Des mangeoires font mouche aux États-Unis

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«Pas moins de 99 % de nos ventes sont faites à l'extérieur de la province. Aux États-Unis, on est connu comme Barabbas dans la Bible. Nos produits sont les plus vendus dans la catégorie antiécureuils», a récemment expliqué le fondateur, copropriétaire et directeur général de l'entreprise, Paul Côté.

photo Alain Dion

Marie-France Létourneau

Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est

(Lac-Brome) Nul n'est prophète en son pays, dit-on. Paul Côté de la PME Brome Bird Care de Lac-Brome en sait quelque chose. Ses mangeoires à oiseaux antiécureuils trônent au sommet des ventes aux États-Unis, mais elles sont pratiquement inconnues au Québec.

«Pas moins de 99 % de nos ventes sont faites à l'extérieur de la province. Aux États-Unis, on est connus comme Barabbas dans la Bible. Nos produits sont les plus vendus dans la catégorie antiécureuils», explique le fondateur, copropriétaire et directeur général de l'entreprise, Paul Côté.

Les cinq modèles de mangeoires (Classic, Plus, Finch, Mini et Peanut +) créés par Brome Bird Care sont principalement offerts dans les boutiques spécialisées. À ce jour, l'entreprise en a vendu plus d'un million au sud de la frontière, au Canada et en Angleterre. Tous les modèles fonctionnent de la même façon: quand un écureuil se pose sur la mangeoire, son poids déclenche la fermeture des points d'alimentation.

Dans la région, on en retrouve entre autres à l'Animalerie Granby ainsi qu'à celle de Cowansville, au Centre d'interprétation de la nature du lac Boivin à Granby, à la Pépinière Abbotsford, ainsi que dans les Rona Lévesque.

«Nos produits ne sont pas propices aux grandes surfaces. Mais on sait que les grandes surfaces représentent 70 % du marché pour ces produits-là. On travaille donc au développement d'un nouveau produit pour elles», relève Paul Côté.

Made in China

L'entrepreneur s'est lancé dans la fabrication de mangeoires à oiseaux antiécureils à la fin des années 1990. «À l'époque, je fabriquais des accessoires de piscines. Mais la période de ventes était très courte. Je cherchais quelque chose pour occuper les mois d'automne et d'hiver», raconte-t-il.

Il a trouvé la réponse dans la cour arrière de sa résidence. «J'aimais nourrir les oiseaux, mais les écureuils les chassaient, mangeaient les graines et détruisaient mes mangeoires. J'étais frustré, lance-t-il en riant. Je me suis dit que si je trouvais une solution, elle pourrait intéresser d'autres personnes...»

Brome Bird Care est ainsi né. Au départ, la fabrication des mangeoires était effectuée à Granby, rue Cowie. «À l'époque, mon produit était vendu 65 $. J'avais un compétiteur aux États-Unis qui vendait aussi son produit 65 $. Mais il a été acheté par une plus grosse boîte qui a commencé à faire fabriquer en Chine. Il s'est mis à vendre son produit 19 $. Mes ventes ont stoppé complètement», se souvient Paul Côté.

Deux solutions se sont alors offertes à lui, dit-il: tout abandonner ou bien innover pour reprendre des parts de marchés et faire fabriquer, lui aussi, en Chine. Il a choisi la deuxième option. Dorénavant, des représentants de l'entreprise se rendent dans l'empire du Milieu toutes les huit semaines pour superviser les fournisseurs et la fabrication.

Pas à vendre

Paul Côté mise principalement sur la recherche et le développement pour assurer la croissance de la PME, qui emploie neuf personnes à Lac-Brome. Tous ses produits sont protégés par des brevets; brevets qui font d'ailleurs l'envie d'entreprises américaines qui approchent de façon régulière les propriétaires - M. Côté et sa conjointe, Diane Seaward - pour acheter l'entreprise.

Mais Paul Côté dit être «têtu». «Je veux absolument que la compagnie demeure à Lac-Brome. Je pourrais vendre. Mais pourquoi? Ma passion, c'est de continuer à développer le commerce. On a travaillé fort pour en arriver là. Je ne pourrais pas me résoudre à perdre ça», dit-il.

Âgé de 64 ans, M. Côté affirme par ailleurs «préparer la relève». Sherri Bailey occupe la présidence de l'entreprise depuis environ deux ans.

Vendus sous la marque Squirrel Buster, les produits de Brome Bird Care se détaillent entre 30 $ pour le modèle Mini et 95 $ pour le Plus. Ils offrent tous une garantie de deux ans, sauf le Plus, qui est garanti à vie. «Les pièces sont remplacées et livrées gratuitement. Notre politique, c'est qu'au lieu d'avoir un budget de publicité, nous avons un budget pour le service à la clientèle. Nos clients deviennent nos ambassadeurs», estime M. Côté.

Développement de produits

Le chiffre d'affaires de l'entreprise, qui a connu une croissance constante au fil des ans, demeure confidentiel. «Depuis cinq ans, nous avons une croissance annuelle de 15 à 20 %», dit le dg. Les mangeoires de Brome Bird Care prennent la direction des États-Unis dans une proportion de 80 à 85 %. Le reste trouve preneurs au Canada et en Angleterre. «En Europe, ce sont les pigeons qui sont problématiques. Nous développons un produit adapté à leur problème», dit Paul Côté.

Qui sait, après les mangeoires à oiseaux antiécureuils, l'entrepreneur pourrait se lancer dans la commercialisation d'autres produits. Il dit rêver d'avoir «une compagnie qui fait dans le développement de produits». Brome Bird Care a embauché un ingénieur l'an dernier. Son mandat est très large. «On regarde tous les domaines», affirme M. Côté. Pour l'heure, il a sur son bureau les plans d'un casque de vélo qui serait plus résistant aux chocs que ceux déjà sur le marché...

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