Les Jeux équestres mondiaux au bord du gouffre

Le président intérimaire du c.a du COJEM, Rosaire... (Alain Dion)

Agrandir

Le président intérimaire du c.a du COJEM, Rosaire Houde, estime que «les probabilités qu'il y ait des Jeux équestres à Bromont en 2018 sont très, très faibles.»

Alain Dion

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Bromont) Le sort des Jeux équestres mondiaux de Bromont est entre les mains de la Fédération équestre internationale (FEI). De son côté, le président intérimaire du conseil d'administration du COJEM, Rosaire Houde, refuse de jeter l'éponge.

«Laissez-moi mon gramme d'espoir», a-t-il lancé en entrevue, mercredi matin, à la sortie d'une rencontre qui devait déterminer l'avenir de l'événement.

C'est officiel. Le comité organisateur des Jeux équestres mondiaux (COJEM) ne respectera pas l'exigence de la FEI de trouver, d'ici le 15 juillet, 25 millions de dollars en commandites pour garder la tête hors de l'eau. «Malheureusement, les probabilités qu'il y ait des Jeux équestres à Bromont en 2018 sont très, très faibles», a concédé Rosaire Houde.

Outre le fait de peiner à soulever la ferveur de la population depuis le jour 1, le projet des Jeux n'a pas réussi à rallier les bailleurs de fonds privés. À ce jour, seul l'horloger suisse Longines, affilié à la Fédération équestre internationale (FEI), a accordé un peu plus de 3 M$. Bien maigre pour boucler un budget de commandites avoisinant 40 M$.

Bien qu'elle ne baisse pas les bras, la mairesse de Bromont, Pauline Quinlan, dit vouloir «rester réaliste». Selon elle, les chances que la crème des cavaliers des quatre coins du globe converge vers la municipalité en 2018 sont «très minces». Rappelons que la Ville s'est engagée à contribuer aux Jeux à la hauteur de 2 M$.

Risque financier

Comme l'a annoncé en primeur La Voix de l'Est, la décision d'Ottawa de ne pas soutenir financièrement les Jeux se dresse comme un obstacle quasi infranchissable. «Difficile et décevant». Ce sont les deux termes employés par le président par intérim du COJEM pour décrire de quelle façon il encaisse le choix du gouvernement fédéral.

Les dirigeants du comité organisateur s'étaient entretenus avec la ministre du Sport et des Personnes handicapées, Carla Qualtrough, en mars à Ottawa. L'organisation souhaitait avoir la confirmation qu'Ottawa contribue «au minimum» à la hauteur de Québec aux Jeux, soit 8 750 000 $. Une réponse à ce sujet était attendue au début avril. La décision est finalement tombée lundi.

«Le gouvernement fédéral ne peut pas appuyer la présentation des Jeux équestres mondiaux de 2018 par l'entremise de Sport Canada. Les Jeux ont un budget approximatif de 100 millions de dollars. La viabilité financière de ce projet soulève des inquiétudes, car près de 66,6 millions de dollars des revenus doivent provenir du secteur privé. À ce jour, le secteur privé n'a confirmé aucune contribution, pas plus qu'un endosseur en cas de déficit», avait indiqué mercredi au journal l'attachée de presse de la ministre Qualtrough, Ashley Michnowski. «On le connaissait, le risque financier, a fait valoir M. Houde en entrevue. Ce n'est pas pour rien qu'on a demandé au gouvernement fédéral de nous aider.»

Temps et argent

Temps et argent. Voici les deux ingrédients qui ont manqué jusqu'ici pour faire en sorte que l'organisation des Jeux prenne son essor, a mentionné Rosaire Houde. «Je ne veux pas faire l'apologie (sic) des problèmes qu'on a connus au conseil d'administration [du COJEM]. Mais disons que le temps a été mal utilisé.»

Appelée à commenter le dossier, la FEI s'est faite concise. «C'est décevant que le gouvernement fédéral canadien décide de ne pas financer les Jeux équestres mondiaux de 2018 à Bromont, a indiqué à La Voix de l'Est la secrétaire générale de la fédération, Sabrina Ibáñez. Comme organisation, la FEI a la responsabilité de poser les bonnes questions et de protéger l'avenir de ses événements phares. En priorité, nous allons rencontrer les dirigeants du COJEM et Équine Canada pour avoir un portrait global de la situation.» Mme Ibáñez a toutefois refusé de s'avancer à propos d'un plan B si les Jeux n'ont pas lieu à Bromont. Idem concernant le soutien de la FEI envers Bromont comme hôte de l'événement.

La précarité de la situation des Jeux équestres portera-t-elle ombrage aux autres événements du genre qui se tiennent d'année en année à Bromont? Mme Quinlan croit que non. «Je crois profondément au sport équestre à Bromont. C'est un de nos fleurons. Ça a toujours donné une grande visibilité à la ville. Nonobstant ce qui se passera [avec les Jeux], il faut garder ce créneau qui fait partie de notre ADN.»

De son côté, le directeur du Parc équestre de Bromont, Roger Deslauriers, demeure optimiste. «L'espoir est encore là. On en a vu d'autres. La FEI n'a pas dit son dernier mot.» Il n'a pas été possible d'obtenir les commentaires du député provincial de Brome-Missisquoi, Pierre Paradis, mercredi. Idem pour son homologue au fédéral, Denis Paradis.

- Avec la collaboration de Michel Tassé

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer