Manteaux Québec-Oie: fabriqués à... Marieville

La mise en marché des manteaux Québec-Oie pourrait... (photo Alain Dion)

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La mise en marché des manteaux Québec-Oie pourrait permettre à Sportchief d'assurer la pérennité de ses activités à Marieville. Pourvu que la PME réussisse à trouver de la relève à ses couturières.

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Marie-France Létourneau
Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est

(Marieville) Elle est en activité depuis plus de 50 ans. Ses vêtements de chasse sont mondialement connus. Pourtant, l'usine Sportchief de Marieville tourne au ralenti. Pour augmenter la cadence, elle mise sur un nouveau produit: les manteaux de duvet Québec-Oie. Ceux-ci vont tenter de faire concurrence aux Kanuk et autres Canada Goose.

«Aujourd'hui, nous sommes 18 employés. Mais il y a déjà eu jusqu'à 200 personnes ici. Au fil du temps, on a fait des vêtements de travail, de plein air. On a eu plusieurs créneaux. Mais c'est rendu difficile de trouver des couturières. On dirait que c'est un métier du passé», a récemment laissé tomber le directeur de la production, Philippe Hardy.

Celui-ci représente la troisième génération de Hardy à diriger les installations de la rue Chambly, qui ont fait leur renommée avec les vêtements de chasse. «Sportchief, c'est un peu le Tommy Hillfiger ou le Ralph Lauren des chasseurs», illustre Philippe Hardy.

Ces vêtements et accessoires de camouflage ultra performants (imperméables, membranes respirantes, tissus «silencieux») sont vendus au Canada, aux États-Unis, en Allemagne, en Russie, en Angleterre et en France. «Les technologies Aquatex et Silentx sont à nous. On fait faire les tissus selon nos spécifications», précise Philippe Hardy.

Fusion

Mondialisation oblige, c'est toutefois en Asie que la majorité de la confection de Sportchief est dorénavant effectuée. Seule la portion haut de gamme de la griffe, celle qui utilise le tissu SilentX, est encore fabriquée à Marieville.

«On a commencé à réduire la production en 2003, 2004 parce que c'était difficile de trouver des couturières et il y avait une pression sur les prix. Le plus gros changement dans l'industrie, c'est la parité du dollar. Le textile est mort du jour au lendemain», dit Philippe Hardy.

Pour assurer l'avenir de l'entreprise, Sportchief est passée en 2008 dans le giron du groupe Côté-Reco, qui oeuvre dans le milieu de la chaussure, notamment en exploitant la bannière Chaussures Pop. «C'est une entreprise familiale, comme nous. Ils sont aussi établis en dehors des grandes villes, à Deschaillons. C'est une entreprise bien balancée», estime M. Hardy. Le groupe Côté-Réco est également à la tête des bannières Ecotone, Centre du travail, Duty Nine et Go Sport.

«Ecotone est une bannière qui fait dans la chasse et pêche. Ça nous donne un accès direct avec la clientèle. C'est une des raisons de la fusion», souligne Philippe Hardy qui continue à être très actif au sein de l'entreprise. Il se rend trois fois par année en Chine, en plus de visiter régulièrement les distributeurs européens de Sportchief et de participer à différentes foires commerciales.

Duvet d'ici

L'idée de la mise en marché des manteaux Québec-Oie a été lancée pour la simple et bonne raison que le personnel de Sportchief à Marieville a déjà fabriqué des vêtements de duvet. L'expertise était déjà présente dans l'usine. L'équipement a cependant été amélioré pour ce projet. «Il y a une demande au niveau des produits de duvet faits au Québec. Et ça permet de faire travailler nos gens», estime le président et chef de la direction de Côté-Reco, Michel Côté.

C'est une employée de Sportchief, Suzy Guévin, qui a dessiné les manteaux Québec-Oie, vendus depuis peu, notamment dans les boutiques de Chaussures Pop au coût d'environ 700$. En plus d'être fabriqué à Marieville, le produit a d'ailleurs un autre lien avec la région, puisque le duvet utilisé provient en partie de Canards du Lac Brome. L'entreprise, spécialisée dans l'élevage de canards de Pékin, récupère une tonne de plumes par jour, affirme Claude Trottier, président et directeur de l'exploitation.

Ces plumes sont vendues à Feather Industries, à Toronto, qui, elle, les nettoie en profondeur et les trie selon leur qualité. «Les plumes les moins pesantes constituent le duvet pur. Nous sommes le plus gros fournisseur de Feather Industries», explique M. Trottier.

Selon Philippe Hardy, les manteaux Québec-Oie ont notamment pour compétiteur les produits de Canada Goose. Et, qui sait, Québec-Oie pourrait migrer vers la France dans un avenir rapproché. «On a présenté le produit à nos cousins français et ils ont eu une belle réaction. Il y a une opportunité dans le marché», est convaincu Michel Côté.

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