«Ça prend du courage pour s'ouvrir aux autres»

Les immigrants syriens ne sont pas une menace,... (Alain Dion, La Voix de l'Est)

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Les immigrants syriens ne sont pas une menace, dit Gilles Gougeon. «Accueillons-les comme il le faut en sachant qui ils sont et qui nous sommes», plaide l'ex-journaliste.

Alain Dion, La Voix de l'Est

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Pascal Faucher
La Voix de l'Est

(Granby) Journaliste, auteur et maintenant conférencier, Gilles Gougeon a toujours privilégié l'ouverture sur le monde. L'arrivée prochaine de nombreux immigrants syriens n'a pas changé sa philosophie.

«On a toujours peur de ce qu'on ne connaît pas», a soutenu l'ancien animateur de Tous pour un et de La facture devant quelque 200 élèves réunis à l'auditorium de l'école secondaire Joseph-Hermas-Leclerc, mardi.

«Ça prend du courage pour s'ouvrir aux autres et pour s'affirmer, aussi. Accueillons-les comme il le faut en sachant qui ils sont et qui nous sommes.»

M. Gougeon, 72 ans, est venu rencontrer les élèves du programme d'éducation internationale au sujet de son livre le plus célèbre, Taxi pour la liberté, dont les personnages sont inspirés de gens qu'il a rencontrés lors de ses reportages à l'étranger.

Au sujet des déplacements de populations, il a rappelé que le Canada était essentiellement un pays d'immigrants. «Les Français ont été les premiers, puis les Anglais, les Italiens, les Grecs, les Haïtiens... C'est pas la première fois que ça arrive. On a toujours été multiples. Refuser du monde? Si on grandit comme société, c'est parce qu'on accepte du monde et qu'on grandit avec eux.»

La menace terroriste inquiète, reconnaît l'ex-journaliste. «Statistiquement, oui, il peut y avoir quelques débiles, mais la police s'en occupera. Ces gens fuient la guerre et le Canada, c'est immense. L'important, c'est de ne pas laisser les religions contaminer nos valeurs civiques. Il faut rester perméable aux autres sans s'abolir soi-même.»

Nouveau défi

Il associe ce débat à une quête d'identité, thème central de ses romans. L'ouverture des frontières, la libre circulation des idées et des capitaux a tout changé, dit-il.

«La quête d'identité est le nouveau défi de XXIe siècle. Qui sommes-nous? Quelles sont nos valeurs? Confrontés à l'autre, ce sont les questions qu'on se pose.» L'ex-journaliste définit ainsi les valeurs canadiennes: respect, liberté et autonomie.

«Avec ça, tu peux faire le tour du monde», dit celui qui a visité 40 pays en 55 années de carrière.

Retraité depuis deux ans, Gilles Gougeon se dit heureux d'être lu par des jeunes et que son ouvrage soit devenu une lecture obligatoire dans plusieurs écoles secondaires.

«Quand on est auteur, on n'existe que si on est lu, dit celui qui prépare son prochain roman pour 2016. Ça ne plaît pas nécessairement à tout le monde, et c'est normal.»

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