Maria Labrecque-Duchesneau prend sa retraite

Maria Labrecque-Duchesneau, fondatrice d'Au coeur des familles agricoles,... (Archives La Voix de l'Est)

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Maria Labrecque-Duchesneau, fondatrice d'Au coeur des familles agricoles, prend sa retraite, mais demeure impliquée au sein de l'organisme comme bénévole.

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Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Granby) Une dame que tous les producteurs agricoles adorent tire sa révérence, mais ne s'en va pas bien loin. «Travailleure» de rang, comme elle le dit, la fondatrice d'Au coeur des familles agricoles (ACFA) et de sa maison de répit a pris sa retraite le 31 décembre. Comme on dit, on peut sortir Maria Labrecque-Duchesneau de l'ACFA, mais on ne peut pas sortir l'ACFA de Maria Labrecque-Duchesneau.

«Ici, c'est le coeur qui mène, ce n'est pas le portefeuille.» Elle a et aura toujours à coeur les producteurs qu'elle épaule depuis maintenant 17 ans. C'est pourquoi elle demeure bénévole pour ACFA et qu'elle continue à siéger sur le conseil d'administration.

«Ce n'est pas une entreprise comme les autres. C'est comme un transfert de ferme. Papa transfère la ferme à son fils ou à sa fille, mais papa n'est jamais très loin, affirme la jeune retraitée de 63 ans. Parfois, il fait les remplacements de fins de semaine.» «Je vais rester disponible, mais la différence c'est qu'il faut que les gens qui me remplacent prennent leur place. Deux personnes me remplacent et doivent donner leur couleur.»

Mme Labrecque-Duchesneau peut regarder en arrière et voir tout le travail accompli. Les débuts n'ont pas été faciles, mais ACFA répondait à un besoin dans le milieu agricole.

«Je dis mission accomplie, je suis très fière de tout ce qui s'est monté.» La fondation de l'organisme, qui a donné naissance à une maison de répit pour producteurs agricoles en 2013, repose sur le constat que les problèmes liés au stress et à l'isolement n'avaient pas changé depuis qu'elle-même habitait sur la ferme familiale.

Répondre à un besoin

«Quand tu viens de la ferme, tu te tiens avec les gens de la ferme. Bizarrement, j'entendais les mêmes affaires qu'il y a 40-50 ans, les mêmes chicanes. En agriculture, on travaille en famille, on travaille souvent avec des cogestionnaires qui sont nos frères ou soeurs. Il fallait faire quelque chose. Le quelque chose, c'est que j'ai parti ACFA. Ce qui m'a frappé, c'est que les producteurs me disaient penser que c'était juste eux qui vivaient [de telles situations]. Quand tu réalises que tu n'es pas le seul qui vit ça, ça fait des petits. Là on réagit autrement, là on fait les choses autrement.»

Au coeur des familles agricoles offre un support adapté au mode de vie agricole. Elle a ainsi créé l'appellation «travailleur de rang». Il arrive que le stress soit tel que l'agriculteur est à bout de souffle. Mme Labrecque-Duchesneau ne s'est jamais permis de leur dire de prendre quelques semaines de congé, mais elle leur suggérait plutôt de prendre un pas de recul pour mieux rebondir. Ce recul était souvent nécessaire pour clarifier une situation ou régler un conflit.

«Une aide comme Au coeur des familles agricoles, c'est de les accueillir avec la maison, c'est de leur dire comment se sentir moins seul. Par exemple, juste de chanter en même temps que la radio, ça occupe le cerveau, on n'est pas dans le négatif. »

Sa fierté

Cette maison de répit, basée à Saint-Hyacinthe, est justement l'une des plus belles réalisations de sa fondatrice. Elle est la première du genre, et toujours la seule. Des Japonais, des Français, des Suisses et des Haïtiens sont venus la rencontrer dans la maison de répit.

«Le concept les intéresse beaucoup. Il se pourrait que je me promène un peu plus dans d'autres pays, mais je n'ai pas eu de demandes officielles. Toute chose doit murir. On sème au printemps et on cueille à l'automne», ajoute-t-elle.

«La deuxième [plus belle réalisation], c'est d'avoir tenu le bout. Quand j'ai fondé ACFA, au départ le monde agricole n'était pas ouvert, mais j'ai tenu bon. C'est aussi d'avoir sauvé tant de vies, confie celle qu'on surnomme la mère Thérèsa de l'agriculture. J'ai tellement sauvé de vies que j'en braillerais.»

Elle est heureuse d'avoir suivi le chemin que la vie lui a tracé. De l'autre côté de la médaille, sa plus grande déception est le manque de ressources en santé mentale. «Ils travaillent fort en santé mentale, mais ce sont les enfants pauvres. Ils manquent de budget, de beaucoup. Il faut plus de ressources.»

Preuve que Maria Labrecque-Duchesneau n'est jamais bien loin, elle a passé la semaine au Salon de l'agriculture, à Saint-Hyacinthe. Épuisée, mais comblée, elle a enlacé de nombreuses personnes qu'elle a connues au fil de sa carrière et d'autres qu'elle rencontraient pour la première fois.

«J'ai tellement été bien accueillie... C'était valorisant, glisse-t-elle. Il fallait que je sois rassurante aussi de mon côté. Mais je pars tellement confiante! Les gens sont derrière ACFA. Les gens du milieu agricole ont compris qu'il y avait une aide spécifique pour eux autres.»

C'est maintenant son tour de prendre du repos. Elle se promet de voyager, de s'occuper d'elle, de son mari et de sa famille.

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