Poux: un protocole inadéquat, selon des parents

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C'est seulement lorsque quatre cas de poux sont rapportés au sein de la même classe que l'école communique avec les parents. Avant juillet 2012, ce protocole se mettait en branle dès le premier cas de poux reconnu.

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Jérôme Savary
La Voix de l'Est

(Granby) «La semaine passée, c'était la panique générale au service de garde! Beaucoup d'élèves ont des poux à l'école», raconte un parent dont l'enfant va à l'école des Bâtisseurs, à Granby.

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La commission scolaire du Val-des-Cerfs précise que cinq cas ont été signalés par les parents à l'école des Bâtisseurs, soit 1,1 % des élèves, ce qui est tout à fait normal.

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La commission scolaire du Val-des-Cerfs précise que cinq cas ont été signalés par les parents, soit 1,1% des élèves, ce qui est tout à fait normal. Plusieurs parents de l'école ont toutefois contacté La Voix de l'Est, fâchés de ne pas avoir été prévenus par l'établissement. Selon eux, le protocole de gestion des poux de l'école est trop laxiste.

D'après l'un des parents nous ayant contactés, qui préfère garder l'anonymat, les enfants de sa rue vont tous à l'école des Bâtisseurs, et «il y a six cas [d'enfants avec des poux] dans la rue. Les enfants sont des élèves de maternelle, de 3e, 4e et 5e années».

Aucun parent n'a été informé de ces cas de poux - excepté au service de garde pour les familles touchées -, ce qui en dérange certains. Ceux-ci déplorent d'être informés seulement lorsque quatre enfants d'une même classe sont touchés.

Rien d'anormal

Sollicitée par La Voix de l'Est, la direction de la commission scolaire du Val-des-Cerfs a d'abord tenu à rassurer les parents. «Nous sommes en contact avec l'école, et il n'y a rien d'anormal à avoir des cas de pédiculose [poux], qui représentent moins de 10% des élèves, en tout temps, à l'école», souligne Isabelle Charest, responsable des communications du Val-des-Cerfs.

Le document de santé publique émis par le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec, intitulé «Lignes directrices pour le contrôle de la pédiculose du cuir chevelu dans les écoles et les services de garde éducatifs à l'enfance» (juillet 2012), explique le protocole qui est en vigueur depuis la rentrée scolaire 2012-2013.

« (...) Dans une salle de classe du primaire (maximum 25 élèves), il serait "habituel" d'observer jusqu'à 2 cas d'infestation par des poux de tête. Tout dépassement du double de cette valeur (plus de 4 cas par classe) pourrait être un indicateur d'éclosion de pédiculose».

C'est seulement à ce moment que l'école communique alors avec les parents de la classe. Avant juillet 2012, ce protocole se mettait en branle dès le premier cas de poux reconnu.

Le document de santé publique confirme que la prévalence de l'infestation de poux devrait se situer en deçà de 10%. Au-dessus de ce nombre, on parle alors d'une «éclosion de pédiculose».

«Quand une éclosion de pédiculose se produit, le contrôle vise à ramener la prévalence de l'infestation sous ce seuil [10%]», lit-on encore dans le document produit par le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec.

Un protocole mal compris

«C'est bien beau traiter nos enfants, mais à un moment c'est une roue qui tourne, et [si les cas ne sont pas traités], ça finit pas», estime l'un des parents contactés par La Voix de l'Est.

La victime est toute trouvée: le protocole adopté par l'école il y a quatre ans. Celui-ci empêche la bonne communication de l'information, indique-t-il, alors que deux de ses enfants sont rentrés récemment de l'école avec des poux.

«Avant, dès qu'un élève était touché, l'école communiquait avec les parents, rappelle-t-il. Là, c'est zéro communication. Ils sont passés d'un extrême à l'autre. C'est un peu rigide, mettons. Il y a peut-être un entre-deux [qui pourrait être trouvé]».

Une infirmière scolaire qui connaît bien les écoles du territoire couvert par Val-des-Cerfs fait cependant valoir que le protocole a été modifié pour le mieux.

«Quand on informe les parents trop rapidement, ça amène d'autres problématiques, dit-elle. Quand ils apprennent qu'il y a un cas de poux dans la classe, certains d'entre eux ne veulent pas prendre de chance et préfèrent traiter la tête de leur enfant avec un insecticide. Les spécialistes en santé publique ont déterminé que cette façon de faire [de l'ancien protocole] pouvait entraîner des risques d'intoxication et augmenter la résistance à un futur traitement insecticide en cas de réelle présence de poux.»

Selon cette infirmière qui oeuvre dans le milieu scolaire depuis de nombreuses années, il est exceptionnel que tous les parents d'une école soient informés simultanément de la présence de poux. En général, l'école communique seulement avec les parents des classes concernées, ainsi qu'avec le service de garde lorsque les intervenants de santé publique le jugent nécessaire.

Rappelons que tous les parents ayant un enfant dans une école de la commission scolaire du Val-des-Cerfs ont reçu un courrier en début d'année, leur rappelant l'importance de vérifier les cheveux de leur enfant, et ce, une fois par semaine.

Si le parent voit des lentes ou des poux, il est important d'appeler l'école pour le signaler afin de limiter l'infestation, rappelle la santé publique.

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