Vergers Paul Jodoin: le bonheur est dans le jus frais

À moyen terme, dans environ deux ans, VPJ... (photo Alain Dion)

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À moyen terme, dans environ deux ans, VPJ prévoit investir environ 10 millions$ pour moderniser et agrandir les installations d'emballage de pommes, une activité qui continue d'être prédominante dans l'entreprise.

photo Alain Dion

Marie-France Létourneau

Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est

(Saint-Jean-Baptiste) Enracinée sur le flanc nord-ouest du mont Rougemont, l'entreprise Vergers Paul Jodoin (VPJ) de Saint-Jean-Baptiste s'est développée dans l'ombre des Industries Lassonde. Mais la PME familiale a su faire sa niche avec ses jus frais commercialisés sous la marque Tradition. Et elle continue d'innover. Elle a récemment lancé des «smoothies déjeuner».

«Nous sommes dans un marché alternatif. On ne veut pas ressembler à Lassonde. Nos produits sont différents», explique Sylvain Jodoin, propriétaire de l'entreprise avec ses frères Pierre et François. Le trio d'entrepreneurs représente la quatrième génération de pomiculteurs chez les Jodoin. La PME a été fondée par leur père Paul, en 1974. Les frères ont acheté la totalité des actions de leur père, en 1987.

À l'origine, Vergers Paul Jodoin faisait principalement dans l'emballage de pommes. C'est sous l'impulsion des trois frères que la PME s'est également lancée dans la fabrication de jus. Mais pas n'importe quel jus: le jus de pomme brut. «Ça, ça goûte vraiment les pommes», lance Sylvain Jodoin. Le pari s'est toutefois révélé un peu plus ardu que prévu, car il y avait un important travail d'éducation à faire. Les Québécois connaissaient peu le jus de pomme présenté sous cette forme. «On est passés à deux doigts de tout laisser tomber», se souvient M. Jodoin.

Si VPJ rayonne aujourd'hui dans les principales chaînes d'alimentation québécoises, c'est en bonne partie à cause de la chaîne Costco. «Ce qui a fait qu'on n'a pas lâché, c'est qu'on est rentré dans les Club Price. Le succès a été instantané. Ça a donné une go», affirme Sylvain Jodoin.

Investir pour croître

Au fil des ans, d'importants investissements ont été nécessaires pour agrandir et moderniser les installations du rang Cordon afin de soutenir la croissance de l'entreprise. Le dernier en lice remonte à deux ans, alors que 5 millions$ ont été injectés pour optimiser les opérations de pressage. Ce faisant, l'entreprise a réussi à augmenter la quantité de jus tiré des pommes de 75 % à 95 %. Tous les résidus de pressage de la pomme sont séchés et commercialisés, ce qui serait une première au Québec.

VPJ commercialise une trentaine de produits sous les marques Tradition, Tradition biologique et Vision santé. Ils se déclinent sous différentes formes: jus frais, jus probiotique et oméga-3, jus naturel, jus frais biologique et jus pétillant biologique.

«L'équipe de recherche et développement travaille fort pour trouver des produits qui peuvent avoir un impact sur le marché», souligne Sylvain Jodoin. Certains fonctionnent bien, d'autres moins, comme le jus probiotique qui n'a pas connu le succès espéré. Lancés il y a deux mois, les deux saveurs de smoothies déjeuners (pêche-mangue et fruits des champs) obtiennent toutefois une bonne réponse, affirme Rémi Gagnon, directeur R-D, produits et production.

VPJ compte 65 employés à temps plein. Plus de 120 personnes s'ajoutent à cette équipe à la période des récoltes, à l'automne. Le chiffre d'affaires demeure confidentiel. Avec ses quelque 200 000 pommiers répartis sur 500 acres dans différents vergers propriétés de l'entreprise à Saint-Damase, Rougemont, Saint-Hilaire et Saint-Jean-Baptiste, Vergers Paul Jodoin est un des joueurs majeurs au Québec.

Défis à venir

Sylvain Jodoin affirme que lui et ses frères, âgés au début de la cinquantaine, ont le regard tourné vers l'avenir. Dans cette optique, ils se soucient déjà de transmettre l'entreprise à la cinquième génération de Jodoin. Quatre enfants des trois frères sont déjà actifs dans l'entreprise et ont manifesté le désir de reprendre le flambeau.

«Le défi, c'est d'installer la relève. On va chercher des conseils pour assurer un transfert en douceur. Car l'entreprise continue à grandir, à grossir. Pour les jeunes, ça devient de plus en plus inaccessible», note Sylvain Jodoin.

À moyen terme, dans environ deux ans, VPJ prévoit investir environ 10 millions$ pour moderniser et agrandir les installations d'emballage de pommes, une activité qui continue d'être prédominante dans l'entreprise. De nouvelles méthodes de tri de pommes, inspirées de ce qui a été développé en Europe, seront ainsi introduites.

Pour l'heure, le département de R-D cherche davantage à améliorer ses procédés, réduire sa consommation d'eau et son empreinte écologique, qu'à développer de nouveaux produits, affirme Rémi Gagnon.

Mais le défi de tous les jours demeure de faire de nouveaux adeptes. Les consommateurs à la recherche des produits Tradition les retrouveront dans la section fruits et légumes des supermarchés et fruiteries. «C'est un handicap parce qu'on n'est pas dans la section où on retrouve tous les jus, mais ça a l'avantage d'être un signe de fraîcheur», dit Sylvain Jodoin.

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