Une septuagénaire agressée au centre d'hébergement Marie-Berthe-Couture

Une dame de 74 ans aurait été agressée... (Janick Marois)

Agrandir

Une dame de 74 ans aurait été agressée à plusieurs reprises au cours des derniers jours par un autre résident du centre d'hébergement Marie-Berthe-Couture à Granby.

Janick Marois

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Granby) Une femme de 74 ans a été agressée à plusieurs reprises au cours des derniers jours par un résident au centre d'hébergement Marie-Berthe-Couture, dénonce son conjoint. «Ma femme est terrorisée. Elle ne veut plus sortir de sa chambre. Est-ce qu'on va attendre qu'un drame survienne avant d'agir?», clame-t-il.

La dame aurait été admise au centre d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) le 22 juin. Le premier incident serait survenu dès le lendemain. La femme aurait été blessée au bras à la suite d'une altercation entre l'individu violent et un autre résident, relate son conjoint, qui a voulu témoigner sous le couvert de l'anonymat.

Le 24 juin, l'assaillant s'en serait pris directement à la septuagénaire. «L'homme fait de la démence frontale et il ne contrôle pas sa colère. Il est imprévisible. Tellement qu'il est sous la surveillance d'un agent de sécurité en tout temps. Je ne sais pas ce qui s'est passé, mais il a quand même réussi à donner un coup de poing à ma femme en plein ventre pendant qu'elle marchait dans le corridor», déplore celui qui sonne l'alarme. L'infirmier du centre d'hébergement l'aurait informé de la situation, car il était absent au moment de l'agression, précise-t-il.

Dans un nouvel élan de colère, l'homme aurait à nouveau attaqué la septuagénaire le 12 juillet, alors que les résidents étaient regroupés pour le souper. «Ma femme est tombée par terre et elle s'est blessée à la hanche. C'est la goutte qui a fait déborder le vase, image son conjoint. Elle fait de l'Alzheimer et elle pèse environ 95 livres. Elle est sans défense. Celui qui l'a agressé, c'est une pièce d'homme qui fait près de deux fois son poids. Il y a déjà assez de la maladie sans qu'elle souffre comme ça. Ce n'est pas la place pour un individu violent comme lui!»

Plainte

Une requête formelle a été signifiée par le conjoint de la victime au «bureau des plaintes et de la qualité des services» du Centre universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l'Estrie, auquel est affilié le CHSLD.

«C'est la première étape. Je veux aussi déposer une plainte au service de police pour voies de fait. Je n'en ai pas du tout après l'homme qui a agressé ma femme. C'est son état de santé qui le rend comme ça, réitère-t-il. Même le personnel m'a confié qu'il ne sait plus comment gérer l'individu. Il va falloir que quelqu'un mette ses culottes et fasse vraiment quelque chose pour que ça arrête. Il y a près de 14 résidents sur l'étage (de sa conjointe) et ils sont tous en danger actuellement.» 

Récurrence

Un membre du personnel du CHSLD a accepté de se confier à La Voix de l'Est, en gardant l'anonymat, afin de lever le voile sur les cas de violence auxquels sont confrontés les effectifs de l'établissement. «Ici, on est entourés de résidents agressifs. Entre eux et envers le personnel. On aime notre boulot, mais on ne sait jamais quand on peut recevoir un coup de poing. Mais c'est vrai qu'il y a des cas plus lourds que d'autres. Il y a quelques années, la situation était tellement alarmante que des gens refusaient d'aller travailler dans certaines ailes par peur pour leur sécurité. C'est à ce moment que la direction a engagé des gardiens de sécurité.»

Le journal rapportait en début de semaine un cas d'agression similaire dont une octogénaire a été victime le 11 juillet  au centre d'hébergement Villa Bonheur. La dame avait alors été attaquée dans sa chambre par un autre résident.

De son côté, notre source souligne que le phénomène de violence entre les murs du centre Marie-Berthe-Couture est récurrent. Elle croit par ailleurs «qu'il est grand temps» que des gestes concrets soient posés par le ministère de la Santé pour corriger le tir. «J'ai eu connaissance de l'homme qui est en garde à vue ici. Ce n'est pas drôle que des résidents se fassent agresser comme ça. Et il ne faut pas croire que les employés s'en lavent les mains. Plusieurs font des burn-out à cause de ce qu'ils vivent. Mais on a les mains liées, fait-elle valoir. Où peut-on envoyer ce genre de patients agressifs? Il n'y a pas de place pour eux. (...) Alors, on se retrouve avec la patate chaude.»

Violence au CHSLD : des mesures mises en branle

Contacté par La Voix de l'Est, le chef de service du CHSLD Marie-Berthe-Couture, Marc Cossette, a refusé de commenter, nous dirigeant vers le CIUSSS de l'Estrie. De son côté, Sylvie Vallières, conseillère aux communications pour l'organisation, confirme qu'une dame a bel et bien été attaquée par un autre résident. Elle n'a toutefois pas voulu préciser les dates des épisodes de violence subis par la femme, ni les circonstances des agressions.

«Le résident qui a agressé la résidente souffre d'un besoin d'errance. Il est effectivement sous garde avec Garda en tout temps. Lors de l'agression [le 24 juin], le gardien n'était pas bien positionné par rapport au résident à surveiller et cela a suffi pour que le résident pose le geste agressif envers l'autre personne», indique-t-elle. «Heureusement, la résidente n'a pas eu de fracture, ajoute Mme Vallières, mais elle est évidemment inquiète et anxieuse.»

La présidente du comité des usagers en Haute-Yamaska et du comité des résidents du centre Marie-Berthe-Couture, Juliette Dupuis, estime que la situation vécue par la victime est inacceptable. «Je ne savais pas qu'une dame avait été frappée récemment. On vient de m'en informer. (...) Que des patients soient exposés à une agressivité comme ça, ce n'est pas normal. C'est une situation particulière, mais il y a certainement place à ce que la sécurité soit renforcée. C'est ce que le comité (des résidents) revendique.»

En ce sens, la porte-parole du CIUSSS de l'Estrie indique qu'une série de mesures sont en branle pour éviter que de telles agressions surviennent à nouveau dans l'établissement. La résidente devrait notamment être transférée dans une autre chambre. Elle demeurerait toutefois sur le même étage étant donné sa condition de santé.

Un psychiatre aurait vu la patiente et un travailleur social devrait chapeauter le dossier. De plus, une demi-porte sera installée à l'entrée de la chambre de l'homme sous surveillance pour «mieux contrôler ses sorties» et «circonscrire son errance».

Pourquoi ne pas avoir pris cette mesure avant? «Je suis tellement désolée de ce qui est arrivé. Je peux comprendre les patients d'être inquiets, concède Mme Vallières. (...) On a pris les moyens qui étaient nécessaires maintenant et on va réévaluer la situation de façon régulière.»

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer