«Je n'abandonnerai pas»

David Doonan s'est blessé sérieusement à la main... (Catherine Trudeau, La Voix de l'Est)

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David Doonan s'est blessé sérieusement à la main droite dans un accident de travail le 11 mai dernier.

Catherine Trudeau, La Voix de l'Est

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(Dunham) Après avoir subi en mai dernier un terrible accident de travail où sa main droite a été lourdement blessée, David Doonan voit aujourd'hui la vie d'un nouvel oeil et souhaite inspirer du positivisme dans son entourage.

Aussi étonnant que cela puisse paraître, le grand gaillard se dit plus heureux depuis qu'il a vu sa main être broyée entre deux rouleaux servant à écraser du plastique roulant à 80 pieds par seconde, le 11 mai dernier.

«J'ai compris qu'il faut que je vive ma vie maintenant, lance-t-il, lors d'un long entretien avec La Voix de l'Est. Depuis que j'ai fait ce constat, je vis ma vie au présent et je me sens beaucoup mieux. On tient tout pour acquis. J'ai tenu ma main pour acquise. Mais tout peut changer en l'espace d'une seconde.»

L'homme de 43 ans l'avoue: le chemin pour en arriver à cette vision de la vie a été parsemé d'embûches. Le processus a été extrêmement ardu et il lui arrive encore de traverser des moments difficiles. «Je vois un psychologue, un ergothérapeute, un physiothérapeute. Ça m'arrive parfois d'avoir le moral à terre, de pas avoir envie de me lever. Le plus dur, c'est de penser aux choses que je pouvais faire avant qui maintenant me sont impossibles», avoue M. Doonan.

«J'ai dû mettre une croix sur plusieurs choses, comme la chasse et la moto. Mais une fois que j'ai compris que les activités que je faisais ne me définissaient pas comme personne, ça m'a beaucoup aidé à accepter la situation», ajoute-t-il.

Aujourd'hui, le Cowansvillois d'origine qui habite Dunham souhaite mettre le sourire dans le visage des gens qu'il croise. «Je veux être un positif dans un monde qui est négatif. Je veux faire une différence. Et tu sais quoi? Je n'abandonnerai pas, pour tous ceux qui souffrent. Aujourd'hui, ce qui me fait du bien, c'est de rendre les autres heureux», martèle-t-il avec une conviction déconcertante.

«Je suis content que ce soit arriver à moi et non à mes hommes. Je suis capable de le prendre», dit gravement le formateur pour l'entreprise Emballage Performant, de Cowansville.

Dire merci

C'est pourquoi il a réalisé l'importance de remercier les gens. «Dès que j'ai l'occasion, je dis merci. Je suis reconnaissant de ce que les gens font pour moi», affirme David Doonan.

Il a commencé par remercier la docteure et la chirurgienne qui l'a opéré, Dominique Tremblay. «Cette dame-là, c'est une perle. Elle a fait le choix d'aider les autres et je me sens privilégié de la connaître. On a besoin d'autres personnes comme elle», avoue-t-il, très admiratif.

«Je lui ai dit: "Dominique, merci. Merci pour les études que tu as faites. Merci pour la soirée que tu as manqué pour m'opérer et sauver ce qui restait de ma main"», raconte le quadragénaire.

Il ne s'est pas arrêté là. Il est allé voir les ambulanciers qui l'ont transporté jusqu'à l'hôpital Notre-Dame, à Montréal. «Ils m'ont dit que c'est une des premières fois que quelqu'un revient les voir pour les remercier. C'est très rare qu'ils aient un suivi pour les personnes qu'ils sauvent», dit M. Doonan.

Il remercie aussi tous les infirmiers qui l'ont pris en charge. «Ils ont tellement été rassurants avec moi. Ils m'ont permis d'accepter ma situation et de croire en l'avenir», renchérit-il.

Aujourd'hui, l'attente dans les hôpitaux ne le dérange plus et il espère que la population deviendra plus patiente envers les acteurs de la santé. «On est un peuple de chialeux. Il faut comprendre qu'ils ne nous font pas attendre pour mal faire. Ils sont extrêmement occupés et ils sont sûrement en train de sauver des vies», soutient-il.

Espoir

Après avoir subi déjà deux interventions chirurgicales, David Doonan devrait retourner sur la table d'opération en novembre pour une troisième fois, lui qui conserve l'espoir de retrouver un semblant de main.

À la suite de l'accident, trois de ses doigts ont en quelque sorte fusionné pour ne faire qu'un. L'opération consistera à découper autour de chaque os pour en faire des doigts séparés.

«Je vais me retrouver avec une sorte de pince. Ça va m'aider dans la vie de tous les jours. Dre Tremblay estime que je devrais retrouver 50% de la capacité, se réjouit-il. C'est fou, il y a quelques années on m'aurait amputé et aujourd'hui, on va pouvoir sauver ce qui me reste.»

M. Doonan ne sait pas encore à quel moment il reprendra le chemin du boulot. Il souhaite prendre son temps pour être certain que le retour au travail se fera dans de bonnes conditions. «J'ai hâte de retrouver mes collègues, mais en même temps, je ne souhaite pas revenir trop vite. J'ai peur d'être stressé», confie le formateur.

Depuis quelque temps, David Doonan a décidé de ne plus cacher sa main. «Avant, je cachais ça dans un bas. Mes enfants m'ont convaincu d'arrêter. Ils m'ont dit que je n'avais pas d'affaire à être gêné de ça», dit-il. Ils ont raison.

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