Drame du parc Miner: quelques centaines de proches se rassemblent

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La propriétaire de l'école de danses latines Madessimo, Nancy Madison, est l'instigatrice de la marche en soutien aux victimes de la tragédie du parc Miner.

Alain Dion, La Voix de l'Est

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Marie-Élise Faucher
La Voix de l'Est

(Granby) Entre 100 et 200 personnes ont pris part, vendredi soir, à la marche en soutien aux victimes du drame du parc Miner. Des proches des victimes et des danseurs de l'école Madessimo, pour la plupart, venus par solidarité pour leurs amis blessés lors de la soirée dansante du 15 juillet dernier. L'émotion était au rendez-vous, rue Principale.

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Au parc Miner, les marcheurs ont déposé leur lampion sur la souche de l'arbre responsable du drame, dans un geste symbolique.

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«Je trouve ça tellement beau puis je trouve ça tellement dur en même temps. Je trouve la vie tellement injuste, mais de vous voir rassemblés ici ce soir, je me dis qu'il y a de l'espoir à quelque part», a lancé au porte-voix la propriétaire de l'école de danses latines Madessimo et organisatrice de la marche, Nancy Madison, avant le départ.

«Je sais qu'il y en a qui ont peur d'entrer dans le parc (Miner), mais il faut passer par-dessus, OK? On va se tenir par la main et on va essayer de perdre toutes nos craintes», a-t-elle ajouté avec émotion. L'organisatrice a demandé à ce que la marche se déroule dans le plus grand silence possible.

Accompagné par les patrouilleurs de la sûreté municipale, le rassemblement citoyen s'est mis en branle à 21 h, partant du stationnement de l'hôtel de ville. Toutes les personnes interpellées par La Voix de l'Est sur place avaient en main un lampion et avaient fait un don. Certaines avaient donné jusqu'à 200$.

Au parc Miner, dans un geste symbolique, les marcheurs ont déposé leur lampion sur la souche de l'arbre qui s'était abattu sur le chapiteau.

Témoignages

«Cette soirée-là, je suis arrivé 20 minutes après (la chute de l'arbre). C'était un cauchemar», raconte Éric Desjardins, qui danse aussi chez Madessimo. Il s'estime chanceux et trouvait important de participer à la marche. Même motivation chez Dominic Constant et Johanne Foisy, qui rappellent à quel point les danseurs de salsa sont une communauté qui se tient.

Croisée sur place, Francine Demers fait partie des victimes du parc Miner. «Je suis là pour les personnes les plus blessées. Dans mon cas, ça se répare et dans peut-être deux mois, je vais aller travailler. C'est vraiment pour les personnes qui sont plus dans le besoin», mentionne-t-elle. Le 15 juillet, elle a eu la clavicule cassée, deux vertèbres écrasées et une commotion cérébrale.

Se déplaçant en fauteuil roulant depuis la tragédie, Denis Robichaud anticipait pour sa part l'arrivée au parc Miner. «J'y suis allé mardi, donc c'est sûr que j'ai fait le premier pas. Il va peut-être y avoir d'autres émotions», a-t-il laissé tomber.

Recours intentés

De nombreux danseurs blessés sont dans l'incapacité de travailler à l'heure actuelle, et deux d'entre eux sont toujours hospitalisés. L'un des blessés graves a tenu à remercier les marcheurs en se filmant à partir de son lit d'hôpital. Il a partagé la vidéo sur Facebook.

«L'arbre était pourri! Il n'y avait pas d'éclairs là, c'est le vent qui l'a fait tomber», a confié à La Voix de l'Est un de ses proches, présent à la marche.

Parmi les blessés, une dizaine ont déposé des plaintes individuelles à la Ville de Granby, exigeant d'être indemnisés. «Le recours, je ne pense pas qu'il va être collectif. On se regroupe ensemble pour faire le même genre de poursuite, mais chaque personne a un dossier différent», a précisé en entrevue Nancy Madison.

Rappelons que la Ville avait procédé à l'inspection de l'arbre centenaire avant qu'il ne s'abatte sur le chapiteau assemblé au parc Miner.

Répartition des fonds

À 17 h vendredi, une somme de 3000$ avait été amassée. «J'espère être capable de me rendre à 10 000$. On verra avec la marche», mentionnait alors Nancy Madison.

Cette dernière a l'intention de redistribuer les fonds équitablement entre les blessés dès lundi. Une décision accueillie tièdement par des membres de l'entourage de certaines victimes plus sérieusement blessées, qui trouveraient injuste que Mme Madison ne tienne pas compte de la gravité des blessures dans son mode de répartition.

«C'est pas à moi de décider qui va en recevoir plus qu'un autre», répond Nancy Madison. «Moi, je fais ça pour essayer d'aider. Pour les gens qui ont besoin d'argent là, là.» Dans cette optique, elle a récemment lancé une campagne de sociofinancement via la plateforme Generosity d'Indiegogo.

«C'est toute ma famille, c'est mes amis, c'est des gens proches. Je ne me sens pas capable de les laisser dans la misère. Pour moi, c'est hyper important», mentionne-t-elle.

Solidarité latine

Nancy Madison a rencontré plusieurs embûches dans l'organisation de la marche.

D'abord, les lampions. «Il n'y a eu aucune entreprise de Granby qui a voulu nous commanditer», déplore l'organisatrice, qui a dû débourser de sa poche pour se procurer des lampions à vendre au coût de 10$. Via Facebook, elle a finalement demandé aux gens d'apporter leur propre chandelle et d'opter pour un don.

Le recueil des dons aussi s'est avéré fastidieux. L'organisatrice a dû abandonner l'idée du système PayPal et se tourner vers les virements Interac par courriel pour encaisser les sous. Le changement de méthode aurait créé une certaine confusion auprès de donateurs potentiels.

La propriétaire de l'école de danse s'attendait à une plus grande générosité de la part des Granbyens et Granbyennes. «Je trouve ça super triste. Il n'y a pas de solidarité du tout, la solidarité vient vraiment de la communauté latine de partout dans le monde», a-t-elle commenté. Les dons qu'elle avait reçus avant la marche provenaient d'ailleurs en très grande majorité de ses contacts dans le monde de la danse latine.

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