Choix de carrière des jeunes: les cybermentors au rendez-vous

«C'est important de bien accompagner les jeunes; c'est... (photo Alain Dion)

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«C'est important de bien accompagner les jeunes; c'est stimulant de les aider. C'est comme donner au suivant. Nous avons eu des gens autour de nous qui nous ont aidés. Mais ce ne sont pas tous les jeunes qui ont cette chance. Certains n'ont pas de réseaux de contacts, sont plus isolés, sont gênés. Parler à des gens qui font un métier qui les passionne, ça leur ouvre des horizons inimaginables», explique Régis Arseneault, psychoéducateur et cybermentor à Academos.

photo Alain Dion

Michel Laliberté

Michel Laliberté
La Voix de l'Est

Régis Arseneault passe une grande partie de son temps à rencontrer les jeunes. Psychoéducateur au CLSC de la Haute-Yamaska, il les aide à surmonter leurs problèmes, à les équiper pour faire face aux défis que la vie leur sert. Il les guide aussi dans leur cheminement de carrière. Comme 2650 autres travailleurs au Québec, il est un cybermentor.

Père d'une famille de quatre garçons, M. Arseneault donne de son temps bénévolement depuis six ans à Academos. Cet organisme sans but lucratif permet à des élèves des 3e, 4e et 5e secondaires des écoles de la région ainsi qu'à des étudiants d'une dizaine de cégeps de communiquer avec des gens sur le marché du travail. L'objectif est de donner la chance aux jeunes qui s'interrogent sur leur avenir professionnel, à l'aube d'entrer au cégep ou à l'université, de poser des questions à des gens de métiers provenant de 79 secteurs d'activité.

«Le choix de carrière, c'est leur première grosse décision dans la vie. Ils stressent énormément. Quand ils peuvent en parler avec des gens qui sont sur le marché du travail, ça les aide beaucoup à prendre une décision et à se libérer d'un poids énorme», résume Guillaume Salloin, chef des stratégies web et marketing d'Academos.

Les échanges se font par l'entremise d'internet, sur un site sécurisé. Les jeunes envoient leurs messages à Academos, qui les relaie ensuite aux comptes courriel de ses cybermentors. «C'est très pratique, note M. Arseneault. Je peux, par exemple, quand je suis au travail, leur répondre pendant ma pause. Ça me permet de faire du bénévolat, même si je n'ai pas beaucoup de temps à investir.»

Les questions posées par les jeunes sont très variées, explique M. Arseneault. Ils veulent savoir comment se passe une journée typique, quelles sont les tâches à accomplir, la formation scolaire à suivre, le salaire, énumère-t-il. «Je peux faire profiter un jeune de mon expérience. On peut accrocher les jeunes qui sont incertains de leur choix ou leur éviter de perdre du temps parce que ce métier n'est pas pour eux.»

Sécuritaire

Ce service de mentorat est très sécuritaire, signale Guillaume Salloin. Autant les jeunes que les mentors utilisent un pseudonyme, dit-il. Ils ne se rencontrent jamais et toutes leurs communications sont passées au peigne fin.

Ça n'empêche pas des participants de tisser des relations avec leur mentor, indique M. Salloin. Une étudiante intéressée par le graphisme a fait parvenir des esquisses de son travail à sa mentore. Celle-ci a pu lui donner ses impressions et des conseils pour poursuivre son apprentissage.

Un élève a aussi profité des connaissances de son mentor. Le jeune voulait écrire un livre. Il a envoyé des textes à son mentor, un écrivain. Ce dernier les a lus et ses commentaires ont guidé le jeune dans son travail. «Rendu là, c'est du très bon feedback. Les jeunes profitent de l'expérience des mentors pour aller plus loin», souligne M. Salloin.

M. Arseneault est très enthousiaste de participer à ce service. «C'est important de bien accompagner les jeunes; c'est stimulant de les aider. C'est comme donner au suivant. Nous avons eu des gens autour de nous qui nous ont aidés. Mais ce ne sont pas tous les jeunes qui ont cette chance. Certains n'ont pas de réseaux de contacts, sont plus isolés, sont gênés. Parler à des gens qui font un métier qui les passionne, ça leur ouvre des horizons inimaginables.»

Les jeunes de 14 à 30 ans peuvent recourir aux services d'Academos. Ils doivent visiter le site de l'organisme à www.academos.qc.ca. Notons qu'Academos, qui est financé par le gouvernement du Québec et des entreprises privées pour favoriser la persévérance scolaire, recherche aussi des mentors.

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