Mettre de la pression pour négocier

Dany Lacasse, vice-président de la FSSS-CSN, Annette Herbeuval,... (Christophe Boisseau-Dion)

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Dany Lacasse, vice-président de la FSSS-CSN, Annette Herbeuval, présidente du Conseil central de la Montérégie, et Gaétan Dutil, président du Syndicat des paramédicaux et du préhospitalier de la Montérégie-CSN, demandent à ce que le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, revienne sur sa décision de ne pas participer à la table nationale de négociation.

Christophe Boisseau-Dion

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Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Cowansville) Il est bien rare qu'un syndicat organise des moyens de pression pour pouvoir négocier. Normalement, la pratique sert à faire plier l'employeur sur un élément qui pose problème durant la négociation.

C'est pourtant que ce fait la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), en tournée au Québec pour demander que le ministre de la Santé et des Services sociaux Gaétan Barrette s'assoit à la table nationale de négociation.

Les paramédicaux se préparent à exercer des moyens de pression pour que les employeurs privés persuadent le ministère de s'impliquer. Sans critères et budgets avec lesquels négocier, les employeurs se trouvent devant une page blanche pour entamer les discussions avec les syndicats. Cette absence de barèmes rend les négociations impossibles puisque l'employeur ne peut signer une convention collective s'il n'a pas les fonds pour la respecter, expliquent Dany Lacasse, vice-président de la FSSS-CSN, et Gaétan Dutil, président du Syndicat des paramédicaux et du préhospitalier de la Montérégie-CSN.

«Depuis plus de 30 ans, on a négocié les grands enjeux avec le ministère à la table nationale, explique M. Lacasse. On a des contrats de service, de budget avec les employeurs, mais dans le fond, c'est le contribuable qui paie parce que plus de 95% de l'argent vient du public. Alors, l'employeur ne peut rien autoriser sans que le ministère soit en arrière. Le ministre Gaétan Barrette a décidé le 21 avril dernier d'annoncer publiquement qu'il ne ferait pas partie, cette fois-ci, de la négociation. Et pourtant, notre convention collective est échue depuis le 31 mars 2015.»

M. Lacasse ajoute que le ministre a confié l'ensemble des négociations aux employeurs privés. La charge de travail, les horaires de faction, les conditions salariales et le fonds de pension font partie des enjeux de la négociation à venir.

«On n'est même pas ici pour revendiquer des matières précises. C'est un peu particulier qu'on doive dénoncer et commencer à se mobiliser pour avoir la table, alors que normalement, on se mobilise pour atteindre des objectifs dans la convention.»

Pour lui, l'uniformité des conditions de travail entre les entreprises ambulancières du Québec est importante pour éviter des disparités. Il promet que les paramédicaux se feront entendre.

«Dans les prochaines semaines, certains moyens de pression de visibilité vont être entrepris, poursuit M. Dutil, dont le syndicat représente 570 salariés. Ils vont s'amplifier de semaine en semaine. L'important c'est que les négociations commencent.»

La campagne de visibilité commencera par des affiches pour pousser les employeurs à faire pression sur le ministre Barrette. M. Dutil se veut toutefois rassurant envers la population: les services ne seront pas touchés.

Horaires de faction

Lorsque les négociations pour le renouvellement de la convention collective commenceront, la surcharge de travail et les horaires de faction seront des chevaux de bataille importants, évoque M. Dutil.

«À Cowansville, il y a deux équipes à l'heure, un huit heures et un 12 heures. Il y a une équipe de soir de 12 heures, plus l'horaire de faction en back up. Avec le nombre d'appels qu'ils ont, [les paramédicaux sur l'horaire de faction] sont souvent portés à devoir partir. Durant leur séjour, quand ils font 16 heures sans avoir quatre heures consécutives de repos, on doit les sortir de la route. Quand ils font 24 heures sans huit heures de repos, on doit les sortir de la route. Ça arrive de trois à quatre fois par semaine, commente-t-il devant la caserne d'Ambulance Cowansville. C'est inquiétant.»

Autant de temps à travailler représente un risque notamment pour les patients, mais aussi pour les employés, ajoute-t-il.

Lorsque des paramédicaux sont sur l'horaire de faction, ils doivent être disponibles sept jours consécutifs, 24h sur 24. S'ils ont des enfants, ils doivent prévoir une gardienne en tout temps, font savoir des paramédicaux rencontrés sur place.

Les employés de la répartition rejoignent ces paramédicaux par radio à tout moment pour une intervention. Ils ont alors cinq minutes de délai pour se rendre à la caserne et partir avec l'ambulance, mais «ça peut aller jusqu'à 10 minutes, constate Gaétan Dutil. Quand la personne se réveille, il y a un délai aussi. On dit que le temps de réponse est très important pour sauver une vie.»

«Ce qu'il faut comprendre, c'est que ces horaires-là ont été mis en place en 1989 de façon temporaire, reprend Dany Lacasse. C'était impossible de mettre des horaires à l'heure partout au Québec à cause du manque de personnel. La population vieillit, les appels augmentent d'année en année, mais on n'a toujours pas modifié cette façon de faire qui prolonge facilement de 8 à 10 minutes un appel.»

Ambulance Cowansville couvre une douzaine de municipalités dans Brome-Missisquoi, ce qui représente un territoire de 733 km2, 40 000 habitants et autant de touristes.

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