Démystifier la déroute des neurones

La directrice générale de la Société Alzheimer Granby... (Janick Marois, La Voix de l'Est)

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La directrice générale de la Société Alzheimer Granby et région, Julie Desgranges.

Janick Marois, La Voix de l'Est

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Granby) Qui n'a jamais entendu parler de la maladie d'Alzheimer? Avec le vieillissement de la population, cette affection neurologique dégénérative frappera la génération des «baby-boomers» de façon exponentielle au cours des prochaines années.

Or, les idées préconçues demeurent bien ancrées. En ce mois de sensibilisation, la Société Alzheimer Granby et région veut déboulonner les mythes en lançant la campagne #EncoreLà.

«Trop de gens croient que la vie des personnes atteintes d'Alzheimer est terminée dès les premiers signes de la maladie. Pourtant, c'est loin d'être le cas. On peut très bien fonctionner en société avec une maladie cognitive. Il faut changer ces perceptions négatives et faire en sorte que les gens arrêtent de dramatiser la maladie. Il y a du travail à faire, mais les mentalités évoluent petit à petit», indique la directrice générale de la Société Alzheimer Granby et région, Julie Desgranges.

Souvent, les préjugés s'enracinent au coeur même du noyau familial, constate-t-elle. «Pour beaucoup de gens, le seul fait de dire qu'un de leurs proches a l'Alzheimer, c'est tabou. La maladie a environ 100 ans, c'est relativement jeune. Malheureusement, c'est souvent associé à la sénilité, l'incontinence et la démence. On ne peut pas retirer l'identité des gens en leur apposant une étiquette. Quand on parle avec quelqu'un qui a un cancer, on le considère comme une personne à part entière. Ça devrait être comme ça pour toutes les maladies», fait valoir Mme Desgranges.

Données éloquentes

D'ailleurs, un sondage pancanadien mené par la firme Nanos en juillet 2015 indique que près de la moitié des 1000 adultes interrogés estiment «qu'il n'est pas possible de bien vivre avec la maladie d'Alzheimer».

De plus, 75% des Canadiens connaissent quelqu'un ayant cette maladie cognitive, souligne Alzheimer Canada. Au cours des 15 prochaines années, il est projeté que 1,4 million de personnes à travers le pays développeront la maladie.

«Il faut agir. Le nombre de cas progresse rapidement alors que la maladie demeure encore méconnue», mentionne Mme Desgranges. Ainsi, le principal objectif de la campagne #EncoreLà est de démystifier la maladie tout en appuyant les gens atteints. Les détails de l'initiative sont disponibles via la plateforme web alzheimer.ca/encorela.

Le portail permet notamment de visionner une courte vidéo portant sur la maladie et les signes avant-coureurs. Un questionnaire au sujet de cette affection neurologique y est aussi accessible. Il est également possible de faire un don par une interface sur le site. La principale activité de sensibilisation demeure la marche annuelle. L'événement se tiendra simultanément le 29 mai à Granby, Cowansville, Roxton Falls et Bedford.

Services

La clé pour retarder la progression de la maladie d'Alzheimer consiste à solliciter les sens des personnes atteintes, soutient Mme Desgranges. En ce sens, une panoplie d'activités sont offertes gratuitement aux gens de la région. Le répit/stimulation en fait partie.

«Dans ces rencontres, on agit sur deux volets. D'un côté, on permet aux aidants de décrocher. En même temps, les personnes atteintes peuvent maintenir davantage leurs acquis.» Les séances, d'une durée de cinq heures, sont proposées à raison de cinq jours par semaine à Granby et trois jours à Cowansville. La clientèle de Bedford, Sutton et Acton Vale a droit à une rencontre hebdomadaire.

Chaque personne peut participer à un maximum de trois activités par semaine. «On ne veut pas que ça devienne une garderie», note la directrice de la Société Alzheimer Granby et région.

Les «cafés-rencontres» au féminin sont aussi au calendrier. «Les femmes sont souvent aidantes lorsqu'il y a des cas d'Alzheimer dans leur entourage. Principalement auprès de leur conjoint. Elles ont besoin de parler, d'échanger et de voir qu'elles ne sont pas seules à vivre ce genre de situation.»

Des «Journées d'entraide» pour hommes sont toutefois dans les cartons, mentionne Mme Desgranges. Du «coaching» de groupe sur des thèmes précis est également offert. Les activités sont encadrées par des intervenantes sociales de la Société. Question de ne pas stigmatiser les gens qui ont des limitations les empêchant de prendre part aux initiatives, un projet-pilote de conseils à domicile a été lancé il y a quelques semaines.

Des nouveautés pour aider les personnes atteintes

Plusieurs études ont prouvé que la musique est un excellent outil de stimulation pour le cerveau. À ce propos, la Fédération québécoise des Sociétés Alzheimer vient de lancer le programme «Music&Memory». Cette initiative de musicothérapie a pour principal objectif de raviver les souvenirs des gens atteints de maladies cognitives.

«Dans plusieurs cas, même si les gens ne parlent plus, ils sont capables de danser ou même de chanter.» Les familles qui le souhaitent auront donc accès à des iPod dans lesquels seront téléchargées quelques-unes des chansons préférées de la personne ayant la maladie.

L'organisation veut aussi «promouvoir la vitalité intellectuelle». Ceci grâce à «Musclez vos méninges». Il s'agit d'un programme d'une dizaine de séances de deux heures. Celui-ci s'adresse aux aînés qui évoluent dans un cadre de vieillissement normal. On y proposera notamment des trucs pour maintenir la mémoire alerte ainsi que de l'activité physique adaptée pour dégourdir ses neurones. La démarche prendra son envol dès ce printemps.

Côté sensibilisation auprès des jeunes, un projet de longue haleine est en branle: Amnézia et Lorenzo. L'initiative s'articule autour de deux marionnettes, une fillette et son grand-père. Celles-ci sont actuellement confectionnées par l'équipe du Théâtre de la Dame de Coeur.

«On veut aller dans les écoles pour sensibiliser les enfants à propos de la maladie d'Alzheimer. Pourquoi grand-papa change-t-il comme ça? Pourquoi ne se souvient-il plus de mon nom? Je suis convaincue que ce sera un excellent outil pour les conscientiser.»

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