Les employés d'Aliments Ultima disent oui à 98%

Les employés syndiqués des Aliments Ultima, à Granby,... (Catherine Trudeau, La Voix de l'Est)

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Les employés syndiqués des Aliments Ultima, à Granby, ont pris le temps de serrer la main des membres de l'exécutif syndical et de Michel Trépanier, conseiller syndical, après un vote favorable à la nouvelle convention collective dans une proportion de 98 %, vendredi.

Catherine Trudeau, La Voix de l'Est

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Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Granby) C'est à travers des cris de joie que le président du syndicat des employés des Aliments Ultima, à Granby, a annoncé les résultats du vote pour la nouvelle convention collective. À la demande de l'employeur, le syndicat avait finalement accepté de rouvrir la convention collective, qui se terminait en mars 2017. La nouvelle entente a été approuvée par98 % des membres présents.

Réunis en assemblée vendredi, 195 des 272 employés syndiqués ont écouté avec attention l'énumération des détails de la nouvelle convention collective. À certaines occasions, souligne le conseiller syndical de la Fédération du commerce de la CSN, Michel Trépanier, les membres ont applaudi les améliorations apportées.

Ils sont ensuite passés au vote. Seulement trois personnes se sont opposées.

«Je pense que les gens sont très contents, commente Martin Delage, président du syndicat. Je ne me souviens pas d'avoir vu un vote de même à 98 % pour une convention collective. En tout cas, chez Ultima, je pense que ce n'est jamais arrivé.»

La Voix de l'Est a pu assister au dévoilement des résultats et aux réactions des syndiqués. Euphoriques, ils n'ont pas été longs à se lever pour applaudir, crier ou siffler. Le travail de l'exécutif syndical a par ailleurs été salué. Une employée s'est même mise à chanter au micro, après que ses collègues se soient massés à la table pour serrer la main des membres de l'exécutif, tellement la joie et le soulagement étaient grands.

Il aura fallu huit séances de négociation réparties sur trois semaines pour arriver à cette entente. «J'ai été surpris par les deux parties qu'on en vienne à une entente aussi rapidement. En 2013, ça avait pris 36 séances de négociations sur neuf mois. Là, on fait ça sur trois semaines, huit rencontres, on améliore nos conditions et le boss va chercher ce qu'il voulait», souligne M. Delage.

30 bonifications pour les syndiqués

Cette fois, on ne parle pas de sabrer les salaires, comme l'avait dénoncé M. Delage en décembre 2015 alors qu'Aliments Ultima avait demandé une première fois l'ouverture de la convention collective. En effet, les salaires augmentent d'un peu plus de 15 % sur sept ans. Quant au régime de retraite, salariés et employeur auront à augmenter leur contribution de 1,25 %.

Le syndicat avait pour mandat de protéger l'emploi et les conditions de travail. Des clauses ont été changées de sorte qu'elles protègent les emplois. Par exemple, «il y avait une clause dans la convention qui disait que tu avais droit à une prime de départ d'une semaine par année de service s'il y avait un changement technologique et que tu te ramassais en mise à pied, explique Michel Trépanier. Mais il y avait un plafond de 26 semaines. Le plafond a sauté. Ce n'est pas anodin. Même chose si l'usine ou un département ferme. L'employeur a accepté de faire sauter ce plafond-là. Ça veut dire quelque chose s'il est prêt à donner des garanties de plus.»

Ce sont des clauses qui ont en effet rassuré les employés sur l'avenir de l'entreprise spécialisée dans la production de yogourt, d'autant plus que la compagnie s'engage dans un contrat de sept ans.

M. Trépanier a compté au moins 30 bonifications pour les syndiqués dans la nouvelle entente de travail. Les parents seront heureux de pouvoir fractionner leurs congés pour responsabilités familiales lorsqu'il suffit de s'absenter quelques heures pour un rendez-vous médical. Il est maintenant possible de planifier ces congés, ce qui permettra à l'employeur de trouver un remplaçant par le fait même.

S'il y a une clause qui a été applaudie, il s'agit bien de celle concernant la banque de temps supplémentaire. Les employés pourront désormais cumuler jusqu'à 80 heures, plutôt que 40 heures, dans leur banque de temps, ce qui permettra aux plus jeunes de s'offrir plus de vacances que les deux semaines de base.

Travailler en collaboration

L'employeur voulait une convention collective de sept ans, ce qu'il a obtenu. Cette période lui permettra de se concentrer sur la compétition et lui assurera une «paix industrielle», souligne Martin Delage.

La formation d'un comité d'organisation du travail a aussi été incluse dans la convention collective. Le syndicat discutera avec l'employeur dans les prochaines semaines pour en déterminer le fonctionnement. «Ce qu'on vise, c'est de voir comment on peut faire des économies pour avoir de meilleurs prix, être plus efficace quant au délai de livraison et, pour ça, on va analyser département par département toutes les problématiques», évoque le conseiller syndical.

«Quand tu améliores tes méthodes de travail et le rendement que tu es capable de donner, si les deux parties collaborent ça ne peut donner qu'une solution gagnante au bout de la ligne, renchérit le président du syndicat. Ça fait des années qu'il y a une petite guerre interne entre le syndicat et l'employeur. Si tout le monde collabore, tu es bien plus équipé pour affronter tes compétiteurs.»

Meilleur climat

Il faut dire que le climat a bien changé depuis décembre, alors que la tension était palpable entre la direction des Aliments Ultima et les employés. Depuis l'arrivée de la nouvelle vice-présidente aux ressources humaines, il y a un vent de renouveau, observe Martin Delage.

Quelques employés ont pris le temps de commenter au journal le dénouement de la négociation.

«L'important c'est que le climat va probablement changer et s'améliorer», confie Mélanie Gingras.

«On est content que ce soit sorti fort comme résultat, ajoute son collègue Martin Dalpé. On avait des inquiétudes à savoir ce qui allait se passer avec nous. Avec un vote comme ça et la belle convention qu'on a sur la table... Sept ans à avoir l'esprit tranquille, c'est très important.»

 «La convention collective n'a jamais été aussi belle que ça!, lance Dominic Fontaine avant de quitter la salle où les discussions ont été menées pendant quelques heures. Tour le monde est bien satisfait.»

«Je suis très contente, je suis satisfaite de l'entente, l'exécutif a vraiment très bien travaillé, exprime Josée Gaudreault, heureuse d'être rassurée sur son avenir. Les nerfs vont lâcher dans les semaines à venir.»

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