Père qui a abandonné son bébé : 16 mois à purger chez lui

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Le père de famille de Racine, photographié au moment des recherches menées pour retrouver son enfant, en avril 2009.

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Michel Laliberté
Michel Laliberté
La Voix de l'Est

(GRANBY) Le père qui a abandonné son bébé de 13 mois dans un bois de Sainte-Anne-de-la-Rochelle, en avril 2009, devra passer les 16 prochains mois chez lui.

C'est la sentence qu'a rendue hier matin le juge François Marchand de la Cour du Québec. Se basant sur un rapport présentenciel très favorable à l'homme de 36 ans, le magistrat l'a condamné à une peine à purger dans la collectivité, lui évitant de séjourner dans une vraie prison pour ce délit qu'il a qualifié «d'épouvantable» et qui a causé un «choc dans la société». La Couronne réclamait une sentence de trois ans et demi de prison, soit un peu moins que la peine maximale pour ce type de crime.

L'homme de 36 ans, dont on ne peut dévoiler l'identité pour protéger celle de son fils maintenant âgé de 3 ans, était fortement intoxiqué le 26 avril 2009 lorsqu'il s'est enfui avec le bambin du logis qu'il partageait avec la mère de son enfant à Racine. La preuve a révélé qu'il avait consommé ce soir-là des amphétamines, du cannabis, de la cocaïne et de la bière. Au volant de l'automobile de sa conjointe, l'homme a fait une sortie de route près de l'intersection des routes 243 et 220. Il s'est alors réfugié avec son enfant dans le bois, croyant être poursuivi par des «planteurs de pot», selon ce qui a été dit en cour. C'est à cet endroit qu'il a abandonné son fils.

Le bébé a été repéré 12 heures plus tard par le pilote de l'hélicoptère de la Sûreté du Québec. Ses collègues au sol l'ont retrouvé avant de le remettre aux ambulanciers. Le bambin souffrait d'engelures aux joues. Il ne garde aucune séquelle de cet incident, a souligné hier le juge. C'est la mère de l'enfant qui avait signalé aux policiers la disparition de son conjoint et de leur enfant. Ils ont ratissé le secteur où son automobile avait quitté la route.

Régler ses problèmes

À sa sortie de la cour, le père du bambin n'a pas voulu répondre aux questions des journalistes, quittant rapidement l'étage pour le greffe situé au deuxième niveau. Là, il a dû signer des documents et se rapporter à un agent de probation.

C'est son avocat, Me Serge Michon, qui s'est adressé aux médias. Celui-ci était très content de la sentence puisqu'elle reprenait en presque totalité les arguments qu'il a présentés au juge lors de sa plaidoirie. «L'accusé a travaillé fort pour régler ses problèmes de consommation, il a travaillé fort pour sa réhabilitation», a-t-il fait remarquer.

Le juge Marchand a en effet souligné que l'homme avait cessé de consommer des drogues et de l'alcool, qu'il exprimait des remords et des regrets de cette «erreur monumentale» et qu'il avait une bonne relation avec son fils. Il vit maintenant avec une autre femme et les quatre enfants de celle-ci. Sa nouvelle conjointe assure qu'il est exemplaire avec ses enfants et se comporte en bon père lorsqu'il est avec son fils, dont il a la garde un week-end sur deux.

Il y a peu de chances que son client sombre à nouveau dans le délire, a affirmé Me Michon. En ce sens, la sentence est juste, a-t-il indiqué, et ce, même s'il la considère comme sévère. «C'est une sentence difficile pour un individu. Vous ne pouvez pas aller dehors; vous devez toujours rester chez vous. C'est très sérieux.»

En clair, la sentence fait que l'homme devra rester chez lui 24 heures sur 24 lors des huit prochains mois. Il disposera de quatre heures le samedi pour faire ses courses et de deux plages horaires de trois heures la semaine pour se chercher un emploi. Au terme de cette première étape, il sera confiné chez lui entre 21h et 6h pour les quatre mois subséquents, puis de 23h à 6h pour les quatre derniers mois de sa sentence.

L'homme devra en outre payer une amende de 300$ pour voie de fait. Il s'est également reconnu coupable d'avoir bousculé une femme qui l'avait pris en auto-stop près du lieu de son accident. Il a pris les clés de son véhicule et s'est enfui avec. Les policiers l'ont arrêté alors qu'il se trouvait à l'hôpital Brome-Missisquoi-Perkins à Cowansville.

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