En 1986, Donna Messier et Nicole Breault ont ouvert une jardinerie sur la route 133 à Saint-Armand. Les affaires ont rapidement démarré. Ils livraient même leurs produits (terre, compost, pierres décoratives) chez leurs clients. De là est née l'idée d'utiliser leurs camions pour offrir un service de transport à d'autres entreprises. Leur premier client: Techo-Bloc, un fabricant de pavé uni de Saint-Hubert dont les produits étaient populaires aux États-Unis. Les deux compagnies font encore affaire aujourd'hui.
L'entreprise a beaucoup changé depuis. Aujourd'hui, elle s'appelle le Groupe Florabec, une société qui gère une compagnie de transport de 40 camions, un concessionnaire de services et de réparation Freightliner/Western Star et un fabricant de remorques à plateau. Près de 70 personnes travaillent pour l'entreprise. De la jardinerie, il ne reste que le nom.
«Ça va très bien. On ne peut pas se plaindre», lance Alain Pinard, directeur général du Groupe Florabec.
On ne semble pas en effet se tourner les pouces dans la boîte, qui a pignon sur la route 133 à quelques kilomètres du poste frontalier Saint-Armand/Philipsburg. Les camions de Florabec sillonnent quotidiennement les routes de la Nouvelle-Angleterre et du sud du Québec et son centre de services roule à pleine capacité. Le succès de ces deux divisions fait en sorte que les efforts sont maintenant concentrés à développer les affaires de Damsen, la plus récente entité du groupe.
Damsen construit des remorques à plateau. Dans le jargon des gens de l'industrie du transport, ces remorques sont appelées des flatbeds. Elles servent au transport de billots, de bois d'oeuvre, de machineries industrielles. Leurs particularités sont qu'elles sont plus basses et moins lourdes que celles offertes par la concurrence, signale M. Pinard. Elles ont entre 15 à 20 pouces de moins et sont fabriquées en aluminium, ce qui réduit substantiellement leur poids, dit-il.
Réduire les coûts
Ces différences permettent de transporter plus de marchandises, ce qui réduit les coûts des entreprises qui les utilisent, explique M. Pinard. Elles permettent aussi à leurs usagers d'y déposer des équipements de grandes dimensions. Par exemple, on peut charger sur les remorques Damsen des conteneurs plus imposants que ceux habituellement utilisés dans l'industrie du camionnage. La longueur des remorques de l'entreprise permet également de transporter deux véhicules de construction (rétrocaveuse, pelles mécaniques) à la fois. Encore ici, les économies de transport sont importantes, assure M. Pinard. «On peut transporter à peu près n'importe quoi avec ces remorques. Ça facilite beaucoup le travail du répartiteur quand le camion a fait sa livraison et qu'il cherche un voyage pour ne pas revenir vide.»
Malgré les avantages de ces remorques, elles ne pullulent pas sur les routes. La raison est qu'elles coûtent très cher, reconnaît M. Pinard. Le prix de l'aluminium est beaucoup plus élevé que celui de l'acier. Les remarques de Damsen se vendent entre 50 000$ et 125 000$, dépendamment de leurs caractéristiques et des besoins des clients en matière de produits à transporter.
Les ventes augmentent lentement. Ainsi, en 2009, l'entreprise a reçu cinq commandes pour des remorques. Puis, huit en 2010 et 18 l'année dernière. La nouvelle année a débuté doucement avec six commandes.
M. Pinard ne s'en fait pas outre mesure. Il croit aux qualités de ses produits. Aussi les efforts de l'entreprise pour faire connaître ses remorques auprès des clients potentiels, assure-t-il, finiront par rapporter des commandes. Il y a aussi le portrait plus large de la situation économique à considérer, note-t-il. Ça tourne encore au ralenti aux États-Unis, fait-il remarquer. À cet effet, l'industrie du transport routier est un bon indicateur de la santé économique chez nos voisins du sud, selon lui. «Mais ça redémarre. On voit beaucoup de camions passer ici, dit-il en montrant la 133. C'est un bon signe.»
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