Une octogénaire agressée à Villa Bonheur

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Même avec toute sa volonté, le personnel n'aurait pu prévenir l'incident puisque le résident n'aurait jamais démontré de tendances agressives dans le passé, laisse savoir le CIUSSS de l'Estrie.

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Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Granby) Une femme de 89 ans a été victime d'une sauvage agression de la part d'un autre résident du centre d'hébergement Villa Bonheur, lundi soir dernier.

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Une demi-porte flexible a été installée à l'entrée de la chambre de la victime, qui réside au centre d'hébergement Villa Bonheur, pour empêcher son assaillant d'y pénétrer à nouveau.

Janick Marois, La Voix de l'Est

L'incident est survenu vers l'heure du souper, le 11 juillet dernier, quand l'intrus se serait introduit dans la chambre de la femme âgée, qui elle, était paisiblement couchée dans son lit. Dans un accès de colère, il lui aurait asséné plusieurs coups de poing au visage.

La Voix de l'Est est parvenue à contacter l'une des filles de la victime, qui a accepté de témoigner sous le couvert de l'anonymat. Selon elle, l'octogénaire a eu le visage tuméfié et une lèvre enflée. Quelques jours après l'attaque, elle présentait encore quelques ecchymoses.

«Elle a quand même été chanceuse, parce qu'il a aussi voulu se servir de son oreiller pour la frapper. Il aurait pu l'étouffer», déplore la dame, encore sous le choc.

L'octogénaire aurait crié et pressé le bouton panique de sa chambre, mais il aurait fallu plusieurs longues minutes avant qu'un employé du centre d'hébergement ne se précipite à sa rescousse.

«Il n'y avait pas personne quand elle a sonné, raconte sa fille. Selon ce que ma mère m'a dit, l'homme est entré vers 17 h 30. Pour ma part, j'ai reçu un appel à 18 h 45 pour me demander de venir.»

Incident imprévisible

Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l'Estrie, auquel est rattaché Villa Bonheur, confirme que l'agression a bel et bien eu lieu.

«C'est une situation qui est survenue cette semaine et nous en sommes peinés, constate Annie-Andrée Émond, coordonnatrice des communications pour le CIUSSS. Ce sont malheureusement des choses qui peuvent se produire dans un milieu comme un CHSLD.»

Contrairement aux prétentions de la famille de la résidente, Mme Émond assure que le personnel de garde de l'établissement aurait réagi rapidement aux appels à l'aide de la victime. «Dans les quelques minutes, note la coordonnatrice. L'employée trouvait ça anormal que cette dame sonne à cette heure-là parce que ce n'était pas dans ses habitudes, alors elle s'est rendue rapidement à la chambre.»

Mais même avec toute sa volonté, le personnel n'aurait pu prévenir l'incident puisque le résident n'aurait jamais démontré de tendances agressives dans le passé. «Jamais l'homme n'avait commis de geste de violence auparavant, précise Mme Émond. Nous allons quand même nous assurer qu'un tel événement ne se reproduise plus.»

Or, ce ne serait pas la première fois que l'homme s'introduisait dans la chambre de la dame, aux dires de la fille de celle-ci. «Il entrait souvent parce que ma mère garde des bonbons. Il lui en volait. Elle avait décidé de les cacher; c'est peut-être pour ça qu'il s'est mis à la frapper», analyse-t-elle.

Le CIUSSS de l'Estrie n'a pour sa part pas voulu divulguer les circonstances de l'incident, «par respect pour l'intimité des résidents concernés».

Mesures

Selon Mme Émond, le personnel de Villa Bonheur a immédiatement pris des mesures pour résorber le conflit. Dans la soirée suivant l'agression, les deux résidents ont été rencontrés par le médecin de garde du centre d'hébergement et l'homme est pour sa part examiné par son médecin traitant.

Une demi-porte flexible a aussi été installée à l'entrée de la chambre de la victime pour empêcher son assaillant d'y pénétrer à nouveau.

Qui plus est, ajoute Mme Émond, les deux familles concernées ont été mises au courant de l'incident et une enquête est en cours. «Le dossier a été soumis à l'équipe de gestion de risque. Il sera utilisé comme exemple pour prévenir d'autres événements semblables», dit-elle.

Traumatisme

La fille de l'octogénaire déplore cependant que l'assaillant de sa mère soit toujours à proximité. Selon elle, l'incident a causé un traumatisme chez la dame âgée, qui demeure nerveuse et qui peine à dormir paisiblement depuis l'agression.

La direction de Villa Bonheur aurait proposé à la dame de déménager dans une chambre située à un autre étage du CSHLD. «Elle a refusé, car elle préférait le confort de sa chambre actuelle. On a déduit que le niveau de stress avait diminué», a commenté Mme Émond.

La fille de la victime allègue plutôt que c'est parce que la chambre proposée n'avait pas de salle de bain privée que sa mère a refusé l'offre. Une plainte pourrait être déposée par la famille d'ici les prochains jours au Commissaire aux plaintes du CIUSSSS.

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