Belt Tech, la résiliente

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Actuellement, il se produit au-delà d'un million de mètres de ceinture de sécurité par semaine dans les installations de Belt Tech. «On faisait ce volume-là à la fin des années 1990, quand l'entreprise s'appelait encore LaGran», souligne le président Robert Bélanger.

photo Alain Dion

Marie-France Létourneau

Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est

(Granby) Belt Tech est un exemple probant de résilience. Après avoir traversé deux périodes tempétueuses au cours des dernières années, l'entreprise de Granby a retrouvé une erre d'aller qu'elle n'avait pas connue depuis plus de 10 ans, a récemment expliqué le président et copropriétaire, Robert Bélanger.

Actuellement, il se produit au-delà d'un million de mètres de ceinture de sécurité par semaine dans les installations de la rue Dorchester. «On faisait ce volume-là à la fin des années 1990, quand l'entreprise s'appelait encore LaGran», souligne M. Bélanger.

Belt Tech emploie quelque 125 personnes, qui oeuvrent sur trois quarts de travail. Pour l'heure, le carnet de commandes est à ce point rempli que les heures supplémentaires ne sont pas rares, souligne le président. Une quinzaine de personnes ont été engagées au cours des six derniers mois. «Dans les deux prochaines années, nous prévoyons embaucher de façon régulière», dit-il.

«Nous avons plusieurs contrats pour la fabrication de ceintures de sécurité avec un client, TRW Automotive, qui fait affaire dans l'industrie automobile», explique Robert Bélanger. La valeur de ces contrats totalise environ 70 millions$ pour une période de quatre ans. Attention, prévient cependant le président, le chiffre peut sembler important, mais le domaine automobile est «excessivement compétitif». «On doit avoir des opérations extrêmement efficaces, sinon on mange toutes les marges», dit-il.

Diversification

Belt Tech demeure par ailleurs «vulnérable», de l'aveu de M. Bélanger, car TRW Automotive représente 75 % des affaires de l'entreprise. Cette dernière compte toutefois un autre important client, AmSafe, pour lequel elle fabrique des ceintures de sécurité destinées au secteur de l'aviation.

«AmSafe fournit environ 70 % des ceintures d'avions à travers le monde», précise l'homme d'affaires. Il y a donc de fortes chances que peu importe l'endroit où vous vous trouvez sur la planète, la ceinture qu'on vous invite à boucler en avion ait été fabriquée à Granby. Un bon contrat pour l'entreprise, certes, «mais les volumes ne sont pas aussi gros que dans le milieu automobile», fait valoir Robert Bélanger.

Pour assurer la pérennité des opérations, la direction mise donc sur la diversification de ses activités avec le développement de produits connexes. Belt Tech travaille à différents projets, notamment avec le Groupe CTT de Saint-Hyacinthe, qui soutient les entreprises dans la recherche et le développement dans l'industrie du textile.

«Si une entreprise ne fait pas de recherche, c'est une big mistake», laisse tomber le président. Belt Tech a entre autres élaboré une sangle insérée dans les manteaux de pompiers, identifiée sous le vocable DRD (drag rescue device). «C'est une norme en Amérique du Nord et ça va le devenir en Europe. On se prépare pour être les premiers à rentrer sur le marché», dit-il.

L'entreprise planche également sur le développement d'une ceinture de sécurité avec coussin gonflable intégré pour l'industrie automobile. Et elle étudie, avec le Groupe CTT, l'opportunité de fabriquer une ceinture de sécurité qui comprendrait un conducteur électrique. Ce dispositif permettrait d'aviser le personnel d'un avion si un passager n'a pas bouclé sa ceinture, fait valoir Robert Bélanger.

Tempêtes

Le président a prouvé au cours des dernières années qu'il a les nerfs solides. En 2005, l'entreprise, qui opérait alors sous la raison sociale LaGran, a traversé une crise majeure, qui a mené au rachat des actifs par trois dirigeants, dont Robert Bélanger. Belt Tech a vu le jour à cette époque. «À l'époque, c'était un pari très risqué. Mais ma relation avec les clients m'a permis de les garder et de repartir», affirme M. Bélanger.

L'entreprise a traversé une autre tempête en 2009. La crise économique, conjuguée avec la perte d'un important client et le retrait d'une institution financière «à cause de la crise des banques», a donné des sueurs froides aux dirigeants. Mais ils ont retrouvé le cap, une fois de plus. Le chiffre d'affaires, qui demeure confidentiel, a plus que doublé depuis trois ans, dit l'entrepreneur.

«Aujourd'hui, on crée des emplois. Notre avenir est positif. Mais ce n'est pas le Pérou. Le marché est excessivement compétitif. Si on ne fait pas tout parfaitement, ça ne marche pas», laisse tomber M. Bélanger.

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