Une plongée dans le quotidien des itinérants

La Nuit des sans-abri de Granby a attiré... (Catherine Trudeau, La Voix de l'Est)

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La Nuit des sans-abri de Granby a attiré 370 personnes.

Catherine Trudeau, La Voix de l'Est

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(Granby) Les deux Nuits des sans-abri de la région, qui se sont déroulées sous la pluie, ont permis à 410 personnes de se mettre dans la peau de quelqu'un en situation d'itinérance.

«La qualité de la soirée à Granby a été incroyable, affirme un des organisateurs et coordonnateur au Groupe actions solutions pauvreté (GASP), Nicolas Luppens. Quand il pleut lors de l'activité, il y a évidemment moins de visiteurs, mais cela permet de développer concrètement de la compassion pour une frange de la population qui vit dans des conditions précaires, souvent intenables, et qui est confrontée à vivre dehors au quotidien. Par leur présence, tous les visiteurs ont démontré leur solidarité envers les sans-abri.»

Trois cent soixante-dix personnes ont participé à l'activité à Granby, qui en était à sa 13e édition, tandis que 40 ont pris part à la 4e Nuit des sans-abri de Waterloo.

À la place du Centenaire à Waterloo, la soirée a débuté avec une marche aux lampions sous la pluie dans les rues du centre-ville avant de laisser place à des prestations musicales, puis à la lecture de messages d'espoir.

Florent Vollant, qui donnait un spectacle à la Maison de la Culture, est allé faire un tour et a interprété une chanson en solidarité avec les autochtones qui, proportionnellement, sont très nombreux à se retrouver à la rue. Hubert Fréchette, Annick Lamy, Esther Laframboise et André Stratford ont également charmé le public par leurs chansons. Une soupe populaire a été servie vers 22 h. Des vêtements chauds ont été distribués gratuitement dans l'entrée du sous-sol de l'église Saint-Bernardin.

«La pluie a été un frein pour rassembler la population. Par contre, l'activité a réuni beaucoup de gens qui vivent ou ont vécu en situation d'itinérance. La soirée a été très riche en échanges et en lecture de messages d'espoir», relate dans un communiqué Annick Lamy, coordonnatrice de l'activité à Waterloo.

Messages d'espoir à Granby

La lecture de messages d'espoir a d'ailleurs été un moment fort à Granby, où l'activité se déroulait sur le terrain de l'église Notre-Dame, indique Nicolas Luppens. «On a pu entendre d'excellents témoignages», lance-t-il.

Deux étudiants en technique d'éducation spécialisée du Cégep de Granby ont recueilli les propos de personnes s'étant retrouvées à la rue. «Les gens ont pu exprimer leurs préoccupations. On s'est rendu compte que plusieurs ont dû se déraciner de Granby pour trouver des services adaptés à leur situation, tel que l'hébergement d'urgence. Le logement social et le travail de rue sont jugés nettement insuffisants dans notre région par les répondants», explique M. Luppens.

«On a aussi fait réaliser à plusieurs qu'avoir un chez-soi était un bonheur que certain prennent pour acquis, alors que ça peut arriver à tout le monde de se retrouver à la rue. Il faisait froid, les gens avaient hâte d'être au chaud et de prendre une douche. Ça a permis de mettre en lumière le peu d'endroits où peuvent se réfugier les personnes itinérantes quand il pleut, quand il neige ou qu'il fait froid», conclut M. Luppens.

L'omelette géante a attiré tout un lot de familles. Par la suite, des prestations artistiques ont pris place avec les Rue Bambelles (Amélie D. Foster et Phanie Martin), Steve Lemieux et Karine Lussier. Plusieurs élus, tels que François Bonnardel, député provincial de Granby, Pierre Breton, député fédéral de Shefford et Robert Riel, conseiller municipal de Granby, ont manifesté leurs préoccupations face aux sans-abri en se mêlant à la foule.

Quarante Nuits des sans-abri ont eu lieu cette année à travers le Québec, un record.

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