Confondu avec un sanglier, un cochon vietnamien abattu

Piggy, un cochon vietnamien, a été abattu par... (Fournie)

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Piggy, un cochon vietnamien, a été abattu par les agents de la Faune qui l'ont confondu avec un sanglier, une espèce exotique envahissante. L'animal avait réussi à sortir de son enclos et les policiers avaient été appelés pour le ramener chez ses propriétaires.

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Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Rougemont) Philippe Beauregard et Marie-Pier Lussier sont dévastés. Ils ont appris vendredi matin que leur cochon vietnamien, une race de cochons domestiques, a été abattu par les agents de la Faune, qui croyaient, à tort, qu'il s'agissait d'un sanglier.

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Piggy était un membre de la famille de Philippe Beauregard et Marie-Pier Lussier, qui l'élevaient depuis 2015.

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Le couple a appris le triste sort de leur truie après que La Voix de l'Est eut publié un article sur le déploiement policier dans le rang de la Montagne, tôt vendredi matin. Les policiers de la Sûreté du Québec avaient été avisés que l'animal était libre comme l'air et se promenait sur le terrain d'une résidence et s'étaient rendus sur place.

Les agents de la Faune ont à leur tour été contactés, vers 7 h 40. « Nos agents se sont rendus sur place peu de temps après parce que c'est [considéré comme] une espèce exotique envahissante. Naturellement, on ne prend pas de risque, et on la sort de l'écosystème le plus vite possible », a indiqué Jacques Nadeau, responsable des communications pour les dossiers de faune au ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs à La Voix de l'Est. Traduction : on tue l'animal.

Il ne nous a pas été possible de connaître leur processus de vérification pour reconnaître l'espèce en question.

En moins d'une heure, l'intervention des policiers et des agents de la faune était terminée.

Un cochon pas comme les autres

Quand les propriétaires de la bête ont appris la nouvelle de sa mort, « on s'est mis à pleurer », admettent-ils.

Le cochon vietnamien, qui répondait au nom de Piggy, était dans la famille de Philippe Beauregard- et de sa conjointe Marie-Pier Lussier depuis novembre 2015. La truie a habité dans la maison familiale et, comme un chien, avait appris à demander la porte pour sortir faire ses besoins. La date de son anniversaire, le 19 octobre, était même inscrite dans le calendrier au même titre que les humains de la maisonnée.

Pour faciliter les soins apportés à Piggy quotidiennement pendant la haute saison, ils l'ont installée à la ferme agrotouristique appartenant à Philippe et sa soeur Marjolaine, le Potager Mont Rouge Halte gourmande. Elle en est rapidement devenue- la mascotte. 

En appelant la Faune vendredi matin, M. Beauregard croit que les policiers se sont déchargés d'une responsabilité. Ils auraient même eu en main les informations sur les propriétaires et ils savaient que Piggy n'était pas un sanglier, a-t-il découvert au terme d'une petite enquête qu'il a menée dans son entourage pour tenter de comprendre. « En sortant, mon voisin a vu qu'il y avait un risque d'accident, alors il a appelé la police, rapporte-t-il. Quand ils sont arrivés, les agents ont dit qu'ils ne pouvaient pas abattre la bête parce qu'elle n'était pas agressive. Un voisin plus loin sur le rang leur a dit que c'était notre cochon et que nous nous en servions pour l'attraction. La policière a répondu qu'elle n'avait pas le temps à perdre avec ça, que la Faune arrivait pour l'abattre. »

« Ils n'ont pas fait de vérifications- ! » fustige-t-il.

deuil difficile

Encore émotif, M. Beauregard s'est rendu au poste de police pour déposer une plainte, mais il ne s'est pas senti bienvenu ni écouté. On a refusé de lui expliquer la situation, affirme-t-il, tout comme de prendre sa plainte. 

« Il n'y avait aucune raison de l'abattre », expose-t-il en parlant de la gentillesse de l'animal. Les passants qui se sont arrêtés ont d'ailleurs pu constater son amabilité, a-t-on rapporté- à La Voix de l'Est

« Il y a un mauvais raisonnement quelque part. Il a bien fallu que la policière demande l'autorisation pour appeler les agents de la Faune ! » dit-il à propos du processus décisionnel. Il croit que, s'il s'était agi d'un chien, l'animal aurait été capturé plutôt qu'abattu.

Non seulement l'absence de réponses est dure à digérer, mais l'absence de dépouille rendra le deuil difficile à faire. Le corps de Piggy a été laissé sur le bord de la route et a été ramassé plus tard en avant-midi par le ministère des Transports du Québec.

- avec la collaboration de Karine Blanchard

Un cochon vietnamien en cavale abattu




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