«Je ne l'aurais jamais soupçonné»

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La vétérinaire Anne-Marie Chassé a fait visiter les décombres de sa clinique à La Voix de l'Est.

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(Granby) «Il y a un peu de moi dans toute cette bâtisse-là... Ici, tu vois ce mur de briques? Je les avais toutes choisies et placées soigneusement, une à une.»

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La clinique vétérinaire de la rue Laval Nord serait vraisemblablement une perte totale.

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Anne-Marie Chassé nous raconte comment elle a vécu l'incendie de sa clinique vétérinaire.

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Anne-Marie Chassé regarde le travail de ces 20 dernières années tristement. En l'espace d'une nuit, la semaine dernière, tout est parti en fumée.

Après avoir absorbé ce choc, un deuxième, plus gros, attendait la vétérinaire. C'est son ex-conjoint qui aurait mis le feu à la clinique.

«C'est juste quand les policiers m'ont confirmé que c'était lui qui allait être accusé que j'ai compris. Je ne l'aurais jamais soupçonné, il est trop gentil, honnête. Les clients l'aimaient et il était valorisé ici. J'ai encore de la difficulté à le croire aujourd'hui», s'est désolée Mme Chassé, dans une entrevue accordée samedi à La Voix de l'Est aux abords de sa clinique vétérinaire, vraisemblablement une perte totale.

Il y a 20 ans, Anne-Marie Chassé et son conjoint, dont nous tairons l'identité pour le moment puisqu'il n'a pas encore comparu au palais de justice (il a reçu une promesse à comparaître le 31 octobre prochain), ont démarré la clinique vétérinaire.

Retrouvailles il y a quelques semaines

Après s'être quittés il y a 10 ans, ils se sont retrouvés il y a quelques semaines. Ils n'ont jamais divorcé, à cause du coût du processus. «Nous n'étions pas un couple, précise la Dre Chassé. J'avais surtout retrouvé un ami. [...] Il a perdu son emploi comme préposé à Chambly il y a deux mois et je lui ai loué mon sous-sol. Par la suite, je lui ai donné des heures à la clinique car j'avais des besoins au niveau du remplacement.»

C'est seulement lors du retour de vacances d'Anne-Marie Chassé, en début de semaine, qu'ils auraient travaillé ensemble. Une divergence d'opinions est survenue entre les deux, qu'ils ont finalement réglée de retour à la maison. «On s'était pourtant réconcilié... Je ne comprends pas», se questionne la dame. C'est la nuit suivante que l'incendie a eu lieu.

«Lorsque les policiers sont venus me réveiller à 3 h du matin, j'étais en panique et en état de choc, je ne réalisais pas ce qui se produisait. Les genoux m'ont lâché. Je sanglotais sur le bord de la rue, impuissante», raconte la vétérinaire.

Vers 7 h, elle a commencé à se demander où était son ex-conjoint, qu'elle n'arrivait pas à joindre. «Vers 8 h, j'ai demandé aux policiers s'ils savaient où il était. Ils ne pouvaient rien me dire», continue-t-elle.

C'est finalement un enquêteur qui l'a informée qu'il était en rencontre avec des policiers. «J'ai débarqué au poste en demandant à le voir. On me dit alors qu'il est en cellule, qu'il a été intercepté à Beloeil. C'est à ce moment que je comprends tout et que tout s'écroule», se remémore difficilement Anne-Marie Chassé.

Lui a-t-elle reparlé depuis l'événement?

«Non... et c'est peut-être mieux ainsi. Je vais attendre la comparution. Peut-être qu'à ce moment, je vais obtenir une réponse au tas de questions que je me pose», dit-elle, d'un ton triste.

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Rebâtir une nouvelle clinique ou louer un nouveau local ? Anne-Marie Chassé soupèse présentement ses options, mais préfère y aller une étape à la fois et ne pas se presser, pour prendre une décision éclairée.

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«Cette clinique-là, c'est mon bébé»

Peu à peu, Anne-Marie Chassé se remet du drame qui s'est joué dans la nuit de mardi à mercredi. Mais si elle souhaite se tourner vers l'avenir pour aller de l'avant, elle avoue ne pas en avoir encore la force présentement.

«Je suis tellement épuisée, laisse-t-elle tomber. Je n'ai pas mangé pendant deux jours et c'est seulement depuis vendredi que j'ai recommencé à vivre. Je suis une fille de projets et présentement je suis paralysée, je ne sais pas trop où je m'en vais.»

Elle remercie d'ailleurs sa famille et ses amis de l'avoir épaulée dans cette épreuve.

De toute évidence, la vétérinaire possède un énorme attachement à sa clinique. «Écoute, je n'ai pas d'enfant. Cette clinique-là, c'est mon bébé que j'élève depuis 20 ans. J'ai passé ma vie sur ce projet. C'est un véritable cauchemar que je vis présentement.»

Ayant lu sur Internet quelques commentaires qui l'impliquaient dans l'affaire, Anne-Marie Chassé se défend avec véhémence. «Je ne suis pas du tout mêlée à ça, lance-t-elle. Je suis une victime et les gens me prêtent des intentions malfaisantes...»

«Honnêtement, au niveau des assurances, je ne sais pas comment ça va se dérouler. J'ai vécu un dégât d'eau il y a six ans et ça avait été compliqué. Ça risque d'être un long processus», ajoute-t-elle.

Rebâtir une nouvelle clinique ou louer un nouveau local? La dame soupèse présentement ses options, mais préfère y aller une étape à la fois et ne pas se presser, pour prendre une décision éclairée.

Soutien de la communauté vétérinaire

Un baume sur son coeur: une vétérinaire de Bromont lui a proposé d'aller poursuivre son oeuvre des Chatinérants dans sa clinique. D'autres lui ont écrit pour lui apporter leur soutien.

«J'ai tellement trouvé ça gentil de sa part! C'est certain que j'aimerais continuer mon travail avec les chats errants en attendant que tout se replace pour moi», affirme la vétérinaire, d'un ton déterminé.

La clinique vétérinaire est connue pour son engagement en la matière. La Ville de Granby avait décidé de mettre en oeuvre un programme de capture, de stérilisation et de relâche de ces petits félins, en juillet. Le contrat avait été accordé à la vétérinaire Chassé. «On est en mode solution pour poursuivre le contrat, si jamais il y a d'autres cliniques qui souhaitent nous aider», fait-elle savoir.

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