«La récréation est finie»

Mario Brisebois, un courtier de camionnage indépendant, soutient... (Catherine Trudeau, La Voix de l'Est)

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Mario Brisebois, un courtier de camionnage indépendant, soutient qu'il est grand temps que le marché du camionnage en vrac se déréglemente.

Catherine Trudeau, La Voix de l'Est

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Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Granby) Les revendications des camionneurs artisans de vrac, qui ont manifesté lundi à Granby pour réclamer un resserrement des règles de courtage, ne sont pas partagées par tous les acteurs de l'industrie. Un courtier de camionnage indépendant soutient plutôt qu'il est grand temps que le marché se déréglemente.

Selon le Granbyen Mario Brisebois, les règles de courtage qui garantissent 50 % de tous les transports dans les contrats publics aux exploitants locaux de véhicules lourds membres d'un service de courtage sans but lucratif dans leur région ont toujours été temporaires, même si elles ont été prolongées à plusieurs reprises.

«Toute la réglementation, à la base, ça avait été mis en place dans les années 1970 pour dépolitiser le transport. Dans ce temps-là, les camionneurs qui ne votaient pas du bon bord n'avaient pas de contrats», explique le courtier, qui a travaillé pendant plus d'une trentaine d'années et qui a été lui-même administrateur au sein de l'Association nationale des camionneurs artisans inc. (ANCAI).

Or, la situation a beaucoup évolué depuis quarante ans et il est temps pour les camionneurs de devenir indépendants de fortune, prétend M. Brisebois.

«La création des organismes de courtage, c'était pour assurer un volume de transport aux camionneurs et offrir un meilleur tarif, poursuit-il. C'était louable, à l'époque, sauf que le marché du camionnage, l'économie, tout ça a changé. Il faut que ça arrête.»

À plusieurs reprises, allègue le courtier indépendant, les camionneurs artisans ont été avertis que le système de courtage disparaîtrait et qu'ils devraient se réorganiser. «Depuis au moins 1988 (NDLR: l'entrée en vigueur de l'accord de libre-échange entre le Canada et les États-Unis), le gouvernement leur dit qu'un jour ils vont devoir marcher tous seuls, soutient M. Brisebois. On est sur du temps emprunté. Un moment donné, la récréation est finie.»

Pour plus de concurrence

De plus, dit M. Brisebois, le système de courtage actuel ne permet pas une concurrence saine. «Disons que tu as 120 camionneurs dans ton courtage, explique-t-il. Compétents ou incompétents, il faut que tu les fasses tous travailler parce que ce sont tes membres.»

Le courtier déplore enfin que l'ANCAI qualifie «d'illégal» le courtage indépendant. «Il n'y a aucune règle, comment ça pourrait être illégal?» demande-t-il.

«Ce n'est pas parce que tu as un compte en fiducie que tu es à l'abri de la corruption. Ce n'est pas plus sécuritaire», ajoute le courtier.

«Les petits camionneurs ont fait une manifestation pour rester dans un système qui leur garantit un volume de travail à un tarif qui n'est pas défini par le marché. Ce n'est pas le libre marché ça: c'est obliger le système à payer plus cher», allègue M. Brisebois.

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