Un exterminateur conteste toujours

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Luc Jean, propriétaire de Gestion parasitaire de l'Estrie, souhaite toujours que le règlement sur les pesticides de la Ville de Granby soit modifié.

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Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est

(Granby) La Ville de Granby a récemment apporté quelques modifications à son règlement sur les pesticides et les matières fertilisantes, entré en vigueur au début de l'année 2016. Mais un exterminateur de Granby, Luc Jean, continue à le contester. Le règlement de la Ville est illogique, selon lui.

Et il entend bien prouver son point. Le propriétaire de Gestion parasitaire de l'Estrie a déclaré vendredi à La Voix de l'Est avoir pris contact avec un avocat afin de déterminer comment le règlement pourrait être modifié afin «que les exterminateurs puissent travailler». «Là, on ne peut pas travailler», a-t-il déclaré.

Le nouveau règlement sur les pesticides encadre dorénavant de façon plus serrée l'utilisation des produits. Les pesticides de synthèse, qui présentent des risques sur la santé et la biodiversité, sont particulièrement dans la mire de l'administration municipale. Il est maintenant nécessaire d'obtenir un permis pour utiliser ces produits qui combattent entre autres les araignées, les fourmis et les perce-oreilles. Sinon, il est recommandé d'opter pour des alternatives à faible impact, a expliqué le coordonnateur en environnement à la Ville, Serge Drolet.

Luc Jean a tenté de présenter son point de vue lors des dernières séances du conseil municipal. Il a entre autres demandé à ce que les exterminateurs soient exclus du règlement. Mais il dit être arrivé à la conclusion qu'il n'arrivera à rien en débattant avec le maire Pascal Bonin, lors de la période de questions.

«Il y a plein d'autres paliers de gouvernement qui réglementent ça (les pesticides), ce n'est pas à la Ville de le faire», laisse tomber l'exterminateur.

À ses yeux, le règlement de la Ville est illogique, car il interdit l'utilisation, à l'extérieur des maisons, d'un produit qui est pourtant permis à l'intérieur à une concentration plus élevée. «La Ville ne touche pas à l'intérieur des maisons; elle a réglementé à l'extérieur», a fait valoir le maire.

Pas une question de revenus

Luc Jean dénonce aussi le fait que la patrouille verte et l'enviroconseiller de la Ville puissent prélever un échantillon de sol afin de vérifier si des pesticides ont été utilisés. Il ne s'agit là que d'une façon, estime M. Jean, pour engranger des revenus supplémentaires.

«Il y a un article dans le règlement qui nous permet d'accumuler des preuves en vue d'appliquer la réglementation. Mais ce n'est vraiment pas dans l'optique du conseil de courir après les gens», affirme Serge Drolet.

Selon lui, la Ville misera avant tout sur l'information (documents, conférences, dépliants, site Internet), surtout en cette première année d'entrée en vigueur du règlement.

Question de faciliter les démarches des citoyens, la Ville a récemment décidé de réviser son règlement et de retirer les frais de 25$ réclamés pour l'émission d'un permis pour l'utilisation de pesticides de synthèse. Aussi, les permis pourront être émis par l'enviroconseiller, sans qu'il soit nécessaire de passer par le service d'urbanisme, pour accélérer le traitement des demandes, dit Serge Drolet.

Selon lui, Granby ne fait pas cavalier seul avec une réglementation de ce type. «C'est dans l'air du temps. Le ministère de l'Environnement révise son code de gestion des pesticides. M. Heurtel (David, le ministre) a annoncé en décembre dernier qu'il y aurait des produits à usage domestique qui seraient interdits au cours de l'année», dit Serge Drolet. Selon lui, environ 130 villes ont aussi entrepris de légiférer en la matière, à la lumière des nouvelles connaissances sur les produits.

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