Et l'embauche se poursuit. L'entreprise a tenu un kiosque aux Galeries de Granby la semaine dernière afin de combler plusieurs postes. Étaient notamment offerts: des emplois de journaliers, de caristes, de peintres finisseurs sur bois, d'opérateurs de machines à travailler le bois et d'électromécaniciens.
«Nous sommes toujours à la recherche d'employés, dont plusieurs spécialisés. C'est un peu difficile de trouver dans la région. Mais nous avons conclu des alliances avec le Centre régional intégré de formation de Granby et le Centre de formation professionnelle de Cowansville», a récemment expliqué le directeur des ressources humaines de l'entreprise, Pierre-Alain Rey.
La présence de Fabritec à Bromont, qui plus est dans l'immense usine laissée vacante par le constructeur automobile Hyundai en 1994, est plutôt méconnue. Mais force est de constater que, contrairement aux différents locataires précédents de l'endroit, l'entreprise semble être là pour y rester. Pour l'heure, elle occupe la moitié de l'usine, propriété de la firme immobilière Olymbec.
L'espace alloué aux différents départements de fabrication et d'entreposage est tellement vaste que certains employés utilisent des trottinettes et des voiturettes électriques pour se déplacer d'un endroit à l'autre, a pu constater La Voix de l'Est.
D'un océan à l'autre
Fabritec a été fondée par Clovis Bourgeois, en 1984, à Saint-Jean-sur-Richelieu. La croissance du manufacturier a été assurée, au fil des ans, par une série d'acquisitions. Ses différentes gammes de produits se retrouvent principalement dans les centres de rénovation (Rona, Réno-Dépôt et Home Depot).
C'est d'ailleurs la nouvelle présence de Fabritec dans les 180 succursales Home Depot d'un océan à l'autre l'an dernier, et non plus uniquement au Québec, qui a obligé les dirigeants à dénicher rapidement des installations pour doubler leur capacité d'entreposage, explique Nadia Bourgeois, vice-présidente administration, et fille de Clovis Bourgeois. Elle et son frère Jonathan, vice-président exécutif, représentent la relève au sein de l'entreprise.
Les installations qu'ils ont trouvées à Bromont ont surpassé leurs attentes. «Ce n'était pas dans nos plans de transférer les bureaux à Bromont. Mais c'est plus convivial ici. On a amélioré notre efficacité. À Saint-Jean, on manquait d'espace», fait valoir la dirigeante, âgée de 28 ans.
L'équipe de Fabritec a même trouvé une nouvelle utilisation à l'ancienne piste d'essai extérieur de Hyundai: un groupe d'employés a pris l'habitude d'y faire de la course à pied sur l'heure du midi. «C'est un environnement de rêve pour travailler», lance Jonathan Bourgeois, 35 ans, lui-même féru de ski et cofondateur de Raccoon, un microfabricant québécois de skis haut de gamme.
Au sud de la frontière
Outre Bromont, Fabritec opère des usines à Saint-Jean-sur-Richelieu et à Mont-Joli. Les trois usines travaillent de concert, affirme Pierre-Alain Rey. Au total, quelque 420 personnes sont à l'emploi de la PME familiale.
Selon Jonathan Bourgeois, la poursuite de la croissance de Fabritec, dont le chiffre d'affaires demeure confidentiel, devra passer par le développement de nouveaux marchés au sud de la frontière. Déjà, l'entreprise est présente, en guise de «test», dans cinq succursales américaines Home Depot.
«Avec l'automatisation de nos opérations, on peut compétitionner», calcule le vice-président exécutif. Mais ce dernier ne se leurre pas: rien n'est gagné d'avance. «La compétition est féroce. Et le made in USA est très fort», dit-il tout en ajoutant du même souffle que Fabritec souhaite toutefois continuer à produire au Québec et non chez l'Oncle Sam.
«La croissance va être plus difficile. L'année passée, on a connu une hausse de nos affaires de 85%. Quand tu goûtes à ça, c'est comme une drogue. Le challenge va être plus grand pour les prochaines années», estime Jonathan Bourgeois.
Mais pour se démarquer, Fabritec essaie d'être toujours un pas en avant de la compétition. Selon le vice-président exécutif, l'équipe de recherche et développement est très active. Au fil du temps, les Bourgeois ont su prouver qu'ils sont doués pour la course de fond.
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