Retec F3 Technologies: les recettes du recyclage

Les recettes de Retec F3 Technologies permettent aux... (photo Janick Marois)

Agrandir

Les recettes de Retec F3 Technologies permettent aux entreprises spécialisées dans le recyclage de carton de récupérer plus facilement les fibres de bois dans les emballages et recommencer tout le processus de fabrication de carton. «C'est ça, le vrai développement durable», signale le patron de l'entreprise, François Dandenault. «C'est trouver le moyen de mieux utiliser nos ressources naturelles.»

photo Janick Marois

Michel Laliberté

Michel Laliberté
La Voix de l'Est

(Granby) Un jour, tous les emballages de carton de pizza, de jus, de lait, de poulet, de crème glacée, de mets préparés, de savon à lessive et tutti quanti que nous consommons pourront être entièrement recyclés. C'est l'énorme défi auquel s'est attaqué François Dandenault.

Son entreprise, Retec F3 Technologies, a déjà fait des bonds de géant dans cette voie. Dix-sept années de recherche ont permis à la PME de Granby de mettre au point de nouvelles manières d'imperméabiliser les cartons utilisés comme emballages. Ces nouvelles «recettes», comme les appelle M. Dandenault, sont à base d'eau et ne contiennent plus qu'une fraction des dérivés pétroliers naguère présents dans les emballages. Enduits de ces recettes, les emballages résistent à la vapeur d'eau, au dioxyde de carbone, aux huiles et aux graisses. Cela représente une percée importante quand on sait que plusieurs emballages ne peuvent être recyclés parce qu'ils ont été souillés.

Tout ça facilite le travail des entreprises spécialisées dans le recyclage de carton. Elles peuvent récupérer plus facilement les fibres de bois dans les emballages et recommencer tout le processus de fabrication de carton. M. Dandenault a une expression bien à lui pour résumer le tout: du repulpage, en allusion à la pulpe utilisée dans la fabrication du papier et du carton.

«C'est ça, le vrai développement durable», signale le patron de Retec F3 Technologies. «C'est trouver le moyen de mieux utiliser nos ressources naturelles.»

Pour M. Dandenault, le recyclage, c'est d'abord une question de philosophie. Dans les années 1980, alors qu'il travaillait au développement des affaires chez Cascades, le recyclage était le cadet de ses soucis. L'environnement n'était pas une véritable préoccupation à l'époque, se rappelle-t-il. L'industrie des pâtes à papier en Amérique du Nord, a-t-il indiqué, a cependant dû s'y intéresser à vitesse grand V.

Tout a commencé avec le Chicago Tribune, a indiqué M. Dandenault. Le quotidien de la Ville des vents a informé ses fournisseurs québécois qu'il ne pouvait plus utiliser leur papier journal. Un règlement de l'Illinois interdisait maintenant l'enfouissement des matières contenant du polyéthylène. Or, les rouleaux de papier journal étaient enduits de ce produit pétrochimique. D'autres États ont emboîté le pas, forçant l'industrie à revoir ses façons de faire.

Pour le patron de Retec F3 Technologie, ce fut un réveil brutal. «Cinq millions de tonnes! On enfouissait en Amérique du Nord cinq millions de tonnes de rouleaux de papier par année. Ça m'a choqué parce que ça n'avait pas de bon sens. On devait faire quelque chose.»

Travailler en amont

Les papetières ont choisi d'aborder le problème en trouvant des façons de recycler ces rouleaux. L'équipe de M. Dandenault chez Cascades s'y est prise par l'autre extrémité, en examinant leurs méthodes de production. «On a travaillé en amont en se demandant comment on pourrait produire notre papier en utilisant moins de produits pétroliers. On a fait un gros travail de défrichage et on est arrivés avec des solutions.»

M. Dandenault a proposé à ses patrons de créer une division chimique pour continuer dans cette nouvelle voie riche en occasions d'affaires. La direction de la papetière québécoise a décliné. Le fidèle soldat a alors décidé de poursuivre sa route ailleurs en fondant sa propre compagnie. Il a quitté en bons termes et demeure un ami proche des propriétaires de Cascades, les frères Lemaire.

Comme toute PME naissante, les premières années de Retec F3 Technologies ont été difficiles, reconnaît M. Dandenault. Mais les efforts déployés en recherche, les recettes inventées et les tests permettent aujourd'hui à la petite boîte installée dans le parc industriel de Granby d'être sollicitée par de grandes compagnies. Des compagnies lui envoient ses emballages pour voir si elle peut améliorer leur imperméabilité.

Pour les compagnies, note M. Dandenault, l'intérêt pour ses recettes est double. D'abord, elles répondent aux demandes de leurs clients qui se montrent de plus en plus exigeants sur la protection de l'environnement. «Elles se font toutes demander la même chose: êtes-vous vert? C'est ça, la réalité, c'est ça que les gens veulent entendre», explique-t-il. Mais c'est surtout l'aspect économique qui les convainc de changer leurs façons d'imperméabiliser leurs emballages. Elles éliminent des étapes coûteuses du processus, dont des dérivés pétroliers.

Les recettes de la PME, qui compte six employés, sont vendues aux États-Unis, en Europe et en Asie. Et les débouchées apparaissent sans fin: alimentation (fruits, légumes, poissons, etc.), restauration rapide, nourriture pour animaux domestiques, sacs de ciment.

Abonnez-vous à La Voix de l'Est

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer