Week-ends mouvementés sur la Promenade du lac

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Trois maisons, propriétés d'une compagnie à numéro de Ron Basal, sont toutes situées les unes à côté des autres sur la Promenade du lac à Cowansville. Depuis quelques mois, elles sont à louer sur Airbnb, un site internet de location d'appartements et de maisons consulté à travers le monde. L'entrée du garage de l'une d'elles a visiblement été bloquée par des blocs de ciment...

Janick Marois, La Voix de l'Est

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Michel Laliberté
La Voix de l'Est

(Cowansville) Fêtes, musique forte, va-et-vient d'automobiles et de personnes, les week-ends sur la Promenade du lac à Cowansville sont passablement mouvementés depuis quelques semaines. Un résidant du coin en a marre et montre du doigt son voisin qui loue ses trois maisons via le réseau Airbnb.

«Il y avait des jeunes, il y a... (Catherine Trudeau, La Voix de l'Est) - image 1.0

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«Il y avait des jeunes, il y a deux week-ends de ça, qui ont loué la maison à côté de la mienne. Ils ont nargué mes chiens, nous ont fait des doigts d'honneur du balcon (...)», raconte Stéphane Boivin, qui habite à côté d'une des maisons louées.

Catherine Trudeau, La Voix de l'Est

«Ce ne sont pas des chalets. Ce ne sont pas des hôtels. Ce sont des maisons. Il n'a pas d'affaire à les louer comme il le fait», soutient Stéphane Boivin. «Il y avait des jeunes, il y a deux week-ends de ça, qui ont loué la maison à côté de la mienne. Ils ont nargué mes chiens, nous ont fait des doigts d'honneur du balcon. Ça fumait du pot. L'ambulance est venue. La police aussi. C'est l'enfer de vivre ça. Il faut que ça arrête.»

M. Boivin et sa conjointe ont acheté leur maison en mai 2015 de Ron Basal, un entrepreneur de Montréal. L'homme d'affaires est propriétaire de trois autres maisons sur l'artère, toutes situées les unes à côté des autres. Depuis quelques mois, il les loue sur Airbnb, un site internet de location d'appartements et de maisons consulté à travers le monde.

Les policiers de la Sûreté du Québec se sont bien rendus sur place le samedi 27 août en fin de soirée, confirme Ingrid Asselin, porte-parole de l'organisation policière. Ils assistaient les ambulanciers. Ceux-ci ont secouru une femme qui éprouvait des problèmes de santé. Ils ont eu recours au défibrillateur, a-t-elle dit. On ignore l'âge de la femme et si elle a été transportée à l'hôpital.

M. Boivin estime que de permettre des locations de ce genre est incompatible avec le secteur où il habite, car elle nuit à la quiétude des résidants. «Une femme est venue sonner à notre porte cet été. Elle voulait savoir comment récupérer la clé pour la maison qu'elle avait louée. C'est là qu'on a compris ce qui se passait. On voyait différentes personnes tous les week-ends, différentes automobiles. Ce n'est pas normal qu'on doive vivre ça», a-t-il dit. Il a interpellé mardi les membres du conseil, les exhortant de s'en mêler.

Cette situation tombe dans une zone grise. La réglementation municipale ne prévoit pas de location à court terme d'appartements ou de maisons. Le prochain plan d'urbanisme, qui est en voie d'adoption, cible quelques zones où ce type de location sera permis. La Promenade du lac en fera partie.

Modification de zonage

Les plaintes reçues ont toutefois convaincu le conseil de retirer ce secteur des zones concernées. Dès que le plan d'urbanisme sera en vigueur, la Ville entamera une modification de zonage pour interdire une telle activité, a confirmé le maire Arthur Fauteux. «On a identifié des endroits où les gens pourront le faire. Mais on ne pensait pas qu'on aurait autant de problèmes sur la Promenade du lac. On va régler ça assez vite», nous a-t-il dit cette semaine.

Des constats d'infractions ont déjà été signifiés au propriétaire, a dit M. Fauteux.

Entre-temps, a dit M. Fauteux, les voisins doivent se plaindre chaque fois qu'ils se font déranger par les locataires. «On va sévir chaque fois», a-t-il promis.

De son côté, M. Basal est convaincu d'agir en toute légalité. «Mes maisons ne se vendent pas. Ça nous coûte pas mal cher, donc on les loue. J'ai le droit de les louer», assure-t-il lorsque nous l'avons joint vendredi.

Il dit qu'aucun problème ne lui a été rapporté par les personnes à qui il a confié la location de ses maisons sur la Promenade du lac. «J'ai 1000 portes à gérer. Je ne sais pas ce qui se passe partout. Si les gens (voisins) ont des plaintes à faire, qu'ils les fassent.»

M. Boivin a bien l'intention de formuler des plaintes à la Ville. «Il va encore y avoir du monde en fin de semaine. On va sortir nos appareils photo et donner ça à la Ville», a-t-il indiqué. Il a la ferme intention de talonner le conseil dans cette affaire. «Ça va être quoi à la Saint-Jean-Baptiste si rien ne se passe? Ce n'est pas vrai qu'on va se laisser écoeurer comme ça.»

Érosion et taxes impayées

Ron Basal entretient des relations difficiles avec l'hôtel de ville de Cowansville. La Ville l'a semoncé plusieurs fois en 2013 et 2014 pour qu'il aménage les cours arrière de ses quatre maisons sur la Promenade du lac. Les fortes pentes dans ce secteur étaient en proie à de l'érosion lors d'averses, la terre se rendant jusque dans le lac Davignon.

Après l'émission de plusieurs constats d'infraction, la Ville s'est tournée vers la Cour supérieure. Le tribunal a émis un jugement ordonnant à l'homme d'affaires de réaliser les travaux correctifs. Les problèmes d'érosion n'auraient toutefois pas été complètement corrigés.

Des litiges financiers opposent également la Ville et M. Basal. Le 11 juillet, la greffière de la Cour supérieure, agissant à la demande de la Ville, a procédé à une enchère pour vendre la luxueuse propriété de M. Basal et de son épouse, Judith Omaha, située au 889 de la Promenade du lac, juste à côté des trois maisons disponibles pour location sur le site internet Airbnb. Le couple devait 45 839 $ en taxes foncières impayées depuis 2012.

La maison, évaluée à 680 700 $ aux livres de la municipalité, a été achetée au coût de 170 185 $ par un trio d'acheteurs comprenant la courtière immobilière Chloé Lagacé.

M. Basal conteste le tout. La Ville, dit-il, a agi illégalement puisqu'il s'était entendu avec elle pour rembourser les sommes dues. Il compte bien récupérer sa propriété. L'affaire est entre les mains de son avocat, a-t-il indiqué. Une fois la cause entendue, il entamera une poursuite contre la Ville, assure-t-il.

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