La cour interdit de bloquer l'accès au site de la tour Bell à Bolton-Est

L'avocat de Bell Mobilité, Me Mathieu Quenneville a... (La Voix de l'Est)

Agrandir

L'avocat de Bell Mobilité, Me Mathieu Quenneville a souligné que le mandat de l'entreprise est de fournir des services de télécommunications à au moins 50 % de la population du Québec.

La Voix de l'Est

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Pascal Faucher
La Voix de l'Est

(Granby) Les citoyens qui bloquent l'entrée au site de construction d'une tour de Bell Mobilité, à Bolton-Est, s'exposent désormais à des amendes salées.

Le géant des télécommunications a obtenu une injonction interlocutoire provisoire, jeudi, lui permettant de continuer ses travaux sur le chemin Bolton Pass. Depuis lundi, une dizaine de citoyens en bloquaient l'accès. Certains ont même dormi sur les lieux et des confrontations ont eu lieu.

«On ne peut se faire justice soi-même», a indiqué le juge Gaétan Dumas, de la Cour supérieure, après avoir entendu les représentations des deux parties au palais de justice de Granby.

«Nous sommes dans un État de droit. Bell Mobilité a le droit et les permis pour construire ce qu'elle souhaite», a dit le magistrat, ajoutant que «le juge au fond pourrait en décider autrement» le 17 août. Pour l'instant, la partie demanderesse «a un droit clair à la libre jouissance d'un bien dont elle est locataire».

Selon les opposants, un débat sur le fond sera inutile puisque Bell Mobilité n'a besoin que d'un jour ou deux pour achever sa construction de 60 mètres. Les fondations sont coulées depuis un an et demi. «On est très désappointés», a laissé tomber April O'Donoughue à sa sortie de la salle d'audience.

«On a l'impression qu'on n'a pas été entendus. Nous n'avons reçu l'injonction qu'hier (mercredi) soir. On n'a pas eu le temps de chercher un avocat. On ne pouvait répondre à ça.»

Arguments

Mme O'Donoughue, son époux Frank Salvatori et deux connaissances, Normand Roy et Mathieu Roy, ont personnellement donné leurs arguments au tribunal. Ils ont rappelé que la municipalité de Bolton-Est n'a jamais autorisé l'entreprise à bâtir chez elle et que les résultats d'une consultation publique menée par Bell n'ont jamais été rendus publics.

Les effets néfastes attribués aux ondes produites par les tours de télécommunications ont été soulignés, tout comme l'impact sur le paysage, l'environnement et le tourisme. Finalement, les opposants ont avancé qu'il n'y avait pas urgence à terminer la construction dans la discorde puisque le permis alloué à Bell est valide jusqu'en 2018.

Ces arguments n'ont pas ému le juge Dumas, qui a reconnu la légalité des procédures entamées par Bell Mobilité. De surcroît, il a mentionné aux opposants que la voie légale, et non le blocage de l'entrée du site, aurait été préférable.

«Le droit de manifester est défendable si on le fait paisiblement», a-t-il dit, dénonçant que les défendeurs aient été mal avisés en croyant qu'ils pouvaient légalement bloquer l'entrée d'un chemin privé avant qu'une mise en demeure, puis une injonction, soit émise.

«Si le tribunal permettait cette façon de faire, ce serait l'anarchie.»

Quant à l'urgence «elle me semble évidente puisque le permis de télécommunications est soumis à des conditions». En vertu de quoi, le juge a «ordonné aux défendeurs de ne pas directement ou indirectement manifester à moins de 25 pieds de l'entrée des lots» visés.

L'avocat de Bell Mobilité, Me Mathieu Quenneville, a refusé de s'adresser aux médias à sa sortie du tribunal. Devant la cour, il a souligné que le mandat de Bell Mobilité est de fournir des services de télécommunications à au moins 50 % de la population du Québec.

Pour le bien des familles

Les opposants à la tour de télécommunications projetée par Bell Mobilité à Bolton-Est disent avoir agi pour le bien de la communauté locale et, plus spécifiquement, celui de cinq familles qui habitent à proximité du lot visé.

Parmi ceux-ci, il y a de jeunes enfants ainsi que des personnes âgées souffrant de problèmes cardiaques, plus sensibles aux ondes électromagnétiques, disent-ils.

«Les études indépendantes s'entendent pour dire qu'il est dangereux d'être à moins de 500 mètres d'une telle tour, dit April O'Donoughue. Et ce que Bell est en train de faire est illégal. C'est contre le règlement municipal et le lot est zoné agricole.»

Me Mathieu Quenneville, avocat pour Bell Mobilité, a rappelé devant la cour que la juridiction fédérale a préséance sur les règlementations provinciale et municipale. Il a maintenu que des «besoins en télécommunications» subsistent dans le secteur de Bolton-Est et que l'entreprise souhaite augmenter sa bande passante d'internet. Ce que les opposants jugent inutile.

«Les téléphones cellulaires fonctionnent déjà à Bolton-Est! , dit Mme O'Donoughue. «Les services actuels sont suffisants, ajoute Normand Roy. La façon de faire de Bell est sauvage et ne respecte pas la règlementation. Ils ont intimidé notre conseil municipal.»

«Dangereux précédent»

M. Roy estime que le juge Dumas crée «un dangereux précédent» en autorisant l'injonction. «On revient à un fédéralisme pur et dur.»

Bell se hâte de bâtir des tours un peu partout au pays avant que les citoyens soient pleinement conscientisés sur leur nocivité, soutient Frank Salvatori. «Ils voient que les mentalités changent parce que les ondes sont mauvaises et qu'ils ne pourront pas toujours faire ça.»

Mathieu Roy, qui habite à 2 km de la future tour, dit craindre pour la santé de ses enfants. «On n'a pas d'argent, nous. Comment veux-tu qu'on s'obstine avec eux autres?»

Partager

À lire aussi

  • Injonction prolongée à Bolton-Est

    Actualités

    Injonction prolongée à Bolton-Est

    Bell Mobilité et les opposants à sa future tour de télécommunications à Bolton-Est bénéficient d'un peu plus de temps pour préparer leurs arguments. »

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer