Quand le passé resurgit

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L'histoire refait surface ces jours-ci. Le tablier d'un pont qui permettait jadis au chemin Brosseau de traverser la rivière Yamaska Nord est nettement perceptible à partir de la rampe de mise à l'eau du parc national de la Yamaska, a constaté La Voix de l'Est.

Janick Marois, La Voix de l'Est

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Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est

(Granby) L'histoire refait surface ces jours-ci au réservoir Choinière à Roxton Pond, alors que le niveau d'eau est au plus bas. Le tablier d'un pont qui permettait jadis au chemin Brosseau de traverser la rivière Yamaska Nord est nettement visible à partir de la rampe de mise à l'eau du parc national de la Yamaska, a constaté La Voix de l'Est.

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D'autres signes de l'occupation humaine du territoire se laissent aussi découvrir sur la grève dénudée du réservoir Choinière, tels des morceaux de métal et de chaînes rouillées, de petits éclats de vaisselle et des vieilles briques, démontre le responsable du service de la conservation et de l'éducation au parc, Alain Mochon.

Janick Marois, La Voix de l'Est

«C'est rarissime. C'est la quatrième fois depuis l'aménagement du réservoir en 1977 que la structure du pont émerge. C'est arrivé en 1980, en 2000, en 2012 et là, en 2016», a expliqué le responsable du service de la conservation et de l'éducation au parc, Alain Mochon.

Déjà, à la mi-août, le niveau du réservoir laissait présager l'apparition du pont. À ce moment, le niveau de l'eau était de 140,85 mètres, selon les données du Centre d'expertise hydrique du Québec.

Cette semaine, il a atteint 139,86 mètres, rapporte M. Mochon, alors que, selon lui, la ligne des hautes eaux est de 143,25 mètres. «Ça veut dire qu'il y a presque 3,5 mètres de différence entre la crue et l'étiage. C'est beaucoup», lance-t-il.

Une situation qui est suivie de près par les responsables des usines de traitement d'eau à Granby. Le réservoir a été aménagé dans les années 1970 pour sécuriser l'approvisionnement en eau potable de la Ville.

«Nous sommes toujours en communication avec les gens du Centre d'expertise hydrique du Québec, mais encore plus depuis les derniers jours», a confirmé jeudi le directeur des services techniques à la Ville, Gabriel Bruneau.

Impacts

Selon lui, le niveau d'eau du lac Boivin est actuellement un peu plus bas qu'à l'habitude. Le débit d'eau «qui est libéré dans la rivière» est aussi un peu plus faible. Mais cela n'a aucun impact sur la capacité d'approvisionnement en eau de la Ville, assure M. Bruneau.

Selon le directeur des services techniques, la situation n'a, pour l'heure, rien d'inquiétante, d'autant plus «qu'on entre dans une période de l'année où les précipitations devraient aller en augmentant». «Et c'est le cas dans les prochains jours», relève Gabriel Bruneau en faisant référence à la météo pluvieuse annoncée.

Pour Alain Mochon, cela démontre que le réservoir Choinière «fait sa job». «La Ville n'a pas eu de problèmes d'approvisionnement d'eau», se réjouit-il.

Cela n'a toutefois pas toujours été le cas dans l'histoire de la Ville. Dans les années 1950 à 1970, donc avant l'aménagement du barrage-réservoir, Granby a connu plusieurs épisodes de pénuries saisonnières, rappelle le responsable du service de la conservation et de l'éducation au parc national de la Yamaska.

Occupation humaine

Ces jours-ci, il n'y a d'ailleurs pas que la structure du pont qui rappelle l'histoire du secteur, d'autres témoins du passé se laissent aussi découvrir sur la grève dénudée du réservoir. Morceaux de métal et de chaînes rouillées, vieux clous, petits éclats de vaisselle, vieilles briques et même un bout de sabot à cheval ont été retrouvés par Alain Mochon.

«Ça rappelle l'occupation humaine du territoire», dit-il. Mais, contrairement à ce que d'aucuns croient, il n'y a pas de village sous l'eau, lance-t-il en souriant.

L'âge d'or du hameau de Savage Mills, établi en bordure de la rivière Yamaska Nord, se situe autour de 1870-1880, note Alain Mochon. Le secteur comptait alors quatre moulins à scie. Mais un incendie a détruit trois de ces moulins en 1895. «Ça a sonné le glas de Savage Mills. La communauté a déserté par la suite», dit-il.

Le vieux pont du chemin Brosseau (qui aurait aussi autrefois porté le nom de chemin Gatien), visible ces jours-ci, enjambe d'ailleurs le «lit original» de la rivière Yamaska, rapporte M. Mochon. Selon lui, les maisons et bâtiments qui étaient sur place lors de l'aménagement du réservoir Choinière ont été déménagés et les dépendances, brûlées ou démolies.

À l'époque, le chantier, le plus gros de l'histoire de la Haute-Yamaska, a d'ailleurs été surnommé la petite Manic-3, selon une capsule de la Société d'histoire de la Haute-Yamaska. Quelque 80 propriétés ont dû être acquises, sur une superficie de 14,2 kilomètres carrés, pour permettre la construction du barrage, aménagé au coût de 10 millions$ et financé par les gouvernements provincial et fédéral.

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