Tour de télécommunications: Frelighsburg et Bell ont collaboré

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Charles Barbeau pointe de la main gauche l'emplacement de la deuxième tour de télécommunication, actuellement en construction, et le quadrilatère du mont Pinacle de la main droite.

Janick Marois

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Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Frelighsburg) Contrairement à ce qui a été récemment véhiculé par Philippe Choinière, Bell Mobilité n'a pas fait preuve d'arrogance dans ses échanges avec la municipalité de Frelighsburg, martèle Charles Barbeau, le conseiller responsable du dossier des antennes de télécommunication.

Bien avant que Bell Mobilité n'approche la municipalité, une antenne de 90 mètres de Vidéotron, avec voyant lumineux, était projetée. Pour diverses raisons, le projet a avorté.

Avant de négocier avec Bell Mobilité, la municipalité a décidé d'engager un consultant externe en télécommunication, Guy Lussier. Au cours de sa carrière, ce dernier a installé des réseaux de télécommunications partout dans le monde avec sa firme Yuvo. Il est de surcroit le résidant de Frelighsburg qui avait accepté que Vidéotron installe une telle tour sur son terrain avant que le projet échoue. La résolution de son embauche, en juillet 2013, avait été proposée par le propriétaire du Domaine Pinacle, Charles Crawford, qui siégeait alors comme conseiller municipal, souligne Charles Barbeau.

Avec l'aide de M. Lussier et de son logiciel de simulation, les élus ont étudié plusieurs options avec Bell Mobilité. 

Dès le départ, la municipalité a mis deux exigences sur la table: ne pas implanter de tours dans le quadrilatère protégé du mont Pinacle - cerné par les chemins Richford, Abbotts Corner, du Pinacle et des Érables - et prévoir un espace pour permettre la cohabitation avec d'autres distributeurs sur l'antenne. Cette dernière exigence empêchera l'érection d'autres antennes de télécommunication dans le futur.

Sept scénarios

Une consultation publique avait été organisée pour présenter sept scénarios et elle a fait salle comble. «On avait invité les gens à nous donner des alternatives et personne ne l'a fait. Suite à ça, on a approuvé le scénario de deux tours», affirme M. Barbeau.

Chaque antenne est un «monopôle» sans voyant lumineux et sans câble au sol. La première tour de 45 mètres a été érigée en août 2014. La deuxième permettra de combler les zones non couvertes, une nécessité pour la sécurité publique.

«Nous avons effectivement considéré et évalué d'autres options proposées et ces options s'avèrent moins optimales et plus coûteuses à long terme pour offrir une meilleure couverture et capacité à la clientèle de la région, indique par courriel Caroline Audet, gestionnaire principale des relations avec les médias de Bell Canada. En travaillant de pair avec la Ville, nous avons opté pour une tour plus basse, moins imposante et sans lumière, contrairement à ce qu'on voit habituellement dans la région, ce qui permet de réduire l'impact visuel.»

Ce type de tour se voit rarement, voire jamais, en région montagneuse en raison de la diffusion conique. Contrairement à la croyance populaire, les tours, en effet, ne diffusent pas de l'une à l'autre, mais plutôt en forme de cône vers le sol. Une tour plus haute permet une diffusion plus large et est généralement installée au sommet d'une montagne. Cette fois, la montagne est épargnée.

M. Choinière maintient tout de même que Bell a agi avec arrogance et considère que le fournisseur avait «le gros bout du bâton.»

Contrat avec Bell Mobilité

Ce que M. Choinière n'a pas dit, critiquent les élus, c'est que Bell Mobilité a obtenu toutes les autorisations requises - CPTAQ, UPA, MRC et ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques du Québec.

La Commission de protection du territoire du Québec (CPTAQ) a dû tenir des audiences, à la demande des opposants à la suite de la décision préliminaire. Philippe Choinière est copropriétaire de la ferme biologique et de la boutique Oneka. Il a tenté de convaincre la CPTAQ que la tour nuirait à la pureté de son produit, lors des auditions de l'instance. Il a cependant admis que ça n'empêchera pas ses légumes de pousser.

«La CPTAQ a dit qu'il ne leur avait pas été prouvé, par des expertises, que la présence d'une tour cellulaire allait nuire à l'agrotourisme», affirme M. Barbeau.

Contrainte par le CRTC

Bell Mobilité a été contrainte de fournir le service dans 112 municipalités canadiennes qui n'étaient pas desservies à la suite d'un jugement du CRTC pour de la surfacturation. L'échéance arrivait à terme le 31 août 2014. «Compte tenu de toutes les initiatives de retard initiées par M. Choinière, la deuxième tour est sortie du programme du CRTC. Avant que ça se termine, on a négocié avec Bell et on a signé un contrat l'obligeant à installer la deuxième tour à leurs frais», ajoute le conseiller.

La construction de la deuxième tour, déjà entamée, sera terminée dans les prochaines semaines, note Caroline Audet.

La première tour de télécommunication de Bell a... (Janick Marois, archives La Voix de l'Est) - image 2.0

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La première tour de télécommunication de Bell a été installée près du chemin de Saint-Armand à Frelighsburg, près du verger Au coeur de la pomme.

Janick Marois, archives La Voix de l'Est

Une tour qui apporte des avantages

«On est très fiers de l'entente qu'on a!», lance le maire suppléant de Frelighsburg, Jean Lévesque. Non seulement il est fier, mais il assure que les services internet ont apporté beaucoup de positif aux entreprises agrotouristiques.

Accompagné du conseiller municipal responsable du dossier des tours de télécommunications, Charles Barbeau, il a tenu à remettre les pendules à l'heure au sujet de la tour de télécommunication que Bell Mobilité construit.

En août 2014, la construction de la première antenne de 45 mètres, que l'on nomme la tour Frelighsburg, était terminée sur le chemin de Saint-Armand, à Frelighsburg. Depuis que le verger écologique Au coeur de la pomme profite des services cellulaires et internet de cette tour de Bell Mobilité, les ventes en ligne ont augmenté.

Certes, la tour est visible du verger et de la boutique, mais Dave Testu, époux de la propriétaire Stéphanie Levasseur, n'a d'autre choix que de constater les avantages significatifs d'avoir du réseau. Et ce, même s'il ne veut lui-même rien savoir d'avoir un téléphone cellulaire.

Avec un signal cellulaire, la boutique accepte maintenant les paiements par carte, grâce à une application et un lecteur de carte magnétique Square qu'on installe sur un téléphone intelligent. «Depuis qu'il y a la tour, on est capables de faire les transactions avec Square à notre kiosque, explique M. Testu. Pour être honnête, on a l'impression qu'ils (les clients) achètent plus qu'avant.»

Il se dit attristé que des gens s'opposent à ces antennes, puisqu'il croit que le conseil a négocié la meilleure solution possible.

«La tour qui a été construite près de chez nous n'est pas une oeuvre d'art, mais je ne la regarde pas souvent. Je dis que je n'aime pas la technologie, mais j'aime mon ordinateur. Je n'aime pas les poteaux d'électricité, mais j'aime bien mon grille-pain», ajoute-t-il en riant.

Visible ou non ?

Le 22 février, le copropriétaire de la ferme biologique et de la boutique Oneka, Philippe Choinière,  dénonçait dans nos pages l'érection d'une deuxième tour de télécommunications, appelée la tour Macintosh, qui viendra compléter le réseau dans les zones urbaines et rurales du village. Les conseillers Lévesque et Barbeau déplorent les propos tenus alors par M. Choinière, selon qui une telle tour «dénaturera» le paysage. Pour eux, il s'agit là de désinformation.

Charles Crawford, propriétaire du Domaine Pinacle, situé non loin de là, craint d'avoir vue sur la tour. Or, explique M. Barbeau devant une carte de la région, le domaine a vue sur les montagnes du Vermont et la tour sera complètement à droite de ce point de vue. À cela s'ajoute le couvert forestier, qui devrait cacher totalement la tour en été.

Selon lui, le propriétaire de la terre où sera installée la tour et un voisin sont les seuls à habiter à proximité de l'antenne de 36 mètres, qui est la plus petite située dans Brome-Missisquoi.

«C'est un cas extrêmement précis du syndrome de pas dans ma cour», ajoute le conseiller.

«Ce n'est pas un syndrome de pas dans ma cour, rétorque M. Crawford, appelé à réagir. J'ai une conscience plus grande pour la région que je veux protéger. Il n'y a plus beaucoup de paysage encore sans antenne dans la région de Brome-Missisquoi.»

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