Hausse décriée par les syndiqués

Frédéric Boulet, président de la Fraternité des policiers... (Archives La Voix de l'Est)

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Frédéric Boulet, président de la Fraternité des policiers et policières de Granby.

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Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est

(Granby) Les élus de Granby ont consenti, lors de la dernière séance du conseil municipal, à bonifier la rémunération du personnel-cadre du service de police. Une décision qui ne fait toutefois pas le bonheur des membres de la Fraternité des policiers et policières de Granby alors qu'ils n'ont toujours pas digéré la décision rendue par l'arbitre pour le renouvellement de leur convention collective.

Pascal Bonin, maire de Granby.... (Alain Dion, La Voix de l'Est) - image 1.0

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Pascal Bonin, maire de Granby.

Alain Dion, La Voix de l'Est

«Moi, je suis d'accord avec le concept d'équité externe et de rémunération globale, mais mes gars et mes filles pensent que les cadres ont reçu un cadeau pour le bon travail qu'ils ont fait quand ils se sont battus contre nous en arbitrage. Ils pensent que c'est fait avec l'argent économisé sur notre dos», a laissé tomber mardi le président de la Fraternité, Frédéric Boulet.

Lundi, le conseil municipal a consenti deux choses aux cadres du service de police: un ajustement de leur grille salariale de 2,6%, de même qu'une allocation de retraite qui correspond à une semaine de salaire par année de service à titre d'employé-cadre.

Un seul conseiller municipal s'est opposé à ces mesures: Robert Riel, retraité du service de police (voir autre texte).

Iniquité

Dans le premier cas, l'ajustement est justifié par la récente décision de l'arbitre, qui a revu à la hausse la rémunération des lieutenants syndiqués. «On veut que le différentiel entre le capitaine (cadre) et le lieutenant soit de 10% entre les deux salaires. Avec la décision arbitrale, ce dix pour cent là n'était pas respecté, alors on fait un ajustement de la grille salariale», a précisé mardi le directeur général de la Ville, Michel Pinault.

À noter que cet ajustement de 2,6%, rétroactif au 1er janvier 2015, s'ajoute à la hausse annuelle, de 2,5%, des employés-cadres.

L'allocation de retraite, elle, vise à corriger une «grande iniquité» qui avait cours depuis 2007, fait valoir le maire de Granby, Pascal Bonin. «Le problème, c'est que quand les cadres prenaient leur retraite, les 10 premières années, ils avaient moins que les policiers standards. (...) Quand tu regardes les chiffres, tu te dis que ce n'est pas trop payant de devenir cadre», dit-il.

M. Bonin reconnaît que «ce n'est jamais le bon timing pour passer un dossier comme ça». Mais cela devait être fait pour inciter les employés locaux à grimper les échelons, estime-t-il.

Bon réflexe

Frédéric Boulet, président de la Fraternité des policiers et policières de Granby, affirme qu'avec ces nouvelles mesures «les cadres se comparent à leurs comparables», selon un principe d'équité externe. «J'aime ce concept-là», dit-il. Aussi, la nouvelle allocation de retraite s'inscrit, selon lui, dans un principe de «rémunération globale».

«J'espère que ce réflexe-là va aussi être bon pour les policiers syndiqués lorsqu'ils vont arriver à la table de négociation. Avec des réflexes comme ceux-là, s'ils (la partie patronale) ont la même ouverture d'esprit qu'ils ont avec leurs cadres, on va peut-être éviter le gouffre, la confrontation et l'arbitrage», déclare M. Boulet.

Leur convention collective réglée pour la période de 2011 à 2013, les policiers doivent maintenant négocier leur convention collective pour les années 2014 à 2016.

À l'heure actuelle, ils sont cependant amers de la décision de l'arbitre, notamment au sujet de leur rémunération, qui fait d'eux «les policiers les moins bien rémunérés au Québec», a récemment affirmé le président de la Fraternité.

Dans les circonstances, la révision à la hausse des conditions du personnel-cadre du service de police n'a fait que raviver le mécontentement des policiers, selon Frédéric Boulet. «Les téléphones et les courriels n'arrêtent pas de rentrer depuis hier (lundi). (...) On sent que c'est nous qui avons subventionné ça», laisse-t-il tomber.

Robert Riel, conseiller municipal.... (Janick Marois, Archives La Voix de l'Est) - image 2.0

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Robert Riel, conseiller municipal.

Janick Marois, Archives La Voix de l'Est

Robert Riel défend les «citoyens payeurs de taxes»

Le conseiller Robert Riel n'a pas évalué la révision des conditions de travail des employés-cadres du service de police de Granby avec ses yeux de policier retraité, mais bien avec ceux «du citoyen payeur de taxes». Et il n'appuie pas ce qui a été consenti par la majorité des élus.

«On avait déjà voté une politique de rémunération des cadres l'année passée avec une augmentation annuelle de 2,5 %. Là, on vient de leur rajouter 2,6 %, ce qui fait un total de 5,1 %. Ça va à l'encontre de la politique de l'an dernier», a-t-il réitéré mardi.

Même raisonnement pour l'allocation de retraite consentie aux employés-cadres du service de police.

En vertu de celle-ci, ils auront droit à une semaine de salaire par année de service à titre de cadre. «C'est une prime de départ déguisée», estime Robert Riel.

«Quand tu es cadre, tu es payé en conséquence. Le salaire est déjà un gros avantage. Rajouter à sa rémunération un autre 15, 20 semaines de salaire (selon la période d'emploi à titre de cadre), c'est complètement injustifié quand la majorité des citoyens n'ont pas de fonds de pension», considère celui qui affirme n'avoir jamais occupé un poste de cadre par «choix», car il préférait se trouver «sur le terrain».

«Là, je ne suis plus policier. Je suis là pour défendre les citoyens. Quand je me suis présenté comme conseiller, c'était pour que l'argent soit dépensé à la bonne place», lance par ailleurs Robert Riel.

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