«C'était la pire erreur de ma vie»

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Le camion conduit par l'accusé avait fait plusieurs tonneaux avant de terminer sa course sur le toit.

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Pascal Faucher
La Voix de l'Est

(Granby) «C'est très regrettable et je ne peux rien dire d'autre que je m'excuse.»

Le conducteur du camion dans lequel Gabriel Côté, 22 ans, a perdu la vie lors d'une embardée à Sainte-Sabine en 2011 s'est adressé à la cour, jeudi, au palais de justice de Granby. Quelques minutes plus tôt, Éric Cartier Portugais, 30 ans, avait plaidé coupable à l'accusation de conduite avec les facultés affaiblies causant la mort.

«J'aimerais offrir mes plus profondes condoléances à la famille, aux proches et à tous les gens touchés par ce que j'ai fait», a indiqué le Farnhamien avant de prendre le chemin de la détention. «C'était la pire erreur de ma vie.»

Technicien en recalculation électrostatique, M. Cartier Portugais a expliqué l'accident en disant que c'était «un mélange de fatigue et d'alcool». Il n'avait pas bu énormément, mais la nuit était très avancée quand il a accepté de reconduire la victime, une connaissance qu'il avait connue lors de ses études professionnelles.

Il s'est endormi au volant dans une courbe du chemin Kempt peu après 4 h du matin. Son camion, qui roulait à une vitesse normale, a heurté l'accotement et a fait plusieurs tonneaux avant de terminer sa course sur le toit, dans un fossé.

L'accusé a pu s'extirper de son pick-up, mais pas son passager. Une passante a tenté des manoeuvres de réanimation, mais sans succès. «On n'est pas dans un tableau qu'on voit souvent, où les faits sont moins favorables», a dit l'avocat de M. Cartier Portugais, Me Roger Paquin.

Au bas de l'échelle

Pour la Couronne, Me André Campagna a reconnu que la suggestion commune de 18 mois de prison était «au bas de l'échelle» des sentences pour ce type de crime, mais qu'elle s'appliquait dans les circonstances. Il a souligné que l'accusé n'avait pas d'antécédent criminel ou de problème de dépendance.

«C'était une première fois, mais une première fois dramatique. Un enfant, ça ne se remplace pas.» C'est aussi la victime qui a insisté, au bar, pour embarquer avec l'accusé. «Compte tenu des faits particuliers, le Code criminel nous enjoint à donner la peine la moins privative de liberté.»

M. Cartier Portugais a déjà «amorcé une réflexion» sur l'alcool au volant, a ajouté Me Campagna, et «sa période de détention lui permettra d'y réfléchir encore plus».

Le juge Érick Vanchestein, de la Cour du Québec, a accepté la suggestion des avocats. «Aucune peine ne peut combler la perte d'un être cher, dans ce cas-ci un fils unique pour ses parents, a dit le magistrat. Ils devront apprendre à vivre avec le vide.» La peine sera suivie d'une interdiction de conduire de 30 mois.

Soulagement

Les parents de Gabriel Côté se sont dits soulagés à leur sortie de la salle d'audience. «Ça fait cinq ans que ça dure. Je suis content que ça soit terminé», a dit Robert Côté, de Saint-Armand.

Il a qualifié la sentence d'«équilibrée». «Il (NB: l'accusé) n'était pas un criminel. La loi est faite comme ça et la loi a été respectée... Si ça peut aider d'autres gens à respecter la loi, tant mieux.»

Du côté de la famille de l'accusé, un proche d'Éric Cartier Portugais, qui ne s'est pas identifié, s'est contenté de dire «c'est une bad luck qu'il (NDLR: l'accusé) a eue».

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