Un calculateur révolutionnaire pour les fraises!

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David Côté a testé le modèle prévisionnel pour le rendement des fraises d'automne, élaboré par l'Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA).

Janick Marois, La Voix de l'Est

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Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Saint-Paul-d'Abbostford) Pendant que le podomètre compte ses pas, David Côté calcule le nombre de fraises d'automne en devenir dans ses champs.

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Paul Deschênes a mis sur pied, avec le chercheur Carl Boivin, une formule qui permet aux producteurs de la fraise d'automne Seascape d'obtenir une prévision de la production trois semaines à l'avance.

Janick Marois, La Voix de l'Est

M. Côté, du Maraîcher André Côté, est l'un des producteurs du fruit rouge à utiliser un tout nouveau modèle prévisionnel pour le rendement des fraises d'automne, aussi appelées fraises à jours neutres. Il sait donc que la production sera belle, quoiqu'un peu en retard.

Depuis le début du deuxième projet de recherche mené par l'Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA), il y a deux ans, il participe aux tests dans ses champs de Saint-Paul-d'Abbotsford.

Une fois par semaine, il relève le nombre de fruits verts sur soixante plants choisis au hasard, un compteur d'entrées dans chaque main - le premier pour le nombre de plants, le deuxième pour le nombre de fruits verts.

«Dès qu'une fleur commence à perdre des pétales jusqu'au fruit orangé, mais qui ne permet pas d'en faire la récolte, c'est ce qu'on appelle fruit vert, explique Paul Deschênes, professionnel de recherche à l'IRDA. Le calcul permet, trois semaines à l'avance, de connaître les rendements totaux de fruits qui vont sortir du champ.»

Il lui faut environ 2h30 pour faire le décompte de ses fraises à jours neutres. Il s'agit d'un travail de moine où concentration, méthode et précision vont de pair. David Côté songe d'ailleurs à former un employé pour prendre la relève.

Améliorer la mise en marché

Il entre ensuite les données dans un calculateur mis au point par Paul Deschênes et Carl Boivin, chercheur pour l'IRDA. Le graphique que réalise le calcul permet au producteur de fraises de voir quand auront lieu les pics de production.

«C'est vraiment pour prévoir les quantités à venir pour ne pas rester pris avec des surplus, explique le maraîcher David Côté. Avant, on gérait moins les volumes. On ne savait pas ce qui était à venir, mais on savait nos rendements totaux au bout de l'année. Puis, on avait de la difficulté à prévoir les gros coups.»

En connaissant trois semaines à l'avance les moments forts de la saison, le gérant des supermarchés où les fraises sont distribuées peut plus aisément planifier une promotion pour l'occasion. Dans le cas de M. Côté, c'est 80% de sa production de fraises d'automne qui se retrouve en épicerie. Le reste est vendu dans ses kiosques de la route 112 et du rang Papineau, à Saint-Paul-d'Abbotsford.

Cinq ans de recherches

MM. Deschênes et Boivin ont répondu à un besoin formulé par les producteurs alors qu'ils travaillaient déjà sur le terrain.

«Les producteurs chez qui on faisait des essais (pour d'autres recherches) nous sont arrivés avec cette problématique-là de mise en marché, explique Paul Deschênes. Pendant trois ans, de 2011 à 2013, un premier projet a été mis sur pied chez deux producteurs de l'île d'Orléans. On a répertorié plusieurs paramètres sur les fraisiers dans des petites parcelles expérimentales. On a fait des corrélations entre ces différents paramètres-là. À la troisième année, on a pu cibler que le paramètre le plus efficace, qui corrélait le mieux avec les rendements trois semaines plus tard, était le nombre de fruits verts sur le plant de fraises.»

Testé chez 10 producteurs

Les deux années suivantes, le deuxième projet de recherche s'est tenu avec l'aide de dix producteurs partout au Québec avec la variété Seascape.

Cet été, pour la première année post-projet, l'Association des producteurs de fraises et de framboises du Québec a mis le modèle à la disposition de ses membres. «On est contents que ça fonctionne, confie le professionnel à la recherche. On serait encore plus contents s'il y avait un maximum de producteurs qui l'essayaient et qui nous confirmaient qu'effectivement ça s'applique bien à leur site.»

Évidemment, ce ne sont pas tous les producteurs qui cultivent de la fraise d'automne et, parmi ceux-ci, ils ne vendent pas tous en grande surface, fait savoir David Côté. Ils seraient toutefois plus d'une quinzaine à utiliser le calculateur cet été, selon lui.

Mais un tel calculateur serait-il utile pour les fraises d'été, dont la saison se termine?

«Non, pas du tout, répond le producteur. La fraise d'été a une floraison unique. Tu vois comment c'est là, selon les fleurs. Tu travailles en tonnage à l'hectare et tu sais que 25 à 30 jours après ta floraison, c'est fini. La fraise d'automne est en floraison continue.» Le modèle prévisionnel pour le rendement des fraises d'automne sera présenté au Symposium international de la fraise en août à Québec. Le rassemblement se tient aux quatre ans.

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