Algues bleues: la vraie priorité, selon des maires

Les problèmes de cyanobactéries dans le lac Champlain... (Janick Marois, archives La Voix de l'Est)

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Les problèmes de cyanobactéries dans le lac Champlain ne font pas partie des priorités de la Commission mixte internationale, déplorent les maires des municipalités riveraines du plan d'eau.

Janick Marois, archives La Voix de l'Est

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Michel Laliberté
La Voix de l'Est

(Venise-en-Québec) La Commission mixte internationale (CMI) continue de concentrer ses efforts pour prévenir des inondations dans le lac Champlain et la rivière Richelieu plutôt que de s'intéresser aux problèmes des cyanobactéries qui affligent le lac.

Des maires de la région ainsi que le député libéral Denis Paradis avaient critiqué ce choix au début de l'été. Leurs pressions n'ont pas permis de faire changer de cap la CMI, l'entité responsable de gérer les lacs qui s'étendent autant au Canada qu'aux États-Unis.

«C'est intéressant qu'ils y travaillent. Mais ce n'est pas la bonne priorité», affirme Jacques Landry, maire de Venise-en-Québec. «C'est quand même rare qu'on a des inondations. On en a eu une seule depuis que j'ai été élu maire en 2006. C'était celle de 2011. Mais les cyanobactéries, on en a tous les ans. C'est ça le problème qu'on veut régler. La priorité, si on veut laisser un lac propre à nos enfants, c'est de s'attaquer aux algues bleues.»

M. Landry est sorti déçu d'une rencontre vendredi dernier portant sur le travail de la Commission mixte internationale. En compagnie de ses collègues des municipalités riveraines du lac Champlain ou qui en tirent leur eau potable, il a écouté les présentations de représentants de la CMI. Elles concernaient toutes des questions liées aux inondations. Aucun travail n'est effectué pour trouver des solutions afin d'enrayer les éclosions d'algues bleues, déplore-t-il.

Les municipalités ont appris de leurs erreurs lors d'inondations, croit M. Landry. «On a revu toute notre réglementation. On exige maintenant des solages plus élevés, des mesures pour protéger les maisons. On n'émet des permis de construction que si les gens nous prouvent que leur maison sera immunisée contre les inondations. On n'est pas à l'abri d'une inondation, mais on peut se préparer. Et c'est ce que les municipalités ont fait.»

Les maires, a dit M. Landry, ont exprimé leur déception aux représentants de la Commission mixte. Ils leur ont clairement demandé de revoir leur priorité, a-t-il dit.

Appel au ministre Dion

Une représentante du ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, assistait à la rencontre, a indiqué M. Landry. La Commission mixte est sous l'autorité de ce ministère. «Elle a pris pas mal de notes de ce que les maires avaient à dire», a-t-il souligné.

Le maire Landry a bon espoir que le ministre Dion interviendra auprès de la Commission pour qu'elle s'intéresse aux problèmes de cyanobactéries du lac Champlain. «Le ministre Dion sait ce qu'on vit ici avec les algues bleues. Il est venu à quelques reprises ces dernières années. Il était avec nous sur une croisière l'année dernière, avec d'autres maires, et pas mal tout le monde lui en a parlé. Ce qu'on veut, c'est que ça soit une priorité.»

Dans son budget présenté en mars, le ministre des Finances Bill Morneau a réservé un montant de 7,5 millions de dollars pour le lac Champlain et la rivière Richelieu. Les maires souhaitent que l'argent serve à améliorer la qualité de l'eau du lac, notamment en combattant les cyanobactéries.

L'attachée de presse de M. Dion, Chantal Gagnon, n'était pas en mesure mercredi de nous parler. Elle est à l'extérieur du pays, accompagnant le ministre, nous a-t-on dit au cabinet. M. Paradis ne nous a pas rappelés hier.

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