Le maire de Bedford dénonce l'inaction du MTQ

Le maire de Bedford, Yves Lévesque, déplore l'inaction... (Janick Marois, La Voix de l'Est)

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Le maire de Bedford, Yves Lévesque, déplore l'inaction du MTQ dans le dossier de l'intersection des routes 202 et 235, qu'il juge dangereuse.

Janick Marois, La Voix de l'Est

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Jérôme Roy
La Voix de l'Est

(Bedford) Le maire de Bedford en a gros sur leur coeur lorsqu'on aborde la question de la sécurité routière sur son territoire. Selon Yves Lévesque, le ministère des Transports (MTQ) est le «seul coupable» du décès de Mildred Erno, le 17 février dernier.

«On est victimes d'un ministère qui ne prend pas ses responsabilités pour régler le problème», tonne M. Lévesque.

La dame de 84 ans a péri sous les roues d'un poids lourd à l'intersection des routes 202 et 235. Le rapport du coroner Alexandre Crich conclut que le décès est accidentel, mais recommande néanmoins de prendre des mesures afin d'assurer la sécurité des piétons à cet endroit. Dans le document daté du 8 avril dernier, il ressort clairement que ceux-ci sont très vulnérables en raison de la configuration de l'intersection et du passage élevé de poids lourds.

Insulté

Un miroir sphérique - la recommandation qualifiée de «minimale» dans le rapport du coroner - a été installé il y a un mois à cet endroit, mais c'est nettement insuffisant aux yeux du maire de Bedford.

«C'est insultant! On met des plasters avec très peu de colle dessus pour essayer de régler un bobo», se scandalise-t-il.

Il ne peut cependant rien faire de plus puisque l'ensemble des éléments visés par le rapport du corner est de juridiction provinciale.

«On n'a aucune autorité [...], déplore M. Lévesque. On ne peut même pas mettre ou enlever un arrêt comme on veut sur notre rue Principale!»

En plus des routes 202 et 235, il se dit menotté en ce qui concerne le bâtiment montré du doigt dans le document. L'ancienne banque Molson - «qui s'avance jusqu'aux trottoirs autant au niveau de la route 235 que de la rue Principale, réduisant substantiellement la visibilité» selon le coroner Alexandre Crich - est propriété du ministère des Transports.

«Un boulet»

Le maire Lévesque se montre très irrité par la présence de cet immeuble laissé complètement vacant depuis la fin de la construction du pont Zéphyr-Falcon en 2011. Selon lui, l'ancienne Banque Molson ne fait pas qu'obstruer la vue et le trottoir au point de le rendre non conforme. Elle nuit également aux efforts économiques de la Ville.

«C'est sur la rue Principale, où on travaille très fort pour revitaliser notre centre-ville. Et puis on a un boulet du MTQ qui ne prend pas en main son dossier», peste M. Lévesque.

Le maire de Bedford estime qu'un plan d'aménagement complet [incluant la destruction du bâtiment, l'élargissement de la rue et l'aménagement de l'intersection] est nécessaire pour régler l'ensemble de la problématique, mais jure n'avoir rien reçu de concret jusqu'à maintenant.

Conséquence du nouveau pont

En fait, le problème traîne depuis la construction du nouveau pont Zéphyr-Falcon, en 2011.

«Quand ils ont refait le pont, le bâtiment du coin [...] est devenu un bâtiment non conforme par rapport à la route, explique M. Lévesque. Et le MTQ a toujours dit "laissez-nous faire le pont", et puis on a une lettre de signée [qui indique]: "on va régler à la satisfaction de la Ville de Bedford".»

M. Lévesque indique que cette promesse a été formulée en raison des réticences de la Ville, qui n'avait pas toutes les données en mains avant le début des travaux.

«C'est drôle, le budget était là pour le pont qu'ils ont fait très rapidement. Même la Ville de Bedford leur a envoyé une résolution [disant]: "Non, on ne veut pas faire le pont, l'entente n'est pas globale"», précise-t-il.

Communications difficiles

M. Lévesque affirme que depuis qu'il a été élu maire en 2013, les communications avec le ministère sont pour le moins difficiles. Selon lui, il est pratiquement impossible d'obtenir l'écoute du gouvernement. Il note cependant que la situation s'est légèrement améliorée depuis que les dossiers de Bedford sont passés de la Montérégie à l'Estrie.

«On se parle. Au moins, il [le directeur du MTQ en Estrie, Gilles Bourque] retourne ses appels. J'ai l'impression qu'il a les mains liées. C'est sûr que pour lui, il tombe avec un dossier non réglé de 2011 qui n'était pas sur son territoire à l'époque», se désole M. Lévesque.

Le maire de Bedford raconte également avoir envoyé une lettre au ministre Jacques Daoust le 2 mai dernier, mais n'avoir reçu qu'un accusé de réception depuis.

D'autres points chauds

«On en ferait beaucoup, mais on a le droit de ne rien faire, se désole le maire de Bedford. On en ferait même ailleurs que juste là, parce qu'on considère que nos citoyens sont en danger à certains endroits.»

M. Lévesque cible ainsi deux autres intersections de la route 202: celle à la hauteur de la rue Marziali et celle de la rue Victoria.

Dans le premier cas, il craint que le passage de nombreux camions à 50 km/h dans une zone résidentielle où se trouvent une école, un terrain de jeux, un terrain de soccer et un aréna se termine par un drame. Il aimerait voir apparaître des arrêts dans ce secteur.

Le deuxième est situé en plein secteur industriel, où les changements de quarts de travail compliquent considérablement la circulation, faute d'arrêt obligatoire sur la 202. M. Lévesque indique que plusieurs travailleurs doivent faire vite pour s'y engager, alors que d'autres empruntent de petites rues résidentielles qui ne sont pas prévues pour un flot important d'automobilistes. Il aimerait aussi qu'un passage piétonnier soit aménagé pour assurer la sécurité des travailleurs qui habitent dans un nouveau développement situé de l'autre côté de la 202 et qui marchent pour se rendre au boulot.

Encore là, M. Lévesque dit avoir les mains liées. D'ailleurs, il se souvient qu'il y a une dizaine d'années, des arrêts avaient été installés à ces deux endroits par la municipalité, mais que le ministère des Transports s'était empressé d'exiger leur retrait.

Joint par La Voix de l'Est lundi, le ministère des Transports n'a pas commenté le dossier, disant ne pas être en mesure d'apporter sa version des faits pour le moment.

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