Grève de dialyse pour des soins : Bonnardel pilotera une pétition

Le député caquiste de Granby, François Bonnardel, approuvera... (Archives La Voix de l'Est)

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Le député caquiste de Granby, François Bonnardel, approuvera le dépôt d'une pétition à l'Assemblée nationale pour que la cause de M. Gibeault soit entendue.

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Marie-Élise Faucher
La Voix de l'Est

(Granby) Si l'appel lancé par Cyrille Gibeault Junior - ce Granbyen souffrant d'insuffisance rénale qui a entrepris une grève de sa dialyse - n'a toujours pas suscité de réaction du ministre Gaétan Barrette, il a trouvé écho auprès de François Bonnardel. Le député de Granby déposera une pétition à l'Assemblée nationale pour appuyer la revendication de l'homme de 41 ans.

Cyrille Gibeault, de Granby, a entrepris un grève... (Alain Dion, La Voix de l'Est) - image 1.0

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Cyrille Gibeault, de Granby, a entrepris un grève de ses traitements d'hémodialyse dans le but de faire réagir le ministre Barrette sur la question de l'accessibilité des soins en région, qui touche son père.

Alain Dion, La Voix de l'Est

Cyrille Gibeault Junior a pris la décision de cesser ses traitements d'hémodialyse tant et aussi longtemps que le ministre de la Santé ne réagirait à la situation vécue par son père (NDLR: détaillée dans notre édition de mardi), ce Gaspésien qui doit parcourir 700 km chaque semaine pour subir ses traitements d'hémodialyse à Rimouski. L'hôpital de Sainte-Anne-des-Monts, où le sexagénaire demeure, n'offre pas ce service.

«C'est inconcevable! La vie d'une personne est plus importante que le coût d'installation pour offrir les services de dialyse en région», a affirmé en entrevue téléphonique François Bonnardel.

En sautant son traitement de filtrage du sang prévu mercredi, Cyrille Gibeault Junior risque effectivement d'aggraver son état de santé de façon critique. La grève d'hémodialyse entraînera l'accumulation de déchets toxiques dans l'organisme de l'homme, dont les reins ne fonctionnent qu'à 5% de leur capacité. S'ensuivront des problèmes cardiaques.

Par sa démarche, le gréviste court même le risque de voir son nom repoussé sur la liste d'attente pour obtenir une greffe de reins. «On a un cas extrêmement triste et extrêmement grave, on ne peut pas répondre à ça dans 3 semaines», clame M. Bonnardel.

Le député caquiste accuse le ministre Barrette de «se cacher derrière son attachée de presse» en ne donnant pas de réponse de vive voix. Et il entend mettre de la pression sur ce dernier.

«Je lui poserais la question, "Monsieur Barrette, si c'était votre papa, est-ce que vous accepteriez ça " ?», lance le député de Granby.

Pétition à l'Assemblée nationale

Une pétition sera mise en place mercredi sur le site de l'Assemblée nationale pour que la cause de Cyrille Gibeault fils soit entendue. François Bonnardel en approuvera par la suite le dépôt officiel, lorsque le nombre de signatures recueillies sera satisfaisant.

«Ce n'est certainement pas le seul cas qu'on peut avoir au Québec», fait valoir le député de Granby. Il somme le ministre de la Santé d'agir.

«M. Barrette disait en 2006, quand il était président de la Fédération des médecins spécialistes, qu'un patient ne devrait pas faire plus 300 km pour se rendre à des traitements. (...) Ça n'a aucun sens que notre système de santé nous coûte si cher et qu'on ne soit pas capables de répondre de ces aberrations», affirme M. Bonnardel. Le député espère que le dossier sera discuté au conseil des ministres, mercredi.

Des spécialistes en région, souhaite Bonnardel 

Cyrille Gibeault père avait envisagé l'option d'une dialyse à domicile, mais il était sur une liste d'attente d'un an pour obtenir la formation nécessaire au bon fonctionnement de l'appareil. Une situation «impensable dans une société moderne comme la nôtre», dénonce le député caquiste.

Les personnes souffrant d'insuffisance rénale qui doivent se déplacer sont admissibles à un remboursement de 60% de leurs frais encourus. C'est loin d'être suffisant, martelait lundi Cyrille Gibeault fils, en entrevue avec La Voix de l'Est.

«Je suis sûr à 100% que c'est moins cher de déplacer les spécialistes», avançait ce dernier. «Juste ce montant-là (la somme que Québec rembourse aux dialysés), on le prendrait puis ça paie 10 fois le billet d'avion du néphrologue une fois par semaine», était prêt à jurer le Granbyen.

«Il y a certainement des pistes de solutions», soutient François Bonnardel, n'écartant pas celle des visites de spécialistes dans les régions n'offrant pas le service de dialyse.

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