Selon lui, l'avenir de ce dispositif antirefoulement électropneumatique est très prometteur. Avec des épisodes de pluie et d'orages de plus en plus violents - fruits du réchauffement de la planète -, les refoulements d'égouts tendent à se multiplier.
«On a mis ça sur le feu. Ça commence à faire des bulles», a récemment affirmé M. Gauthier pour imager l'effervescence qui entoure le lancement d'Aqua-Protec.
Comme les refoulements d'égouts sont une problématique nord-américaine, Inflotrolix a des «visées continentales», dit le DG. D'ici 12 à 18 mois, Aqua-Protec rayonnera d'un océan à l'autre, autant au Canada qu'au pays de l'Oncle Sam, si les projections des dirigeants de l'entreprise se concrétisent.
La paternité d'Aqua-Protec revient à Patrick Savaria, un programmeur-analyste de formation. C'est par «nécessité» qu'il s'est intéressé aux dispositifs antirefoulement. «Il a acheté la maison de son père qui avait connu une douzaine de refoulements d'égouts en une vingtaine d'années. Patrick a cogité quelques années sur le problème et a développé ce qui est devenu l'Aqua-Protec», explique Martin Gauthier.
Composé d'un panneau de contrôle microélectronique et d'un module rétractable d'étanchéité pneumatique, son produit est différent des produits existants - à flotte ou à ressort - en cela qu'il s'installe plutôt facilement dans la tuyauterie existante et fonctionne avec des senseurs intelligents. Si un refoulement survient, un ballon se déploie et bloque la conduite d'égout. Une alarme se met alors en fonction pour aviser les occupants de la maison.
Le système comporte aussi une pile de secours en cas de panne d'électricité et autovérifie l'ensemble de ses composantes et sous-systèmes une fois par mois.
Partenaires locaux
Pour la commercialisation de son invention, Patrick Savaria s'est tourné vers Anges Québec, un regroupement d'entrepreneurs d'expérience qui contribuent au lancement et à la croissance d'entreprises dans des domaines variés. C'est là que sa route a croisé celle de Martin Gauthier, un «ange investisseur». Ce dernier dit avoir rapidement décelé le potentiel d'Aqua-Protec. Les dommages causés par l'eau représenteraient la catégorie de sinistre la plus importante en Amérique du Nord.
Un groupe d'investisseurs a été formé pour «donner un élan au produit de Patrick Savaria», explique M. Gauthier, qui a une solide expérience en démarrage d'entreprises. Desjardins-Innovatech SEC a acquis une participation dans Inflotrolix.
Aqua-Protec a récemment été approuvé par la Régie du bâtiment du Québec. Aux yeux du DG, cela «démontre l'efficacité du système». La PME est également en instance de brevet international pour sa technologie.
Patrick Savaria est toujours actif dans l'entreprise. Il agit à titre de «manager support et distribution». La fabrication des composantes d'Aqua-Protec est réalisée chez Optimont à Brossard ainsi qu'à Granby, chez Caoutchouc Falpaco. Le président de cette entreprise, Claude Robichaud, fait partie de l'actionnariat d'Inflotrolix.
Avenir
Les ventes d'Aqua-Protec débutent à peine. À ce jour, une centaine d'unités ont été vendues ou sont en voie d'être installées, estime Martin Gauthier. Le distributeur intégré de produits pour l'industrie du bâtiment, EMCO, présent partout au Canada, assure le rayonnement de ce clapet nouvelle génération. «EMCO a un réseau de plombiers-clients. Nous sélectionnons les entrepreneurs et les accréditons rigoureusement. On veut s'assurer que la qualité de l'installation soit impeccable», explique Martin Gauthier.
Selon lui, il en coûte environ 2500 $ pour l'achat et l'installation de l'Aqua-Protec.
Éventuellement, Inflotrolix, installé dans le Centre d'affaires de Bromont, chemin de Gaspé, aimerait élargir sa gamme de produits en visant «toutes les catégories de dommages causés par l'eau», explique le DG. «On croit que notre technologie pourrait entre autres avoir une portée sur les réseaux d'aqueduc et d'égouts», dit-il.
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