Meurtre d'Alain Bernard : la police a écarté la thèse du vol

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L'accusé Anthony Tristan Bernard et la victime, son père Alain Bernard.

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Pascal Faucher
La Voix de l'Est

(Sherbrooke) Le mobile du vol n'a jamais été retenu par la police à la suite du meurtre de l'homme d'affaires Alain Bernard, commis à Granby en 1987.

À la défense, Me Alexandra Longueville (à droite)... (Imacom, La Tribune) - image 1.0

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À la défense, Me Alexandra Longueville (à droite) est assistée de Me Stéphanie Marier.

Imacom, La Tribune

«Rien n'avait été fouillé dans la maison», a indiqué l'enquêteur retraité Noël Bolduc, mercredi, au premier jour du procès d'Anthony Tristan Bernard, accusé du meurtre prémédité de son père.

La victime, retrouvée sur un sofa dans sa résidence de la rue Noiseux, une plaie au derrière de la tête et un livre de mots croisés sur le ventre, n'avait pas non plus été fouillée, a ajouté le policier de 73 ans. «Il n'a pas grouillé et rien n'a été volé. Ses poches n'ont pas non plus été virées à l'envers.»

Par conséquent, les soupçons se sont portés sur les proches de M. Bernard, dont sa fille Chantal, qui a été interrogée à quatre reprises à l'époque. Faute de preuve, elle n'avait pas été arrêtée. Ce n'est que 22 ans - et un changement de sexe - plus tard qu'Anthony Tristan Bernard a été accusé.

Tué dans son sommeil

M. Bolduc a été le premier témoin appelé à la barre par la Couronne. Se déplaçant et s'exprimant difficilement à la suite d'un accident vasculaire cérébral, le septuagénaire a néanmoins donné l'impression d'avoir un souvenir clair des événements survenus le 30 août 1987.

L'analyse de la scène lui a permis d'apprendre que l'homme de 44 ans avait été tiré à la tête avec un fusil de calibre 45. Sans traces d'effraction ou de mouvement, il a déduit que M. Bernard avait été assassiné dans son sommeil.

«Il n'a pas beaucoup bougé», a dit Noël Bolduc en répondant aux questions de la Couronne, représentée par Me Claude Robitaille. Les voisins n'avaient rien vu. Aucune arme, munition ou empreinte concluante n'a aussi été trouvée sur les lieux.

«On n'avait aucune preuve pour accuser qui que ce soit», a dit M. Bolduc.

Agent d'infiltration

Une opération policière impliquant un agent d'infiltration a toutefois permis de mettre la main au collet, en 2009, de Patrice Bernard (neveu de la victime), Alain Béliveau (une connaissance) et Anthony Tristan Bernard. Le complot aurait été ourdi avec la promesse d'une somme d'argent, a déclaré Me Robitaille dans son exposé d'ouverture.

Il a avisé le jury, composé de cinq femmes et de sept hommes, que selon sa théorie, Anthony Tristan Bernard avait planifié le meurtre de son père et conduit l'automobile qui a mené les trois hommes sur les lieux du crime. C'est toutefois le neveu de la victime qui a appuyé sur la gâchette. Le trio s'est ensuite rendu à Montréal «pour se créer un alibi».

Selon la loi canadienne, Anthony Tristan est aussi coupable que les autres. «Il ne faut pas nécessairement qu'il ait tiré la balle, a dit Me Robitaille. S'il a commandé le meurtre, il est aussi coupable que celui qui a tenu le fusil.»

Témoins

Après M. Bolduc, qui poursuivra son témoignage jeudi, la soeur de l'accusé, un ex-employé de la victime, un pathologiste judiciaire, un expert en balistique, une ancienne conjointe de l'accusé, un enregistrement d'Anthony Tristan Bernard et le détenu Alain Béliveau seront présentés au jury.

Le procès s'annonce long: par le biais de son avocate, Me Alexandra Longueville, l'accusé a obtenu que les audiences se déroulent par demi-journées. Il a récemment subi une opération chirurgicale qui rend la position assise douloureuse et doit bénéficier de fréquentes pauses pour aller aux toilettes.

Petit et corpulent, l'accusé de 48 ans portait un veston gris foncé assorti d'un gilet vert et d'une cravate rayée. Il ne s'est pas exprimé devant le tribunal, sauf pour répondre d'une voix faible «non coupable» quand la greffière a énoncé l'accusation dont il faisait l'objet, soit celle de meurtre au premier degré.

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