Vignobles Brome-Missisquoi: pour sortir enfin de l'ombre

Vignobles Brome-Missisquoi a dans ses cartons un projet... (photo archives La Voix de l'Est)

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Vignobles Brome-Missisquoi a dans ses cartons un projet de vinothérapie, soit l'élaboration d'une ligne de produits de soins pour le corps (savons, shampoings, etc.) haut de gamme.

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Marie-France Létourneau
Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est

(Cowansville) L'industrie vinicole québécoise est appelée à sortir de l'ombre une fois pour toutes, estiment les dirigeants de Vignobles Brome-Missisquoi (VBM). L'organisme qui regroupe les 17 vignobles de la région souhaite avoir une plus grande visibilité sur les tablettes des SAQ du Québec et travaille à deux projets qui permettront de développer des produits dérivés.

L'un de ces projets est la mise sur pied d'une distillerie. Les vignerons intéressés à produire avec un alambic des vins fortifiés, inspirés par exemple de la grappa italienne, seront invités à former une coopérative, explique le président de VBM et propriétaire du vignoble le Domaine du Ridge à Saint-Armand, Denis Paradis.

Ce projet aurait l'avantage d'offrir une seconde vie aux rejets vinicoles, fait valoir le nouveau directeur général de VBM, Jean-Nicolas Dupéré. Car c'est avec les rejets, c'est-à-dire ce qu'il reste des raisins une fois que le jus en a été extrait, que les eaux-de-vie sont fabriquées.

Pour le moment, les coûts du projet sont à l'étude. Mais Vignobles Brome-Missisquoi a reçu une aide financière de 15 000$ du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation pour la réalisation d'une étude de faisabilité et de rentabilité, souligne Denis Paradis. Les vignerons seront conviés à une journée d'étude au cours de l'hiver pour cogiter sur le sujet.

L'autre projet que VBM a dans ses cartons est la vinothérapie, soit l'élaboration d'une ligne de produits de soins pour le corps (savons, shampoings, etc.) haut de gamme. Cela pourrait se réaliser dans un horizon de six mois à un an, calcule l'ex-député fédéral devenu vigneron.

Mise en marché

Si les projets ne manquent pas pour VBM, l'un de ses principaux sujets de préoccupation demeure la mise en marché des vins d'ici dans les succursales de la SAQ. «C'est le plus beau réseau de distribution, mais les ventes de vins québécois représentent moins de 1% de ses ventes totales annuelles», déplore Jean-Nicolas Dupéré.

Selon lui, le Québec aurait tout intérêt à s'inspirer de ce qui existe dans les autres provinces canadiennes qui produisent également des vins, l'Ontario en particulier. Les ventes de vins élaborés localement représentent près de 30% du chiffre d'affaires du LCBO (Liquor control board of Ontario), selon le rapport annuel de 2009-2010.

Même les produits de la jeune industrie vinicole de la Nouvelle-Écosse jouissent d'une meilleure reconnaissance, affirme le dg du regroupement des vignobles de Brome-Missisquoi qui, à eux seuls, produisent plus de 60% des vins québécois. «Au Québec, nous sommes à la traîne. Nous sommes 10 ans en arrière dans la mise en marché», estime Jean-Nicolas Dupéré.

Lui et Denis Paradis déplorent qu'il n'y ait pas d'uniformité ni de souci de mise en valeur des vins québécois dans les succursales de la SAQ.

Pas une question de goût

M. Paradis admet que les vignerons québécois doivent constamment composer avec un préjugé tenace: que leurs produits sont de qualité moindre. En pratique, cela ne se confirme pourtant pas, affirme-t-il. Et il en sait quelque chose. Son vin blanc, le Vent d'ouest, a remporté une médaille d'or lors d'une dégustation à l'aveugle qui réunissait quelque 275 amateurs. Son nectar était en compétition contre des vins de partout sur la planète.

«Quand les gens goûtent, ils sont généralement vendus. Il y a juste un pas à faire pour que plus de gens découvrent les produits. Il faut que les consommateurs y aient accès», renchérit Jean-Nicolas Dupéré.

En cette période de festivités, le président et le directeur général de Vignobles Brome-Missisquoi mettent d'ailleurs les gens au défi d'organiser, en toute simplicité, une dégustation à l'aveugle et d'y glisser un vin québécois. Les vignerons de la Belle province sauront rallier de nouveaux adeptes, ils en sont convaincus.

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