Dans les couloirs de la violence amoureuse

Le policier Sylain Leblanc a proposé le projet... (Janick Marois)

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Le policier Sylain Leblanc a proposé le projet à la Table de concertation pour contrer la violence faite aux femmes en Haute-Yamaska.

Janick Marois

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Karine Blanchard
La Voix de l'Est

(Granby) Ève est amoureuse. Mais peu à peu, son conte de fées se transforme en cauchemar. Son copain commence à la contrôler, à la manipuler, à la dénigrer, à l'éloigner de ses amis. Leur histoire se termine par des actes de violence qui conduiront le jeune homme devant les tribunaux.

Ce récit est peut-être inventé de toutes pièces dans Les couloirs de la violence amoureuse, un labyrinthe multimédia s'adressant aux étudiants du secondaire, mais il reflète plusieurs relations. En l'empruntant, les jeunes suivront le cheminement d'une jeune femme qui devient rapidement victime de violence.

Ils découvriront ainsi les signes précurseurs de la violence, son cycle, son évolution, les conséquences qu'elle entraîne et les façons qui existent pour s'en sortir, explique Carmen Paquin, directrice de la Maison Alice-Demarais qui accueille des femmes victimes de violence conjugale et leurs enfants.

Pendant le parcours, on assiste à des scènes de manipulation, de jalousie et même de violence. On en voit les impacts émotionnels autant chez la victime que chez son agresseur. «On fait découvrir son univers à elle, mais également son univers à lui. On ne veut pas les pointer du doigt, mais on leur dit que si ça se passe comme ça, ils ont besoin d'aide», a expliqué Janie Lussier, adjointe à l'intervention à la Maison Alice-Desmarais, pendant la visite.

L'objectif: prévenir et diminuer les cas de violence conjugale.

Dès l'adolescence

Dès l'adolescence, des femmes se retrouvent prises dans le cercle de la violence amoureuse (elles représentent 80% des victimes). «Ça débute souvent rapidement dans la relation et ça touche les jeunes», affirme Sylvain Leblanc.

Policier à la Sûreté du Québec en Haute-Yamaska depuis 26 ans, M. Leblanc intervient en milieu scolaire depuis 11 ans. C'est lui qui a proposé le projet - un concept développé au Saguenay Lac St-Jean qui se promène aux quatre coins du Québec - aux jeunes de la Haute-Yamaska. «Je trouvais le concept génial», dit-il.

Après quatre ans de planification, le projet qu'il a présenté à la Table de concertation pour contrer la violence faite aux femmes en Haute-Yamaska prend son envol. Le labyrinthe installé au Centre Jean-Paul Régimbal de Granby accueillera en janvier plus de 800 élèves de 4e secondaire des écoles publiques et privées de la Haute-Yamaska.

Une trentaine d'intervenants issus d'une vingtaine d'organismes impliqués auprès de la table de concertation feront visiter le labyrinthe aux jeunes. Des agents des services de police de Granby et de Bromont ainsi que de la Sûreté du Québec en Haute-Yamaska participent également aux visites.

L'auteure-compositrice-interprète Andréanne A. Malette a accepté d'être la porte-parole du projet. «J'ai tout de suite été interpellée», dit-elle, ajoutant que l'adolescence est une période cruciale pendant laquelle on se construit. «Notre première relation donne souvent le ton aux autres», enchaîne la jeune femme.

La Granbyenne n'a eu que de bons mots à l'endroit des organisateurs et du projet. «Je suis convaincue que vous sauvez bien du temps à ces jeunes et même des vies», a-t-elle mentionné.

Plusieurs adolescents sont sortis ébranlés de leur visite du labyrinthe. «C'est très intense. Tu le ressens en dedans», a confié Enrik Marquis, un jeune de 5e secondaire.

 «Je trouvais ça lourd à porter sur mes épaules. Ça démontre jusqu'où ça peut aller», renchérit Marianne Laplante, une élève de 15 ans de 4e secondaire.

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