, sous laquelle un produit absorbant à base de bois est déposé.

Question de valider si sa théorie tient la route, l'inventeur a fait, entre autres, un test avec deux porcelets morts. Selon M. Béliveau, l'un a été placé durant près de deux ans dans un réservoir scellé avec un gaz inerte, l'autre non. Une évaluation des dépouilles a été réalisée le 1er avril 2013 par un membre de l'équipe de la Faculté de médecine vétérinaire de Saint-Hyacinthe. «Il y a un des petits cochons qui était intact et aucune odeur ne se dégageait du corps. L'autre était en état de décomposition. C'était un grand jour pour moi!, lance-t-il. Ça démontrait que tous mes efforts valaient la peine.»

Marché

L'homme a décidé de miser sur une niche «haut de gamme» pour son «concept funéraire», nommé Pyramidestral, un clin d'oeil à l'Égypte. «Beaucoup de gens qui vont acheter mes cercueils vont vouloir les mettre dans des cryptes. C'est très populaire chez les Italiens par exemple. Pour l'instant, je veux cibler le marché canadien, et ensuite on verra pour les États-Unis et dans le reste du monde. D'ailleurs, j'ai déjà un brevet américain pour ma technologie et je devrais recevoir celui du Canada sous peu», indique-t-il. L'homme affirme être en mesure d'offrir des cercueils à un prix similaire «à ce qui se fait de mieux sur le marché».

Pour le moment, Pierre Béliveau n'a qu'un prototype à petite échelle à sa disposition. Il se dit cependant prêt à mettre la production en branle. «J'ai choisi de faire affaire avec une entreprise de Granby spécialisée dans l'acier inoxydable pour fabriquer mes cercueils. C'est important pour moi de faire tourner l'économie locale. Aujourd'hui (hier), je dévoile une primeur. Reste à voir la réponse des gens dans le domaine.»

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer