La folie Pokémon GO atteint Granby

Vincent Hiriart (à gauche) et Frédéric Arsenault figurent... (Julie Catudal, La Voix de l'Est)

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Vincent Hiriart (à gauche) et Frédéric Arsenault figurent parmi les meilleurs joueurs de Pokémon GO à Granby.

Julie Catudal, La Voix de l'Est

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Marie-Élise Faucher
La Voix de l'Est

(Granby) Très populaires au cours des années 1990, les Pokémon font un retour fracassant avec une nouvelle application de réalité augmentée de Nintendo. Grâce à la caméra d'un téléphone intelligent et à sa géolocalisation, les adeptes du jeu - devenu un phénomène planétaire en quelques jours - peuvent capturer ces créatures virtuelles qui apparaissent en superposition du «monde réel» sur leur écran. Le jeu n'a pas encore été lancé au Canada que déjà, des communautés s'installent partout au pays... et Granby ne fait pas exception.

Vincent Hiriart et Frédéric Arsenault ont passé la journée de mardi à chasser des Pokémon en bateau sur le lac Brome. «Il y avait un Starmie, un Psyduck, un Eevee, un Magikarp...» énumèrent-ils. En tout, une douzaine de Pokémon se sont ajoutés à leur collection au cours de la journée.

Les Granbyens sont de véritables fans de Pokémon, ce concept japonais qui a eu droit à une série télévisée et à plusieurs films. Frédéric raconte même qu'il a participé à plusieurs compétitions et qu'il a joué tous les jeux vidéo sortis depuis 1997. «Ce qui veut dire que j'ai commencé à jouer à 3 ans», calcule le jeune homme, qui n'a pas non plus lésiné sur l'achat de produits dérivés - toutous, cadres, figurines, écussons - pendant toutes ces années.

Pas étonnant, donc, qu'il ait été l'un des premiers à Granby à télécharger l'application gratuite Pokémon GO. «Nintendo a annoncé la sortie du jeu en 2015. Je suivais les updates depuis ce temps-là et j'attendais juste que ça sorte!» lance Frédéric. Le jeune homme de 21 ans a par la suite créé le groupe Facebook «Pokémon GO Granby et alentours», comptant quelque 200 membres à l'heure actuelle.

Sans compter les heures

Le but du jeu est simple: augmenter de niveau en attrapant le plus de Pokémon possible. Pour ce faire, les joueurs arpentent la ville les yeux rivés sur leur écran, repèrent les Pokémon et les capturent en glissant leur doigt sur l'écran tactile pour lancer une «Pokéball», cette boule magique qui les emprisonne à la manière d'un filet de pêche. Plus un Pokémon est puissant et rare, plus il est difficile à capturer.

«Ça n'a pas été long trouver les astuces. On est vraiment partis en randonnée, on s'est promenés dans toute la ville des 4-5 heures par soir, on ne voyait pas le temps passer», raconte Vincent, 23 ans. En une semaine, ils ont joué une cinquantaine d'heures.

Les deux amis sont rapidement devenus les joueurs à battre à Granby. «Faut pas que t'en laisses un (Pokémon) de côté. Même si t'en as vu 50 Pidgey dans ta journée, attrape les 50 parce qu'ils ne sont pas tous du même niveau et pas tous de la même force», mentionne Frédéric comme conseil aux joueurs débutants.

Redécouvrir sa ville

Comme la plupart des jeunes de leur âge, Vincent et Frédéric ont grandi avec les Pokémon. «Quand t'es enfant, t'as pas la balance entre la réalité et la fiction. Moi je me rappelle m'être dit, je veux devenir un dresseur de Pokémon plus tard!», s'amuse Frédéric, qui a toujours conservé cette passion.

La nouvelle application de réalité intégrée élève l'expérience à un autre niveau. «C'est le fait de le vivre carrément! C'est comme si tu vivais les épisodes de Pokémon», commente Vincent.

Puisque les bestioles sont cachées dans les mêmes lieux pour tout le monde, il se crée de véritables attroupements à certains endroits-clés de la ville. «Un moment donné on est partis trois pis on s'est ramassés une quinzaine!» témoigne les joueurs.

Ces «Pokéstops» sont disposés sur des monuments commémoratifs, comme la grotte du centenaire de Lourdes, sur la rue St-Charles.

La redécouverte de sa propre ville est l'un des avantages du jeu, concède-t-il. «Des fois t'es tellement dans le jeu que tu te promènes partout dans la ville pis un moment tu te rends compte, je suis où? Il y a des territoires de la ville que t'as jamais visités, t'explores complètement!», observe-t-il.

Appel à la prudence

Outre l'appel de l'aventure, il y a aussi l'esprit de compétition. La cantine Ben La Bedaine, le Collège Mont-Sacré-Coeur et le centre d'interprétation de la nature du lac Boivin, par exemple, sont des «arènes». Une fois que les joueurs ont atteint le niveau 5, ils choisissent leur clan (entre rouge, bleu et jaune) et tentent de prendre le contrôle de ces arènes en équipe. «C'est ça que j'aime de ce jeu-là, ça a un côté communautaire», remarque Frédéric.

Aucun endroit n'est hors limite dans le jeu, ce qui a provoqué des situations inusitées depuis son lancement aux États-Unis, en Australie et en Nouvelle-Zélande, le 7 juillet dernier. Des joueurs pénétrant à l'intérieur de résidences privées, par exemple, ou des accidents de la route après que le conducteur ait tenté d'attraper la bestiole tant convoitée au volant.

À Granby, aucun incident du genre n'a été répertorié. Les agents de sécurité sont au courant du phénomène et demeurent à l'affût. «À partir du moment où il n'y a pas d'acte criminel et que ça n'entrave pas les règles de sécurité, on garde ça en veilleuse», indique la porte-parole du Service de police de Granby, Caroline Garand.

Pokémon GO a notamment entraîné Vincent et Frédéric dans les cimetières de Granby. «C'est un peu glauque», reconnaît le duo.

Une quête sans fin?

Les joueurs aguerris craignent surtout l'ampleur que le jeu prendra. «C'est parce que le monde en veut toujours plus!», constate Frédéric.

«J'ai peur que le monde devienne agressif», avoue Vincent. «Que ça fasse de l'intimidation», ajoute Frédéric. «Pour l'instant, les joueurs sont passifs, mais lorsqu'ils connaîtront bien le jeu, ça pourrait devenir une source de conflit», croit-il.

Est-ce que Pokémon GO sera une mode passagère? Les joueurs granbyens croient qu'au contraire, de nouveaux Pokémon s'ajouteront chaque année, relançant constamment la popularité du jeu.

Vincent et Frédéric comptent d'ailleurs s'offrir une tournée de la province à la recherche des créatures. «On veut faire Montréal, Québec, Sherbrooke. Toutes les grosses villes», confirme le duo. Leur objectif? «Devenir les meilleurs!», lancent-ils à l'unisson.

 

- Avec la collaboration d'Antoine Lacroix

Grâce à la caméra d'un téléphone intelligent et... (Julie Catudal, La Voix de l'Est) - image 2.0

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Grâce à la caméra d'un téléphone intelligent et à sa géolocalisation, les joueurs capturent les Pokémon qui apparaissent en superposition du monde réel sur leur écran.

Julie Catudal, La Voix de l'Est

Perdre la magie du jeu

Comme l'application n'est toujours pas lancée au Canada, les curieux se tournent vers le téléchargement illégal. Le Granbyen Nicolas Bégin est contre cette pratique, qui retarde le lancement du jeu à l'échelle planétaire. «Les gens qui se sont fait un faux compte sont en train de faire sauter le serveur australien», déplore le Granbyen, qui attend patiemment que le jeu soit disponible au pays.

Aucune date n'a été avancée par la compagnie, qui semble avoir sous-estimé l'ampleur que prendrait Pokémon GO à sa sortie.

«Je vois mes amis le downloaderparce qu'ils sont tannés d'attendre. Le fait que la compagnie ne donne pas de nouvelles aussi, ça décourage le monde», explique le joueur de 24 ans. «Ce qui est plate de l'attente, c'est que tu ne retrouves plus la magie de découvrir le jeu à cause des réseaux sociaux», poursuit-il, choqué de voir son fil Facebook rempli de trucs avant même qu'il ait eu le temps d'essayer le jeu.

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