Amère déception pour les résidants de la rue Léger

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La mairesse suppléante, Julie Bourdon, n'a pas eu la partie facile mardi soir.

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Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est

(Granby) Amère déception pour les résidants de la rue Léger à Granby. Ils ont raté de peu la cible des 1265 signatures nécessaires au registre pour obliger les élus à décréter un référendum ou abandonner le règlement d'emprunt lié aux travaux dans leur rue, dont l'aménagement d'une piste multifonctionnelle controversée. Au total, 1127 personnes ont manifesté leur opposition au projet, soit 138 de moins que le nombre requis.

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«N'allez pas croire que parce que les gens ne sont pas venus signer qu'ils ne sont pas contre le projet», a lancé Johanne Dittman.

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Annoncés dans les minutes suivant la fin du registre par la directrice des services juridiques à la Ville, Catherine Bouchard, les résultats ont eu l'effet d'une douche froide pour la poignée de résidants de la rue Léger réunis dans la salle du conseil.

Hattie Dittman, une résidante farouchement opposée au projet, a accueilli le verdict avec émotion. «C'est décevant. C'est le moins qu'on puisse dire. On a travaillé fort», a assuré celle qui a passé les journées de lundi et mardi sur le trottoir, près de l'hôtel de ville, pour remercier les citoyens qui se sont déplacés pour aller signer le registre.

Les résidants de la rue Léger ont multiplié les efforts au cours des derniers jours pour mobiliser la population. Ils ont malgré tout été entendus. Les signatures se sont additionnées à un rythme régulier, si bien que tous les espoirs étaient permis. Mais la réalité s'est révélée tout autre.

Plusieurs résidants n'ont pas caché leur déception, voire leur colère, à la séance extraordinaire du conseil qui a suivi le registre mardi soir. Le conseil municipal ira de l'avant, a affirmé la mairesse suppléante, Julie Bourdon, en l'absence du maire Pascal Bonin. Le règlement d'emprunt sera soumis au ministère des Affaires municipales pour approbation. Les travaux devraient commencer en septembre.

Pas facile

Julie Bourdon, également conseillère municipale du district qui inclut la rue Léger, n'a d'ailleurs pas eu la partie facile mardi soir. Les réponses qu'elle a tenté de donner aux citoyens ont suscité des railleries ou de l'animosité.

Plusieurs résidants ont demandé aux élus de réfléchir, à la lumière des résultats. «N'allez pas croire que parce que les gens ne sont pas venus signer qu'ils ne sont pas contre le projet», a lancé Johanne Dittman.

«Votre vision, les gens n'en veulent pas. Vous n'écoutez pas les gens. Je trouve ça aberrant», a affirmé une autre citoyenne, France Binet, qui dit avoir cogné aux portes des rues où d'autres segments de pistes multifonctionnelles sont prévus.

Résidant de la rue Léger, Réjean Breton a pour sa part dit avoir vérifié avec le poste de police si des accidents impliquant des voitures et des piétons ou des cyclistes ont été rapportés. «Il y en a eu zéro. Vous êtes en train de régler un problème qui n'existe pas», a-t-il dit pour dénoncer les arguments de sécurité invoqués par des élus pour justifier l'aménagement de la piste dans la rue Léger.

Pas fini

Mis à part Stéphane Giard, qui a défendu le projet, et Jean-Luc Nappert, les conseillers n'ont pas pris part au débat. M. Nappert s'est dit en faveur du plan de mobilité active, mais a dit regretter que le plan directeur, soit la fameuse carte où sont indiquées les rues appelées à accueillir des infrastructures semblables, n'ait pas été présenté quelques mois plus tôt. Une déclaration accueillie par des applaudissements nourris.

Un résidant de la rue Saint-Hubert, Steve Pelletier, a joint sa voix au débat. «Vous vous enlisez dans un projet que vous êtes les seuls à croire», a-t-il affirmé. «Il y a de la grogne. Arrêtez avant qu'il soit trop tard», a-t-il repris. Les résidants de la rue Saint-Hubert ont également rejeté la piste multifonctionnelle qui devait être réalisée lors de travaux dans leur rue.

Un seul Granbyen a dit être «extrêmement déçu» de l'attitude fermée des résidants des rues Léger et Saint-Hubert face à l'aménagement des pistes. Ses propos ont été accueillis avec un concert de protestation.

Au terme de la séance, Julie Bourdon a dit aux représentants des médias avoir entendu les citoyens. «On va s'assurer dans l'élaboration de la piste de faire un suivi, d'aller sur place pour que tout se passe bien et que ça respecte le cadre de la rue Léger. (...) Mais on a aussi entendu les citoyens qui nous disaient d'aller de l'avant. On a un appui de gens qui sont pour ces pistes et qui n'étaient pas ici ce soir (mardi)», a-t-elle commenté.

Hattie Dittman a laissé entendre que les résidants n'ont peut-être pas dit leur dernier mot. Le dossier pourrait se transporter sur le plan juridique. «Ce soir, c'est un petit échec. Mais ce n'est pas fini», a-t-elle lancé au conseil municipal. «On va se souvenir de vous autres aux prochaines élections», ont laissé tomber plusieurs citoyens en quittant la salle du conseil.

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