La camerise sous les projecteurs

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Serge et Manuel Gosselin ainsi qu'Erica Kohl-Bradley sont heureux que la camerise se fasse de plus en plus connaître.

Julie Catudal, La Voix de l'Est

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Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Granby) La camerise est encore méconnue, mais n'attend que de faire son entrée dans les réfrigérateurs québécois. La petite baie bleue de forme oblongue débarque sur le marché des produits frais dans certaines épiceries IGA, ce week-end. Si quelques producteurs cultivent la camerise depuis quelques années dans la région, les fruits vendus par la chaîne viennent du Lac-Saint-Jean.

Francine L'Heureux a développé plusieurs produits de transformation... (Julie Catudal, La Voix de l'Est) - image 1.0

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Francine L'Heureux a développé plusieurs produits de transformation à base de camerise au fil des ans.

Julie Catudal, La Voix de l'Est

La période de cueillette du fruit - prisé pour son apport en vitamines C et A, mais aussi très riche en antioxydant - ne dure que deux semaines dans la région. Elle est déjà terminée depuis quelques jours à Granby, Sainte-Cécile-de-Milton et Saint-Joachim-de-Shefford où le fruit, aussi appelé le chèvrefeuille comestible, est cultivé.

Jusqu'à ce jour, la camerise était vendue en produits transformés ou en surgelé et, parfois, en autocueillette. L'an prochain, on estime qu'il y aura un million de camérisiers au Québec.

«Au Lac-Saint-Jean, c'est là qu'il y en a plus, constate Michel Lachaume, sélectionneur pour Tomapure. Ils sentaient venir que c'était le temps de travailler dans le frais. Ils ont monté une coopérative, la Coopérative des petits fruits nordiques.»

En association avec Tomapure, le fruit nouveau genre sera distribué en province. Comme la saison a une longévité est très courte, la coopérative vise à aller chercher de plus en plus de membres au Québec de façon à la prolonger avec différents climats. «Par exemple, la saison est plus hâtive à Granby tandis qu'elle commence (en ce moment) au Lac-Saint-Jean. La coop va s'agrandir à travers la province pour utiliser toutes les zones climatiques de façon cohérente et intelligente», mentionne M. Lachaume.

Impossible toutefois de savoir combien de supermarchés en province ont reçu ce fruit pour la vente. Puisqu'il y a eu des épisodes de chaleur inhabituelle, les fruits ont mûri plus rapidement, avant même d'arriver au stade de qualité, explique M. Lachaume. Il y a donc eu une récolte moins importante.

En sorbet

Dans la région, les trois plus grands producteurs ont, ensemble, plus de 31 000 plants. Tous font de la transformation et tentent de se distinguer avec leurs confitures, coulis et gelées.

La ferme de la Castagne, à Saint-Joachim-de-Shefford, a mis en terre depuis 2009 plus de 12 000 plants. Pierre Couture s'est montré surpris devant l'audace de Tomapure, qui distribue un produit se conservant si peu de temps à l'état frais.

«Douze heures et elles deviennent plus ou moins belles, mais elles sont encore très bonnes, confie-t-il. En valeur nutritive, c'est encore très bon. C'est un superfruit, un TNT nutritif. Plus on en parle, mieux c'est pour nous.» En plus des vitamines et des antioxydants, la camerise est riche en potassium, calcium, phosphore, magnésium et serait un complément utile à la prévention du cancer, du diabète de type 2, de la croissance des tumeurs et des maladies cardiovasculaires, peut-on découvrir sur le site de Camerise Québec.

Pour sa part, M. Couture cueille ses fruits manuellement pour aussitôt les surgeler ou les transformer. Cette année, il n'y a pas eu d'autocueillette de camerises sur ses terres. Un sorbet est sur sa planche de travail, en collaboration avec la Laiterie Chagnon. «Je vais être en mesure très bientôt de sortir un sorbet laitier. C'est moi qui dois donner le O.K., mais j'hésite un peu. C'est quand même 10 000 contenants. Ça n'existe pas du tout comme produit de transformation.»

Un autre projet de son côté: un vin à la camerise développé avec des gens de la Nouvelle-Écosse.

Croissance

La camerise cueillie dans plus de 11 000 plants aux Petits fruits du clocher, à Sainte-Cécile-de-Milton, est vendue dans les congélateurs de l'épicerie Avril Supermarché Santé. Comme la production a été bonne et protégée du Jaseur d'Amérique par des filets, l'entreprise familiale désire ouvrir sa distribution dans d'autres magasins, glisse Erica Kohl-Bradley, copropriétaire avec son conjoint, Manuel, et son beau-père, Serge Gosselin. Ils comblent les besoins en achetant des camerises de producteurs jeannois.

«On savait que [la commercialisation en frais] s'en venait. On est content que le fruit se fasse connaître à travers le Québec, se réjouit Mme Kohl-Bradley. On fait les marchés publics à Granby et ailleurs et on a remarqué une bonne différence d'intérêt depuis l'an passé. Les gens en ont entendu parler dans les médias et aux Dragons (à l'émission Dans l'oeil du dragon, NDLR). Il y en a plusieurs qui ont entendu le nom et maintenant, ils veulent goûter. D'habitude, ils sont agréablement surpris.»

Plusieurs variétés de camérisiers ont été développées au fil des ans afin de rendre le fruit encore plus intéressant au goût. Au départ, celui-ci était plutôt amer et acide et ne se prêtait qu'à la transformation. Ces plants ont été arrachés par la ferme familiale. Maintenant, les variétés offrent un fruit sucré dont le goût varie entre le bleuet et la framboise, en passant par la fraise, entre autres.

Difficile de percer

Propriétaire de la Camerisière granbyenne, Francine L'Heureux a quant à elle été surprise d'apprendre que la camerise fraîche faisait son entrée sur le marché de l'alimentation. «Je travaille en petite cellule, je me débats dans l'eau bénite pour la faire entrer. [...] Il y a de la place pour la camerise, mais en même temps que je réalise que toute seule je n'y arriverai pas», laisse-t-elle tomber. Mme L'Heureux assure toutefois se réjouir de la nouvelle.

Pour différentes raisons, elle n'est pas au marché public de Granby cet été, mais en fréquente d'autres. Elle vend aussi sa camerise congelée aux supermarchés Métro de Bromont, Magog et Rock Forest, à Sherbrooke. Francine L'Heureux se démarque notamment par sa camerise séchée.

Par contre, elle n'a pas pu récolter un seul fruit cet été en raison des Jaseurs d'Amérique, qui se sont donnés à coeur joie parmi les quelque 8000 camérisiers de sa terre située à Granby. Mme L'Heureux doit, elle aussi, faire affaire à des producteurs du Lac-Saint-Jean.

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