Le maire de Stukely-Sud démissionne

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Après avoir lu une lettre annonçant son départ, dont nous n'avons pu obtenir copie, le maire Gérald Allaire s'est levé et a quitté immédiatement l'hôtel de ville mardi soir.

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Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Stukely-Sud) Le maire de Stukely-Sud, Gérald Allaire, a quitté ses fonctions en début de séance du conseil municipal, mardi soir.

Sans en préciser la nature, M. Allaire évoque des raisons personnelles pour justifier sa démission. Il aurait récemment vendu sa propriété et quitterait la municipalité pour s'établir ailleurs.

Après avoir lu une lettre annonçant son départ, dont nous n'avons pu obtenir copie mercredi, l'élu, qui ne complètera donc pas son troisième mandat, s'est levé et a quitté immédiatement l'hôtel de ville, ont confirmé plusieurs sources.

Une révérence sans tambour ni trompette pour celui dont la gouvernance était contestée par plusieurs citoyens qui se sont mobilisés au cours des derniers mois, notamment pour réclamer plus de transparence de la part des élus.

«Le rôle d'un conseil municipal est de transmettre l'information. Mais les conseillers ne disaient absolument rien. On s'attend à de la transparence, mais on a rarement eu des réponses à nos questions», souligne un citoyen, Patrick Binckly.

«Pour plusieurs, c'est un soulagement parce que c'était assez opaque (comme administration)», constate pour sa part Eutiquio Alvarez.

«On a pu sentir la détente pour le conseil municipal: c'est comme s'ils commencent à récupérer leurs droits», a-t-il ajouté, mentionnant par la bande qu'il était fréquent, selon lui, que le maire «passe par-dessus le conseil quand il le voulait».

Recours

M. Allaire quitte alors que la municipalité se trouve impliquée dans plusieurs recours, à commencer par la poursuite de plus de 420 000$ de l'entreprise bromoise Mini Excavations G.A.L. Inc., dont les audiences ont eu lieu la semaine dernière.

Selon la requête, Stukely-Sud aurait résilié «abusivement» un contrat d'entretien et de déneigement des chemins de la municipalité en 2013, après avoir fait preuve de «mauvaise foi» dès les premiers balbutiements du dossier, l'année précédente.

Stukely-Sud avait refusé deux offres de règlement lors de sa séance d'août. Le juge Sylvain Provencher devrait trancher sur le cas d'ici la fin de 2016.

Rappelons également que le maire démissionnaire était cité à comparaître jeudi matin à la Commission municipale du Québec (CMQ), à Montréal. La procureure indépendante mandatée par le tribunal administratif prévoit y déposer une requête pour faire tomber l'audience prévue en octobre à Sherbrooke pour traiter la plainte en matière d'éthique et de déontologie logée contre l'ex-maire, faute de preuves suffisantes.

Dans sa plainte, l'ancien résident de Stukely-Sud Ivan Francoeur reprochait à M. Allaire d'avoir manqué à son devoir en permettant aux camions de l'entreprise Normand Jeanson Excavation inc. de circuler sur le chemin Robert-Savage malgré l'adoption, en 2010, d'un règlement bannissant le transport lourd sur plusieurs artères de la municipalité.

En fin de journée mercredi, la CMQ a confirmé que l'audience prévue le 13 octobre aurait tout de même lieu. Il y a quelques semaines, M. Allaire se disait confiant de voir cette plainte abandonnée par la commission.

Le plaignant entend quand même aller jusqu'au bout de sa démarche, question de principe. «Même s'il n'encourait qu'une suspension temporaire dans le pire des cas, même s'il a démissionné, que la Commission le blâme serait une victoire pour nous», a allégué M. Francoeur.

Lui-même et un autre citoyen, Carlos Medeiros, avaient d'ailleurs poursuivi la municipalité et Norman Jeanson Excavation inc. à la cour des petites créances en lien avec ce dossier.

Dans le premier cas, le juge avait ordonné à la municipalité et au maire Allaire de payer 4000$ de dommages à M. Francoeur, tandis que seule la compagnie d'excavation a été condamnée à indemniser M. Medeiros, puisque les élus et Stukely-Sud avaient été exonérés de tout blâme. Un appel est dans les cartons dans le cas de M. Medeiros, nous a-t-on confirmé.

Sous enquête

Par ailleurs, la municipalité est également sous enquête par le Service de surveillance de la pratique illégale de l'Ordre des ingénieurs du Québec. Selon Patrick Leblanc, conseiller en communication de l'Ordre, l'enquête a été amorcée à la mi-juin à la suite d'une plainte concernant certains travaux menés par la municipalité et qui auraient dû être réalisés par un ingénieur en vertu de la loi.

«L'Ordre dispose d'une année à partir de la connaissance des faits pour émettre des constats d'infraction si, au terme de son enquête, il estime qu'il y a eu contravention à la Loi», a fait savoir M. Leblanc, ajoutant que l'ordre ne commenterait pas davantage la situation.

Le conseiller Charles L'Heureux-Riel assurera la suppléance à la mairie d'ici la fin de l'année. L'élection partielle devrait se dérouler au cours des prochains mois.

M. Binckly, dont les ambitions politiques pour 2017 étaient déjà connues, a fait savoir qu'il envisagerait peut-être présenter sa candidature comme conseiller si l'un des échevins cède son siège pour succéder à M. Allaire.

Nos messages vocaux enregistrés à l'hôtel de ville, au domicile et sur le cellulaire de M. Allaire sont demeurés sans réponse de la part du principal intéressé, mercredi.

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