Retour à la case départ

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Dans le cadre l'implantation par Hydro-Québec d'une nouvelle ligne électrique à Bromont, les élus ont rejeté l'option du chemin Farr en plus de réitérer leur opposition aux quatre scénarios originaux. Le conseiller Louis Villeneuve (à droite) demande à la société d'État de «retourner à la planche à dessin.»

Janick Marois, La Voix de l'Est

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Bromont) Retour à la case départ dans le dossier de l'implantation d'une nouvelle ligne électrique dans le secteur du lac Bromont. En effet, les élus viennent de rejeter l'option d'un tracé passant par la rue Farr, à la suite du dépôt du rapport d'une firme embauchée par la Ville.

Devant l'impasse, les membres du conseil municipal ont également réitéré à Hydro-Québec leur opposition aux quatre scénarios originaux. La balle est donc dans le camp de la société d'État, qui devra trancher.

«Avec Hydro-Québec, on se bat avec des fusils à l'eau, a imagé le conseiller municipal du district lac Bromont, Louis Villeneuve, lors de la récente séance du conseil. [...] La Ville est prise en otage là-dedans parce qu'on nous a poussés à prendre une décision.»

En fait, le projet émane de la construction du nouveau poste d'Adamsville. De multiples modifications au réseau de distribution sont prévues. Le remplacement du circuit existant par des équipements triphasés (trois fils), érigés en bordure de la route, est notamment dans les cartons. Hydro-Québec avait proposé quatre tracés, entre autres dans les secteurs champêtres des chemins de Gaspé et de Magog, soulevant la grogne chez de nombreux résidants concernés.

Consultation publique

La société d'État avait tenu, à la suite d'une proposition de M. Villeneuve, une consultation publique sur le sujet, le 14 juillet à l'hôtel de ville de Bromont. Encore une fois, les citoyens présents ont fait valoir leur mécontentement, notamment en raison du déboisement et de la pollution visuelle qu'engendre l'implantation de telles lignes électriques.

Les élus ont donc demandé à Hydro-Québec par voie de résolution en août de «trouver une solution alternative pour la nouvelle distribution électrique dans le secteur du lac Bromont». Le chemin Farr avait par ailleurs été évoqué comme option. Or, ce circuit serait plus long et nécessiterait d'abattre plusieurs arbres. La Ville devrait également prolonger le réseau routier pour permettre l'accès à la ligne électrique. C'est notamment ce qui ressort du rapport du Groupe Desfor, embauché par la localité.

Ainsi, les élus ont conclu, lundi, «d'informer Hydro-Québec que la Ville retire le chemin Farr des options proposées» et «que la Ville ne privilégie aucun des tracés, mais qu'elle exige que les considérations liées aux routes champêtres ou composantes biophysiques et aux impacts du lac Bromont soient intégrées dans le tracé retenu.»

De plus, la firme Desfor, spécialisée en foresterie puis en environnement, a été mandatée pour suivre de près les travaux menés par la société d'État.

Opposition symbolique

Louis Villeneuve a marqué sa dissidence en s'opposant symboliquement à cette résolution. «La ligne triphasée n'est pas une option, mais une nécessité. Maintenant, la question est: où doit-elle passer? Dans un environnement naturel comme celui de Bromont, j'admets que c'est tout un défi pour Hydro-Québec. [...] Nous avons eu droit à une séance de consultation lors de laquelle les citoyens ont clairement exprimé leur opposition aux tracés proposés.»

«Je ne doute absolument pas qu'Hydro-Québec ait fait des études, mais je doute qu'il n'y ait pas d'autre solution que de venir altérer de façon irréversible des chemins patrimoniaux et panoramiques qui sont reconnus comme l'un des 20 trésors culturels de Bromont. [...] Je demande donc à Hydro-Québec, s'ils ont réellement à coeur l'environnement et la collaboration citoyenne, de retourner à la planche à dessin et de faire un effort supplémentaire pour nous proposer une solution qui nous assure un plus grand respect de l'environnement et de nos routes panoramiques et patrimoniales.»

Jérôme Dussault est un résidant du chemin de... (Archives La Voix de l'Est) - image 2.0

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Jérôme Dussault est un résidant du chemin de Gaspé, où pourrait passer la nouvelle ligne électrique d'Hydro-Québec.

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«Les dés étaient pipés depuis le début»

Jérôme Dussault, un résidant du chemin de Gaspé où pourrait passer la nouvelle ligne électrique d'Hydro-Québec à Bromont, est un militant de la première heure pour éviter de «défigurer les routes panoramiques» du secteur ciblé. Or, des informations qu'il a recueillies laissent présager que la société d'État fait fi des opinions et des intérêts de la population dans le dossier.

À l'origine, Hydro-Québec avait présenté quatre tracés, entre autres dans les secteurs champêtres des chemins de Gaspé et de Magog. L'option du chemin Farr, proposée par la Ville, semblait très prometteuse. Or, les élus ont mis une croix sur celle-ci, principalement en raison de considérations environnementales.

Bien que déçu, Jérôme Dussault a salué le travail de la municipalité dans le dossier. «Je crois que la Ville a pris la bonne décision, car Hydro-Québec n'a démontré aucune collaboration et aucune bonne volonté à mon avis», a-t-il indiqué en prenant la parole durant la période de questions de la séance du conseil, lundi.

«Tout converge vers le chemin le plus court pour le choix du tracé, a poursuivi la représentante du district Adamsville, Sylvie Adam, qui pilote de près plusieurs dossiers avec Hydro-Québec. Tout ce qui va déroger de ça sera à nos frais. À ce stade-ci, j'ai les mains liées. Je ne peux pas avoir l'odieux de prendre une décision sur quelque chose avec lequel je suis en désaccord.»

Brigham dans l'ombre?

Parmi les tracés proposés par la société d'État, celui du chemin de Gaspé doit passer sur quelques terrains du territoire de Brigham. Ce qui soulève bien des questions, estime Jérôme Dussault. «Je viens d'apprendre que la Ville de Brigham n'a jamais été informée qu'il y aurait potentiellement un tracé sur leur territoire. Donc, les dés étaient pipés depuis le début», a-t-il clamé durant son allocution, lundi.

De son côté, la conseillère des relations avec le milieu chez Hydro-Québec, Ginette Cantin, avait affirmé en entrevue à La Voix de l'Est que les citoyens concernés par la consultation publique, tenue à Bromont le 14 juillet, résident aux abords des chemins de Gaspé, de Magog puis Miltimore.

Vérifications faites, la municipalité n'aurait pas été informée du dossier par la société d'État. «À ma connaissance, Hydro-Québec n'a jamais rencontré Brigham à propos d'une éventuelle ligne triphasée sur son territoire. Ni concernant une consultation publique sur le sujet. [...] Il faut que toutes les personnes concernées, peu importe le territoire, soient consultées», a fait valoir le directeur général de la localité, Jean-François Grandmont, précisant qu'il souhaite rencontrer les dirigeants de l'organisation sous peu à ce sujet.

«Si Hydro-Québec avait eu la moindre intention de faire une analyse réelle, ils auraient consulté Brigham. [...] C'est donc clair qu'Hydro-Québec veut passer par [de] Magog. On nous a fait une belle rencontre citoyenne avec des relationnistes pour nous faire croire qu'on allait tenir compte de notre opinion et de nos intérêts», a conclu Jérôme Dussault.

Mme Cantin n'était pas en mesure d'accorder d'entrevue au journal, mercredi.

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