Bébé blessé: l'éducatrice dit n'avoir rien vu

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«Je l'ai un petit peu shaké pour voir s'il reviendrait à lui, mais vraiment pas fort», a déclaré l'accusée Véronique Lalonde, appelée à la barre par son avocat, Me Roger Paquin.

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Pascal Faucher
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(Granby) Véronique Lalonde jure n'avoir rien vu de ce qui s'est passé dans sa garderie, le 2 avril 2012, quand un bébé d'un an a souffert d'une commotion.

«On a fait un atelier de peinture, a déclaré l'ex-éducatrice de 28 ans au tribunal, vendredi. Il (l'enfant) s'amusait sur une table. J'ai entendu un "bang!". Il était tombé de la table, sur le dos.»

Toujours d'un ton neutre, l'accusée a décrit sa réaction. «Je me suis dit: je vais voir comment il agit. Il s'est endormi. C'était pas une grosse chute, mais j'étais quand même craintive. Je l'ai couché dans son parc.» Quand les yeux du bébé, devenu tout mou, se sont mis à «partir par en arrière», elle l'a épongé avec de l'eau.

«Ça ne faisait vraiment rien, a poursuivi Mme Lalonde. Je l'ai un petit peu shaké pour voir s'il reviendrait à lui, mais vraiment pas fort. Je ne le sentais pas normal. J'étais sur la panique. J'aime pas voir un enfant comme ça.» Plus souvent malade que les autres, l'enfant était fiévreux depuis quelques jours.

Il a fini par partir en ambulance et a été traité pendant plusieurs semaines à l'hôpital Saint-Justine. Il semble aujourd'hui s'en être sorti indemne. Quant à sa gardienne, à la suite d'une enquête, elle a été arrêtée quelques jours plus tard et accusée de voies de fait graves, un crime pour lequel elle a plaidé non coupable.

Pertinence

Me Roger Paquin, de la défense, a exhibé la marchette-jouet sur laquelle l'enfant se serait aussi blessé, une semaine avant l'événement fatidique. L'accusée a ensuite expliqué en détail les circonstances de son arrestation et les conséquences que cela a eues sur sa garderie et sa vie familiale.

Au bout de plusieurs minutes, Me Marie-Line Ducharme, du ministère public, s'est objectée sur la pertinence de parler autant d'événements postérieurs au crime reproché.

«Ça fait partie des faits du dossier», a justifié Me Paquin.

«Ce n'est pas pertinent», a tranché le juge Serge Champoux, de la Cour du Québec.

Satisfaction

Me Paquin a terminé son interrogatoire peu après. Plus tôt dans la journée, trois ex-clients de Mme Lalonde ont aussi témoigné à la demande de la défense. Tous ont indiqué ne rien avoir eu à redire des services reçus à la garderie de Sainte-Cécile-de-Milton, ouverte quatre mois en 2012.

«C'était super bien organisé, a dit Cynthia Lanthier. C'est une personne (NB: Véronique Lalonde) qui m'a semblé douce, gentille. Elle m'a inspiré confiance. Elle semblait passionnée par les enfants.»

«C'était une gardienne attentive, a dit Roxanne Fréchette, qui a déjà séjourné chez l'accusée. Je n'ai jamais été témoin (d'une correction ou d'une punition de sa part).»

La Couronne contre-interrogera Mme Lalonde à la prochaine date d'audience, en août.

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