Les policiers de Granby formés à toute éventualité

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Karine Blanchard
La Voix de l'Est

(Granby) Les policiers de Granby sont impliqués chaque année dans des poursuites. Les interventions jugées à haut risque lors de certaines interceptions sur le réseau routier font également partie de leur réalité. Au cours des dernières semaines, les patrouilleurs ont suivi une formation tactique pour être prêts à affronter les pires scénarios. La Voix de l'Est a participé à une journée d'entraînement en se glissant dans la peau d'un suspect arrêté au terme d'une poursuite policière. Portrait d'un entraînement des forces de l'ordre.

Deux amies font la fête dans un bar du centre-ville de Granby. Drogue et alcool sont de la soirée. L'une d'elles décide malgré tout de conduire pour rentrer à la maison. Quelques rues plus loin, l'irréparable se produit. Elle heurte un piéton qu'elle blesse gravement et fuit les lieux. Sa passagère la supplie de s'arrêter, mais en vain. Une poursuite policière est déclenchée.

Pendant que les agents pourchassent le véhicule qui zigzague, une équipe de patrouilleurs appelée en renfort érige un barrage complet dans le chemin Bousquet en déployant le hérisson à pointe creuse (HPC), mieux connu comme un tapis à clous auprès de la population. Après le passage sur le HPC, le véhicule s'immobilise et les policiers interviennent avec la plus grande prudence pour arrêter les deux femmes.

Ce scénario, auquel l'auteure de ces lignes a pris part en se glissant dans la peau de la passagère appréhendée au terme de la poursuite, est l'un de ceux présentés aux policiers de Granby. Plus tôt ce jour-là, ces derniers ont dû mettre en place un barrage pour intercepter un homme dépressif qui ne prenait plus sa médication. Intoxiqué, il voulait mettre à exécution un plan diabolique: assassiner son ex-femme, son enfant et se suicider.

Au terme d'une poursuite, l'individu en crise est sorti de son véhicule en hurlant, injuriant les policiers. Les agents ont longuement dialogué avec lui pour le convaincre de se rendre sans faire de vagues.

«Ce ne sont pas des scénarios qui relèvent de la science-fiction ou de films à Hollywood. Ce sont des scénarios tirés d'expériences que les policiers ont vécues et que les moniteurs prennent soin de préparer. Ils sont collés à la réalité des policiers et policières, à ce qu'ils vivent tous les jours», explique le lieutenant Stéphane Letendre, moniteur en intervention tactique et chargé de relève au service de police de Granby.

Son collègue Sylvain Landry et lui ont entraîné ces dernières semaines les policiers de la section gendarmerie du service de police dans le cadre de la formation tactique 2. Interception de véhicule à risques élevés, déploiement d'un barrage complet avec HPC et poursuite de véhicule ont été au coeur de l'entraînement des agents.

Les poursuites réalisées dans le cadre de la formation étaient toutes virtuelles, c'est-à-dire qu'elles n'ont pas eu lieu. Seules les interceptions ont été réalisées. Des policiers, et même la journaliste de La Voix de l'Est, ont joué le rôle des pourchassés pour le besoin de la cause. Ces mises en scène ont permis aux agents de revoir leurs méthodes d'intervention et d'interception dans des scénarios empreints de réalisme.

Procédures, rôles et responsabilités

Pendant l'entraînement, La Voix de l'Est a été à même de constater que les interceptions à hauts risques et les poursuites policières n'ont rien de banal. «La poursuite représente de grands risques pour les policiers, pour la population en général et même pour l'individu qui refuse de s'arrêter, dit le lieutenant Letendre. C'est important que les policiers connaissent leur rôle, leurs responsabilités (...). Ils ont des rôles en fonction de s'ils sont les poursuivants du véhicule fuyard ou s'ils occupent le rôle des policiers qui forment le barrage complet à quatre véhicules, à trois véhicules ou à deux véhicules, avec ou sans l'utilisation du hérisson à pointe creuse.»

La poursuite policière est utilisée en dernier recours. Les agents doivent respecter des principes et des critères - contenus dans des politiques administratives et opérationnelles - avant d'entreprendre une poursuite, pendant son déroulement, ou au moment où ils décident d'y mettre fin, explique le lieutenant Letendre. Toutes ces règles, qui sont essentiellement les mêmes pour l'ensemble des corps policiers québécois, ont donc été passées en revue.

Quotidiennement, les policiers interceptent des véhicules sur le réseau routier. Certaines situations représentent des interventions jugées à haut risque pour eux, notamment lorsqu'il s'agit d'intercepter un individu à bord d'un véhicule volé, s'il s'agit d'une personne connue comme étant membre d'un gang criminalisé ou armé, ou lorsqu'un individu vient de commettre un crime grave.

«Dans ces circonstances-là, les occupants du véhicule qui est poursuivi sont considérés comme étant armés et dangereux. C'est la raison pour laquelle les policiers doivent faire une interception à risques élevés avec les rôles et les responsabilités que ça entraîne», enchaîne le moniteur.

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